Vous invoquez comme votre Père celui qui
ne fait pas
de différence
entre les hommes, mais qui
les juge chacun d'après ses actes ; vivez donc,
pendant votre séjour sur terre,
dans la crainte
de Dieu.
Vous le savez :
ce qui vous a libérés de la vie sans but
que vous meniez
à la suite de vos pères, ce n'est pas
l'or et l'argent,
car ils seront détruits ; c'est le sang précieux du Christ,
l'Agneau sans défaut et sans tache.
Dieu l'avait choisi
dès avant la création du monde,
et il l'a manifesté
à cause de vous,
en ces temps
qui sont les derniers.
C'est par lui que
vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts
et lui a donné
la gloire ;
ainsi vous mettez votre foi
et votre espérance
en Dieu.
Alors Pierre, debout avec les onze
autres Apôtres,
prit la parole ;
il dit d'une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem,
comprenez ce qui se passe aujourd'hui, écoutez bien ce que
je vais vous dire. Non, ces gens-là
ne sont pas ivres comme
vous le supposez,
car il n'est que
neuf heures du matin. Mais ce qui arrive, c'est ce que Dieu
avait dit
par le prophète Joël : Il arrivera dans les derniers jours,
dit Dieu,
que je répandrai
mon Esprit
sur toute créature :
vos fils et vos filles deviendront prophètes,
vos jeunes gens auront des visions,
et vos anciens
auront des songes. Même sur mes serviteurs
et sur mes servantes, je répandrai
mon Esprit e
n ces jours-là, et ils seront prophètes.
Réflexion pour le 3e dimanche de Pâques A
Évangile de Jésus Christ selon Luc 24, 13-35
Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes. L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : «Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié. Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé. A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin. Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre.» A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
Dans un dictionnaire, on trouve pour mot de passe : formule qui permet de se faire reconnaître d'un parti ami, d'une sentinelle, etc. Le mot de passe présente par définition la caractéristique d'être une formule; bien plus qu'un mot. Comme dit le comédien George Clooney, « les artistes font tout pour être connus et, une fois qu'ils le sont, ils mettent des lunettes noires pour qu'on ne les reconnaisse pas ». Jésus, lui, se fait reconnaître pas deux inconnus. Reconnaître Jésus, c'est un désir profond qui se trouve dans chaque chrétien, un désir en chacun d'entre-nous. Jésus n'est pas reconnu dans la rue, il chemine avec des inconnus. Il n'est pas reconnu par le mot de passe. Il est reconnu dans l'intimité d'un repas entre amis.
Dans l'évangile, c'est Cléophas qui pose la question: «Nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe elles avaient eu une apparition d'anges mais lui elles ne l'ont pas vu.» Et c'est important d'avoir ce contact avec Jésus. Si nous pouvions voir Jésus en chair et en os, avoir un contact matériel avec lui, comme les apôtres pendant les trois ans qu'ils ont vécu ensemble, ce devrait être tellement plus facile pour vivre notre foi. Ce récit des disciples d'Emmaüs nous montre que ce désir conduit à une impasse.
Pendant le voyage de Jérusalem à Emmaüs, les deux disciples qu'accompagne Jésus, ne le reconnaissent pas. Être à côté de lui, ne donne aucun résultat. Jésus veut passer par d'autre moyens. Pour voir ce qu'il y a de plus important, il faut un contact avec le monde non sensible, le monde spirituel. Le premier contact est celui des Écritures et le second, l'Eucharistie.
Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures? La Parole nous fait regarder les personnes et les événements avec des yeux nouveaux. C'est à la fraction du pain, signe de l'Eucharistie, que leurs yeux s'ouvrirent. Il ne s'agit plus d'accompagner Jésus, mais d'être avec lui.
ésus est vivant et agissant aujourd'hui, mais pour le rencontrer nous devons passer par des moyens choisis par lui pour rester avec nous.
Il paraît que des participants des premières séries de tété-réalité ne comprennent pas pourquoi ils ne sont plus reconnus dans la rue. Ils ne pensaient qu'à devenir célèbres, riches et passer à la télé. Ils voulaient être de ce monde. Quitte à vendre leur maison, quitte à se ridiculiser, quitte à tout.
Un soir, Kevin, un des ces affligés de la gloire est arrivé chez son copain Steve en pleurant. Lui, Kevin, l'homme, le vrai, celui qui cache tout de ses émotions, Kevin à qui on a appris à sourire en toutes occasions! Steve a accueilli un Kevin en pleurs. De convulsions en crises de larmes, Kevin n'en pouvait plus, il en avait marre qu'on ne le reconnaisse pas dans la rue; il ne signait plus d'autographes. Alors Steve lui fit remarquer que c'est peut-être à cause de son masque qu'on ne le reconnaît pas. Un peu comme Batman ou Zorro qui portent un masque qui cache leur vrai visage et qui ils sont vraiment. Pourtant quand Batman et Zorro sont eux-mêmes, on les aime encore. On les aime pour leurs qualités, on les aime en tant qu'amis.
Avec grand soulagement, Kevin venait de découvrir une raison d'espérer, lui qui avait frôlé le suicide à maintes reprises...
La vie véritable n'est pas changée quand on est reconnu dans la rue. Elle est changée quand on rencontre dans l'autre un ami. C'est ce que le regretté pape Jean-Paul II a porté comme message tout au long de son pontificat: le respect de la vie, le respect de tous les humains. La vie est changée quand on rencontre Jésus. Et pour le rencontrer, il faut prendre les moyens.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources