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«Des signes» 
Homélies
Ils étaient fidèles à écouter l'enseignement
des Apôtres
et à vivre
en communion fraternelle,
à rompre le pain
et à participer
aux prières.

La crainte de Dieu était dans
tous les coeurs ; beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient
par les Apôtres.

Tous ceux
qui étaient
devenus croyants vivaient ensemble,
et ils mettaient
tout en commun ;
ils vendaient
leurs propriétés
et leurs biens,
pour en partager
le prix
entre tous
selon les besoins
de chacun.

Chaque jour,
d'un seul coeur,
ils allaient fidèlement au Temple,
ils rompaient le pain dans leurs maisons,
ils prenaient
leurs repas
avec allégresse
et simplicité.

Ils louaient Dieu
et trouvaient
un bon accueil
auprès de tout
le peuple.

Tous les jours,
le Seigneur faisait entrer
dans la communauté ceux qui étaient appelés au salut.










Béni soit Dieu,
le Père de Jésus Christ notre Seigneur :
dans sa
grande miséricorde,
il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ
pour
une vivante espérance, pour l'héritage
qui ne connaîtra
ni destruction,
ni souillure,
ni vieillissement.

Cet héritage
vous est réservé
dans les cieux,
à vous que
la puissance de Dieu garde par la foi
en vue du salut
qui est prêt
à se manifester
à la fin des temps.

Vous en tressaillez
de joie,
même s'il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore,
par toutes sortes d'épreuves ;
elles vérifieront
la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l'or
(cet or voué pourtant
à disparaître, qu'on vérifie par le feu).

Tout cela doit donner à Dieu louange,
gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, 
lui que vous aimez sans l'avoir vu,
en qui vous croyez sans le voir encore ;
et vous tressaillez d'une joie inexprimable
qui vous transfigure, car vous allez
obtenir votre salut
qui est l'aboutissement de votre foi.

Réflexion pour le 2e dimanche de Pâques A-B-C

Évangile de Jésus Christ selon Jean 20, 19-31

Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara: « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : «La paix soit avec vous ! »  Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.


Jésus ressuscité apporte la paix à ses disciples apeurés. Les apôtres de Jésus avaient tellement peur des Juifs qui avaient fait crucifier Jésus qu'ils avaient verrouillé les portes du Cénacle où ils s'étaient réfugiés Nous aussi, en ce début de 21e siècle, nous avons bien peur des terroristes, des virus, des maladies contagieuses, des pertes d'emploi, des faillites, des cataclysmes naturels et des forces du mal qui sont toujours plus menaçantes pour nous et pour nos familles.

Jésus ressuscité vient apporter la joie à ses disciples si profondément attristés par la mort en croix de Jésus: «Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur».  Et nous aussi aujourd'hui, nous nous attristons souvent en constatant combien nos familles, nos écoles et toute notre société se sécularisent et s'éloignent de Dieu qui seul a ce qu'il faut pour nous rendre heureux en comblant nos faims et nos soifs les plus profondes.

Il y a encore plus que la joie et la paix dans l'évangile d'aujourd'hui. On s'en souviendra, au matin de Pâques, l'apôtre Jean «  vit et il crut. » Dans le tombeau il y avait le suaire roulé avec soin. Non pas tombé à terre, mais «roulé», rangé avec ordre, à part des bandelettes. Jean crut que Jésus était ressuscité d'entre les morts. Là où il avait été déployé pour envelopper le corps de Jésus mort, ce linceul était maintenant vide, abandonné par ce corps revenu à la vie.

Aujourd'hui, Thomas l'incrédule est guidé par la main de Jésus pour toucher les plaies d'un mort ressuscité. Il touche, se prosterne et s'écrit: « Mon Seigneur et mon Dieu !» Ces cicatrices sont les signes de croyance de Dieu, elles sont la signature de Dieu dans l'oeuvre de Jésus de Nazareth. Ici le monde touche le vrai signe de Dieu vivant et Thomas faisait son expérience au nom de nous tous. Il fut invité à toucher les plaies pour nous tous et cela le guérit de ses plaies personnelles d'incrédule. À travers cette expérience, nous aussi nous guérirons de nos plaies et la foi refleurira.

Aujourd'hui donc on parle de croire sans voir; à notre époque, il faudrait donc croire sans voir. Il faudrait avoir la foi du charbonnier comme dit l'expression! Une foi naïve, qui ne s'interroge pas sur ses fondements, a-t-on dit bien souvent, mais un peu vite. Car c'est surtout une foi inébranlable, solide comme le roc, de celle qui déplace les montagnes. Tout être humain a en lui quelque chose de l'Apôtre Thomas. Il est tenté par l'incrédulité et pose les questions de fond: Est-il vrai que Dieu existe? Est-il vrai que le monde a été créé par lui? Est-il vrai que le Fils de Dieu s'est fait homme, est mort et est ressuscité? La réponse s'impose avec l'expérience que la personne fait de sa présence. Il faut ouvrir ses yeux et son cur à la lumière de l'Esprit Saint. Alors, les blessures ouvertes du Christ ressuscité parleront à chacun: «Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu».

Les temps sont difficiles pour la foi.  La mentalité moderne est assez imperméable à la foi. Thomas nous montre qu'on peut avoir un esprit moderne et avoir une foi forte, libre et intelligente.  Les hommes modernes, les jeunes générations sont sensibles au spirituel, à la présence de Dieu dans leur vie.  L'homme moderne, a besoin de l'expérience de Thomas. En parlant à Thomas, c'est comme si Jésus continuait à nous dire encore aujourd'hui: cesse de multiplier tous ces «si» avant de prendre la décision personnelle d'accueillir la foi.

Jean s'était décidé à appuyer sur la sonnette. Au bout d'une minute, Louis, un petit homme rond en salopette, est venu ouvrir. Ils se sont installés dans le salon sur un sofa défoncé. A la télé passait un feuilleton à l'eau de rose et le volume était très bas. « C'est ma série préférée » avoua Louis en servant un café que Jean n'avait pas demandé.
Jean traversait alors une période difficile. Des amis lui avaient vivement recommandé Louis qui, à les entendre, les avait sauvés et réalisait de vrais miracles sans se lever de son fauteuil, rien qu'en discutant avec vous et en livrant ses secrets sous forme de paraboles. Jean était intrigué mais prêt à partir si la conversation prenait un tour trop bizarre. Ce qui ne manqua pas d'arriveret pourtant Jean est resté. Ces quelques minutes ont changé sa vie.
- "Je ne veux plus avoir mal, dit Jean. Plus jamais."
- "Quel bel espoir en effet que de ne plus jamais avoir à souffrir, mais ne crois-tu pas que tu en demandes beaucoup ? répondit  Louis en plissant ses yeux malicieux."
- "On m'a dit que vous faisiez des miracles. Alors prouvez-le moi. Je vous croirez dès l'instant où mon dernier souci ce sera envolé. Sinon, au revoir je n'ai plus rien à vous dire", dit Jean sur un ton un peu plus dur que voulu.
- "Un instant mon jeune ami. J'ai ce qu'il te faut. J'ai même mieux que ce que tu demandes : je vais t'apprendre à avoir mal."
Et effectivement, Jean a eu mal. Louis avait mis le doigt sur toutes les parties de son passé qui le faisaient souffrir. Jean lui ai raconté le décès de ses parents, son premier gros chagrin d'amour, les trahisons d'amis, les maladies, tous ces souvenirs qu'on croit trop pénibles pour être évoqués mais qui ne demandent qu'à sortir. La moindre anecdote était pour Louis l'occasion d'en apercevoir plus, de dérouler l'écheveau des problèmes de Jean et de tailler dans le vif de sa douleur. Au bout de deux heures de ce pénible accouchement, il a tout de même consenti à  livrer la solution à Jean.
- "Imagine-toi comme un crayon neuf, dit-il. Les premières fois où tu écris, ta mine est encore pointue et ne demande qu'à percer le papier. Les mots se tracent à toute allure et l'écriture est facile. Presque un plaisir. Mais plus tu écris et plus la mine s'émousse. Bientôt, les pleins et les déliés ne sont plus aussi beaux que tu les voudrais. Tu es usé. Il faut te tailler, te redonner ta forme initiale. Mais ceci ne peut pas aller sans douleurs. Comme le crayon qui passe entre les lames du taille-crayon et y laisse quelques copeaux, tu dois t'attendre à perdre de vieilles peaux inutiles, des scories qui ont recouvert le ciel de ta conscience et ont terni ta joie de vivre. Tu dois apprendre à souffrir pour retrouve ta forme initiale."
Louis avait fait  un miracle pour Jean. Encore un.  En refermant la porte de la petite maison, Louis avait l'impression de savourer l'existence pour la première fois.

Même aux hommes d'aujourd'hui le Christ ressuscité dit: Touchez-moi dans l'Église, touchez-moi dans les saints. Nous devons multiplier les signes de la résurrection, nous devons encourager la vie dans tout son épanouissement. Nous sommes tous comme ce crayon qui, à peine a-t-il commencé à écrire est voué à l'usure et se raccourcit jusqu'à n'être plus qu'un petit morceau de bois.    Rien n'est inutile, pas même la souffrance si nous savons l'exploiter et en tirer tous les enseignements.

Regardez ce qui se passe dans votre vie, les signes de Dieu, les clins d'oeil de Dieu...Dieu est dans votre vie et vous ne le voyez pas...il vous fait signe mais vous ne répondez pas .  Faites attention et soyez disponibles : dès que vous sentez Dieu intervenir, vous donner une force, une lumière, de la paix, de l'amour, sa Présence...ouvrez vite votre coeur, ouvrez votre vie...et dites : «Mon Seigneur et mon Dieu » Et alors tout changera : vous découvrirez Dieu dans votre vie bien réelle, bien concrète, bien humaine.

Serge Lefebvre