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«Une rencontre»
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Réflexion pour le dimanche de Pâques A-B-C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.  Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis.»

Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.

C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Ces derniers jours, nous avons revécu l'histoire de la passion de Jésus. C'est une histoire qui a fasciné les gens de tous les temps, qu’ils soient religieux ou non. C’est une histoire qui va bien au-delà de l’anecdote d'un homme parfaitement innocent qui est trahi, renié, puis qui souffre et meurt aux mains de ses ennemis. Les derniers jours de Jésus, c’est Dieu qui s'identifie à nous dans nos moments obscurs où nous sommes les plus misérables et les plus tentés de désespérance. Jésus connaît les blessures de la vie de famille et des relations humaines, les angoisses de la maladie et de la misère, la souffrance de la trahison. Il partage nos ténèbres.  Sa croix est notre croix, nos croix sont les siennes. Sa mort est notre mort, notre mort est la sienne. La gloire de la résurrection au matin de Pâques est la victoire de l’espérance et la réponse au sens de notre vie sur terre.

Le questionnement sur la vie et la mort est de tous les temps. On connaît cette histoire de l’Égypte ancienne.

Osiris, Isis son épouse-soeur et Horus, leur fils, formaient la principale famille sacrée composée du dieu, de la déesse et de l'enfant divin de la mythologie égyptienne. Osiris avait été assassiné par son frère Seth qui avait enfermé le corps dépecé d’Osiris dans un cercueil et l’avait noyé. Avec l'aide d'Anubis et grâce à l'amour d’Isis, Osiris avait été ramené à la vie.  Depuis sa résurrection, Osiris régnait sur le royaume des morts, royaume qui ressemblait étrangement au monde terrestre. Osiris était le patron des nécropoles et des morts, le dieu de l'au-delà, le garant de la résurrection humaine. Dans l'au-delà, il présidait à la pesée des âmes avec Anubis.

Les hommes et les femmes se sont toujours questionnés sur le sens de la vie et de la mort. La réponse qu’apporte Jésus est définitive. Ce qu’a vécu Jésus est bien réel, il ne s’agit pas d’un mythe. Jésus était mort et enterré. Marie va au tombeau le premier jour de la semaine. C’est le premier jour d'une semaine nouvelle, un jour de renouvellement. Jésus de Nazareth qui est mort sur la croix, où est-il? Il n'est pas au tombeau, il a été relevé par Dieu, il a été ressuscité. Il s’est éveillé à un nouveau genre de vie, sans fin, totalement transformée. C'est un puissant symbole de joie et d'espérance, un signe de renouvellement radical.  La vie et l'espérance ont triomphé de la mort et du désespoir. La lumière de la résurrection est apparue.  C'est une rupture, une nouveauté, un tel renouvellement qu'il ne peut se dire en termes habituels, en un langage qui sert ordinairement à décrire des évidences, des objets bien visibles ou à élaborer des raisonnements abstraits. Il s'agit ici d'annoncer un rajeunissement de l'humanité. Tout va recommencer à neuf. Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants.

Aujourd’hui ce n'est pas seulement un jour d’un passé lointain que nous commémorons. C'est un jour de gloire qui se renouvelle sans cesse que nous célébrons dans la joie. Bien plus, Pâques doit se célébrer à chaque jour de nos vies tellement cette fête est porteuse d’espoir. La vie nouvelle  inaugurée par la résurrection de Jésus sera un jour la nôtre. Nous vivrons alors notre victoire sur la mort.

L’existence de Marie-Madeleine, de Simon-Pierre, de Jean a été transformée au matin de Pâques. Qu’y a-t-il de commun entre eux et nous, sinon une rencontre, une passion, une histoire de mort et de résurrection. Celui qui leur a brûlé le cœur est toujours vivant. Son cœur bat pour nous, aujourd’hui comme hier et pour l’éternité.

Joyeuse fête de Pâques.

Serge Lefebvre
d'après diverses sources