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«Vivre de la Résurrection» 
Homélies
Alors Pierre
prit la parole :
« En vérité,
je le comprends :
Dieu ne fait pas
de différence
entre les hommes; mais, quelle que soit leur race,
il accueille
les hommes
qui l'adorent
et font
ce qui est juste.
Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël,
pour leur annoncer
la paix
par Jésus Christ :
c'est lui, Jésus,
qui est le Seigneur
de tous.
Vous savez
ce qui s'est passé
à travers tout le pays des Juifs,
depuis les débuts
en Galilée,
après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré
par l'Esprit Saint
et rempli de sa force.
Là où il passait,
il faisait le bien,
et il guérissait
tous ceux
qui étaient
sous le pouvoir
du démon.
Car Dieu
était avec lui. 
Et nous,
nous sommes témoins de tout
ce qu'il a fait
dans le pays des Juifs et à Jérusalem.
Ils l'ont fait mourir
en le pendant
au bois du supplice.
Et voici que Dieu
l'a ressuscité
le troisième jour.
Il lui a donné
de se montrer,
non pas
à tout le peuple,
mais seulement
aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui
avons mangé
et bu avec lui a
près sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner
que Dieu
l'a choisi comme
Juge des vivants
et des morts.
C'est à lui que
tous les prophètes rendent
ce témoignage :
Tout homme qui croit en lui reçoit
par lui le pardon
de ses péchés. »

Réflexion pour le dimanche de Pâques A-B-C

Évangile de Jésus Christ selon Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis.»

Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.

C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.


Le tombeau vide de Jésus n'est que le début d'un récit. Tout y est encore comme en germe. Nous devons le recevoir dans le contexte des autres récits comme la manifestation aux disciples d'Emmaüs, les apparitions aux apôtres au cénacle ou sur le rivage du lac de Tibériade. C'est l'ensemble de tous ces textes qui constitue l'annonce de la Résurrection.  Les évangiles de la Résurrection ne se bornent pas à relater des faits, ils nous renseignent sur tout ce que les disciples ressentent. Il y est question d'étonnement. D'inquiétude et de joie. De découragement, de doute, puis de la foi qui donne un nouveau courage.

Ces événements ont bouleversé les disciples et témoins. Dans l'évangile il est dit de saint Jean «Il vit et il crut». En voyant le tombeau vide, il a commencé à croire en la Résurrection. Aujourd'hui ceux qui verront de tels signes évidents de la puissance du Seigneur parmi nous pourront alors aussi commencer à croire que Jésus est le Vivant. Mais comment expliquer précisément ce qu'est la Résurrection, ce que représente Pâques.

Après une conférence donnée devant un public chrétien, le philosophe Paul Ricoeur fut invité à s'exprimer sur la foi de Pâques, et notamment à confirmer pour ses auditeurs la réalité de la résurrection corporelle de Jésus. Le public a vu un homme embarrassé. Il a répété plusieurs fois que l'événement de Pâques était bien plus que la réanimation d'un cadavre. Il semblait insister ainsi sur la valeur symbolique des récits évangéliques, tandis que son auditoire aurait voulu l'entendre s'engager sans réserve dans la croyance traditionnelle.

Notre foi en la Résurrection est peut-être trop théorique et nous sommes un peu dépassés par ce mystère. Finalement nous sommes personnellement moins concernés que les premiers témoins. Pâques, c'est le tombeau vide, c'est une place ouverte sur la vie. Laissons le tombeau vide nous parler à nous aussi.

Le tombeau vide, il est partout où le mal semble avoir eu le dessus. Le tombeau vide, il est là où mon péché personnel a tout assombri. Le tombeau vide, il est là où nos lâchetés et nos égoïsmes collectifs ont remporté la victoire. Le tombeau vide, il est là où, chaque jour, le découragement et le désespoir me guettent. Mais c'est là, exactement là, que peut renaître ma foi. Là où mes yeux de chair voient un cul-de-sac, une fin sans retour, un pardon impossible, le regard de la foi peut découvrir les signes de la nouvelle vie de Jésus. La foi c'est ce regard qui voit au-delà de ce que ses yeux voient. Extérieurement, rien n'est changé, rien n'est visible. Pourtant, tout est différent. L'essentiel c'est de voir.  C'est bien cela qu'a fait le disciple que Jésus aimait: «Il vit et il crut.»

C'était un dimanche matin de Pâques.  Mado était toute heureuse d'accompagner sa maman Marie pour la messe. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise quand elle entra dans l'église d'apercevoir toujours Jésus sur la croix. Elle ne comprenait pas. Sa maman lui avait dit, que Jésus était ressuscité.
- Dis maman, pourquoi on a oublié Jésus sur la croix.

Marie répondit :
- Tu sais Mado, la croix c'est pour que tu n'oublies jamais que Dieu t'aime et que Dieu a donné sa vie pour toi en Jésus de Nazareth. La croix ne signifie pas la mort. La croix, ça veut dire l'amour, et que notre Dieu ne nous regarde pas de haut pour nous juger ou nous écraser. Non Mado, Dieu nous aime. Dieu est venu chez-nous pour les derniers des hommes, les plus exclus, les damnés, les prisonniers dans leur tombeau, ceux que tous leurs frères et surs rejettent.  C'est ça la croix et le tombeau.

Pâques, c'est un appel à chacun d'entre-nous pour aller rejoindre ceux-là qui sont brisés par la solitude. La croix, c'est l'amour qui ne meurt pas. Pâques pour les témoins, c'est simplement voir la croix et le tombeau vide, puis croire. Jésus l'a dit, le Royaume de Dieu est déjà présent parmi nous : un royaume d'amour, de paix et de justice, que nous devons travailler à faire advenir, ici et maintenant.

En Jésus, Dieu nous donne la force d'ouvrir sur nos chemins les tombeaux qui enferment nos frères et soeurs souffrants. Il nous donne la force de faire jaillir dans le coeur de nos frères et de nos soeurs l'espérance et l'amour. Soyons des personnes dont le regard porte plus loin que la souffrance ou les limites humaines. Soyons des gens d'espérance qui n'ont pas peur de s'engager avec d'autres au long travail d'enfantement de la vie et de l'amour. La résurrection c'est la vie pour aujourd'hui, contre toutes les morts. C'est d'une certaine manière, chaque jour, refaire la vie la réécrire à nouveau. Chaque matin, c'est repousser les barrières de toutes les morts qui nous entourent. C'est refaire la vie comme Jésus l'a refaite...

Jésus est vivant avec nous. Il est là au milieu de nous aujourd'hui, et il faut vivre de la Résurrection. La Résurrection, ça ne s'imagine pas pour demain, ça se vit aujourd'hui. 

Serge Lefebvre
d'après diverses sources