Toutes les tribus
d'Israël
vinrent trouver David
à Hébron
et lui dirent :
« Nous sommes
du même sang
que toi !
Dans le passé déjà, quand Saül était
notre roi,
tu dirigeais
les mouvements
de l'armée d'Israël,
et le Seigneur t'a dit : 'Tu seras le pasteur d'Israël
mon peuple,
tu seras le chef
d'Israël.' »
C'est ainsi que
tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi
à Hébron.
Le roi David fit alliance avec eux,
à Hébron,
devant le Seigneur.
Ils donnèrent
l'onction à David
pour le faire roi
sur Israël.
Avec joie,
vous rendrez grâce
à Dieu le Père,
qui vous a
rendus capables
d'avoir part,
dans la lumière,
à l'héritage
du peuple saint.
Il nous a arrachés
au pouvoir
des ténèbres,
il nous a fait entrer dans le royaume
de son Fils bien-aimé, par qui
nous sommes rachetés et par qui
nos péchés
sont pardonnés.
Réflexion pour le 34e dimanche ordinaire C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23, 35-44
Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête:« Celui-ci est le roi des Juifs.»
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Le dernier dimanche de l'année liturgique est appelé fête du « Christ roi de l'Univers ». Cette appellation peut faire penser de nos jours à des régimes politiques qui n'ont pas toujours laissé des traces heureuses. Nous avons besoin de faire le ménage dans notre mémoire pour retrouver le sens du Royaume inauguré par Jésus.
La première lecture nous rappelle que Dieu avait donné le roi Saül à Israël. Samuel avait pris une fiole d'huile, il avait répandu cette huile sur la tête du roi Saül. C'est l'onction d'huile sainte, le sacre, qui fait le roi. Un roi choisi et élu par Dieu par l'intersession de son prophète, un roi dont la mission est de sauver le peuple de Dieu. A l'époque du roi Saül, le roi agit par délégation de Dieu pour donner à son peuple la victoire. La royauté hébraïque conservera toujours un caractère religieux.
L'image du roi guerrier est omniprésente au Moyen-Orient. Les rois mésopotamiens de l'Irak d'aujourd'hui se nommaient : roi de l'univers, roi des quatre régions ou des quatre points cardinaux. Le roi doit protéger son peuple, ses sujets et son territoire. Il doit faire régner l'ordre et la justice.
L'évangile de Luc présente Jésus qui annonce: AUJOURD'HUI AVEC MOI TU SERAS DANS LE PARADIS. Au moment où Jésus va annoncer le salut au malfaiteur qui lui demande de se souvenir de lui, trois groupes refusent de reconnaître en Jésus celui qui apporte le salut. Les chefs disent en ricanant: s'il est le Messie, qu'il se sauve lui-même. Comme lors du séjour au désert, Jésus refuse de se servir pour lui-même des pouvoirs qui sont les siens. Les soldats se moquent de la royauté mentionnée au-dessus de sa tête. Jésus refuse d'être un roi politique. Jésus ne donne pas le salut en libérant de la croix ceux qui y sont pendus. Jésus ne supprime ni la mort ni la souffrance, mais par sa mort il la fait déboucher sur la Vie.
On raconte l'histoire de ce fou qui avait tellement fait rire un roi, que le roi lui déclara: si tu me trouves quelqu'un de plus fou que toi, je lui donne la moitié de mon royaume. Les années passèrent, et le roi tomba très malade. Le fou vient au près du roi pour essayer de le faire rire un peu. Mais le roi lui dit : cette fois ci je pars, je pars pour un très grand voyage, un voyage d'où l'on ne revient pas. Ah ! répond le fou, et vous l'avez préparé ce voyage ? Absolument pas répond le roi. Eh bien je crois que cette fois j'ai trouvé plus fou que moi!
Les fous, c'est la société qui comme les chefs, les soldats ou le mauvais larron rejettent la mission de Jésus ou la mettent en doute. Beaucoup de personnes sont dans l'attitude que Luc mentionne pour le peuple. Elles sont là à regarder, elles font pitié. Trouveront-elles quelqu'un pour leur révéler le sens de ce qui s'est passé un jour sur une croix à Jérusalem? Trouveront-elles des témoins pour leur annoncer qu'à elles aussi aujourd'hui est apporté le salut? Fêter le Christ sauveur ou roi de l'univers, c'est avoir au coeur l'espérance qu'un jour Dieu fera une humanité où il n'y aura plus ni larmes, ni haine, ni guerre, où chaque homme dira à l'autre: "toi, mon frère, ma soeur"...
Jésus, cet enfant-roi hors du commun, représente les racines de notre civilisation et les valeurs humanitaires actuelles qui en découlent. Jésus est le Messie, la lumière qui éclaire les hommes. Les enfants de roi que sont les chrétiens, ne devraient pas faire pitié, mais faire envie!
Serge Lefebvre
d'après diverses sources