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«Zachée libéré»
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Seigneur,
tu as pitié
de tous les hommes, parce que
tu peux tout.





Tu fermes les yeux
sur leurs péchés,
pour qu'ils
se convertissent.




Tu aimes en effet
tout ce qui existe,
tu n'as de répulsion envers aucune
de tes oeuvres,
car tu n'aurais pas
créé un être
en ayant
de la haine
envers lui.




Et comment
aurait-il subsisté,
si tu ne l'avais pas voulu ?




Comment
aurait-il conservé l'existence,
si tu ne l'y avais pas appelé ?




Mais tu épargnes
tous les êtres,
parce qu'ils sont à toi, Maître
qui aimes la vie,
toi dont le souffle impérissable
anime
tous les êtres.




Ceux qui tombent,
tu les reprends
peu à peu,
tu les avertis,
tu leur rappelles
en quoi
ils pèchent,
pour qu'ils
se détournent du mal, et qu'ils puissent
croire en toi,
Seigneur.

Réflexion pour le 31e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint  Luc 19, 1-10

Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.  Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. »  Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »  Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. »  Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham. En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Depuis deux semaines l'évangile parle de ce qui est juste ou non. Ce n'est pas facile de trancher la question. Nous devons faire très attention au regard que nous portons sur le péché des autres. Tant que nous ne pouvons pas porter sur l'autre un regard de compassion, nous risquons de le juger à la manière de notre monde, de nous scandaliser. Tant que nous ne nous sentons pas solidaires dans le péché, tant que nous ne sommes pas persuadés que  nous avons tous besoin de pardon, nous risquons d'être durs. Voyons comment Jésus réagit.

Zachée n'a rien pour lui gagner l'estime du peuple : il est publicain,  riche, peut être un peu voleur sur les bords ... et en plus il est petit.  Jésus passe et Zachée veut le voir. Il monte sur son sycomore. Jésus s'arrête et lève les yeux vers Zachée. Que va-t-il lui dire?
- Zachée ce n'est pas bien d'être publicain, tu ferais mieux d'être
      un peu  moins riche et un peu plus gentil !
- Zachée sais-tu que les voleurs n'hériteront pas le royaume de Dieu?
  Alors convertis-toi sinon cela va chauffer pour tes oreilles !
-Zachée, ne crois-tu pas que tu pourrais donner la moitié de tes biens
  aux pauvres et rendre au quadruple les torts que tu as faits ?

A la place de ces paroles que la plupart d'entre nous pourraient tenir, Jésus tout simplement s'invite chez Zachée :
- Zachée, il me faut aujourd'hui demeurer chez toi.

Par un geste plein d'espérance, Jésus bouleverse Zachée qui change complètement de vie. Ce jour là, pour Zachée, l'Évangile a été une Bonne Nouvelle pour sa vie. Pas une culpabilisation, pas une accusation, mais une véritable Bonne Nouvelle. Jésus ne l'a pas semoncé, il ne lui a pas fait un joli sermon, il ne lui a pas parlé de morale, mais il lui a dit une parole de grâce qui surprend. Lorsque Jésus invite au pardon, Zachée est rempli de joie. Il est libéré de la prison dans laquelle il était comme enfermé : prison du regard des autres, prison de sa profession, prison de sa honte.

Nous les chrétiens, nous avons une mission vis-à-vis de tous les hommes et de toutes les femmes. Nous devons leur dire, comme Jésus, cette parole de grâce. Nous devons nous inviter chez eux pour leur dire qu'ils sont enfants de Dieu, qu'ils sont aimés du Père quoi qu'ils aient fait dans leur vie. C'est à nous de dire à la société que l'homme ou la femme, quel qu'il soit, est enfant de Dieu avant d'être un exclus ou un étranger. C'est à nous de lui dire qu'il est aimé du Père. Comme Jésus lorsqu'il rencontre Zachée, voici les sentiers à suivre.

Le sentier de la communication : écouter et parler, et être totalement présent à l'autre. Le sentier de la responsabilité : dans l'honnêteté, parler, partager, nommer, demander des comptes à ceux qui sont responsables d'actes nuisibles pour la communauté. Le sentier de la réinsertion ou de l'accueil : avec compassion, donner une autre chance et prodiguer soutien et encouragement.

Le sentier du pardon : après avoir écouté, exigé des comptes les uns des autres et nous être accueillis mutuellement dans la communauté, nous suivons le sentier du pardon, prêts à accueillir la prochaine personne que nous rencontrerons sur la route.

On raconte qu'un moine avait été convoqué par ses frères pour en juger un autre qui avait commis une faute. Il n'a pas voulu pas se déranger. Comme les frères insistaient, il a mis derrière son dos une grande corbeille remplie de sable et il est arrivé ainsi au lieu de la réunion. On lui demande alors ce que signifie ce geste étrange. Il a répondu : « Mes péchés s'écoulent derrière moi, et je ne les vois pas ; et moi, aujourd'hui, je viens juger les péchés d'autrui ? » Les frères avaient compris  la leçon et ils ont pardonné au « coupable ».

Jésus  désire nous rencontrer. Allons à lui, tel que nous sommes, avec le désir de le connaître. Nous recevrons cette réponse pleine d'amour : «Il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison» .


Serge Lefebvre
d'après diverses sources