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«Une parabole sur Dieu» 
Homélies
Les Amalécites survinrent
et attaquèrent Israël
à Rephidim.

Moïse dit alors
à Josué :
« Choisis des hommes, et va combattre
les Amalécites.
Moi, demain,
je me tiendrai sur
le sommet de la colline, le bâton de Dieu
à la main. »

Josué fit
ce que Moïse
avait dit :
il livra bataille
aux Amalécites.

Moïse, Aaron et Hour étaient montés
au sommet
de la colline.

Quand Moïse
tenait la main levée, Israël
était le plus fort.

Quand
il la laissait retomber, Amalec
était le plus fort.

Mais les mains
de Moïse s'alourdissaient ;
on prit une pierre,
on la plaça derrière lui, et il s'assit dessus.

Aaron et Hour
lui soutenaient
les mains,
l'un d'un côté,
l'autre de l'autre.

Ainsi les mains
de Moïse
demeurèrent levées jusqu'au coucher
du soleil.

Et Josué triompha
des Amalécites
au tranchant
de l'épée.





Mais toi,
tu dois en rester
à ce qu'on
t'a enseigné :
tu l'as reconnu
comme vrai,
sachant bien
quels sont les maîtres qui te l'ont enseigné.

Depuis
ton plus jeune âge,
tu connais
les textes sacrés :
ils ont le pouvoir
de te communiquer
la sagesse,
celle qui conduit
au salut par la foi
que nous avons
en Jésus Christ.


Tous les textes
de l'Écriture
sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile
pour enseigner, dénoncer le mal, redresser,
éduquer
dans la justice ; 
grâce à elle,
l'homme de Dieu
sera bien armé,
il sera pourvu de tout ce qu'il faut
pour faire
un bon travail.

Devant Dieu,
et devant
le Christ Jésus
qui doit juger
les vivants et les morts, je te le demande solennellement,
au nom
de sa manifestation
et de son Règne : proclame la Parole, interviens
à temps
et à contretemps, dénonce le mal,
fais des reproches, encourage,
mais avec une grande patience
et avec le souci d'instruire.

Réflexion pour le 29e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint  Luc 18, 1-8

Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager :  « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.  Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire.'  Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer :  je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.' »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice !  Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ?  Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

La veuve s'adresse à un juge afin qu'il lui rende justice. Elle a confiance.  Elle se sait démunie et dépendante de la parole du juge, mais elle croit fermement que cette parole agira en sa faveur. La veuve représente au fond tous nos semblables qui accumulent malheurs sur malheurs, souffrances sur souffrances, et qui en viennent à penser que vraiment trop c'est trop. Qui en viennent finalement à douter de l'efficacité de la prière, ou de la justice dans notre monde.

Dans notre société, on attend du juge qu'il ait non seulement l'impartialité mais l'apparence de l'impartialité. Une décision a été rendue par la Cour Suprême du Canada sur l'impartialité du juge dans une affaire très banale. Voici quels en étaient les faits : un policier blanc arrête un jeune noir ; son cousin arrive en vélo, et lance son vélo dans les jambes du policier en l'insultant. Se sentant un peu en difficulté, ce jeune policier leur fait deux clés autour du cou et appelle par radio les renforts. Les renforts arrivent. L'un est poursuivi pour vol de voiture, l'autre pour outrage à agent. L'affaire, d'une grande banalité arrive devant un juge qui se trouve être une femme noire. Dans son jugement elle relâche le jeune prévenu en estimant que : "quand je mets en balance les déclarations du mineur et les déclarations du policier, je trouve que celles du mineur sont plus crédibles que celles du policier ". Et le ministère public de s'exclamer à la fin de l'audience : " Eh bien, je vois que la parole d'un policier ne vaut pas très cher devant cette cour".  A quoi réplique la juge : "Je ne dis pas que l'agent a trompé la cour, bien qu'on sache que des policiers l'aient fait dans le passé. Je ne dis pas que le policier ait réagi de façon excessive, même s'il arrive effectivement que des policiers réagissent avec excès particulièrement lorsqu'ils ont affaire à des groupes non blancs. Cela me semble à noter en soi un état d'esprit suspect. Je crois que nous sommes véritablement en présence dans cette affaire d'un jeune policier qui a réagi de façon excessive. J'accepte donc le témoignage du mineur, selon lequel on lui a intimé l'ordre de se taire sous peine d'être arrêté. Cela me semble conforme à l'attitude courante de ce jour ".

Cette décision fit scandale et l'on suspecta la juge de n'avoir pas été impartiale. La cour d'appel de Terre-Neuve a déclaré le juge partial, et donc annulé l'arrêt. Le juge a fait appel devant la Cour Suprême du Canada. Sur 9 juges, 5 ont décidé que son comportement était impartial (3 pour certaines raisons, 2 pour un avis dissident) et 3 ont décidé qu'il était partial. Cela obligea la Cour à approfondir le critère pour apprécier la partialité d'un juge. Pour apprécier l'impartialité d'un juge, il ne faut pas le faire juger par des collègues, mais se mettre dans la position d'une personne raisonnable, bien renseignée sur la justice, ni scrupuleuse, ni tatillonne. Le juge est soumis au regard public et non plus au regard d'autres professionnels du droit. Le critère est de sens commun et non plus juridique. Quand bien même le résultat serait satisfaisant, l'apparence donnée par le juge pendant les débats, peut suffire à casser sa décision car elle peut montrer qu'il était partial. Une décision pourra être considérée comme impartiale lorsqu'elle serait identique si l'on avait interchangé le juge avec un autre. Autrement dit, le juge impartial, est celui qui est également interchangeable.

Les Grecs disaient déjà : "Les injures que nous infligeons et celles que nous subissons se pèsent rarement à la même balance". Il n'est pas nécessaire d'être veuve ou veuf pour être dans une situation d'injustice. Dans beaucoup de régions dans le monde, des gens sont persécutés au nom des religions. Mais les raisons souvent plus économiques ou politiques que religieuses. Il suffit de se rappeler les prises  d'otages en série en Irak. Malgré les supplications des otages, les gouvernements agissent trop peu ou trop tard. Les gouvernements font-ils la sourde oreille? Ont-ils d'autres intérêts? Dieu, lui, n'a pas d'autre intérêt. Jésus a promis que son Esprit nous conduirait dans toute la vérité, qu'il nous accompagnerait tous les jours, que même nos cheveux sont comptés. Pourtant devant l'inexorable, le découragement surgit. Une question terrible s'en suit : "À quoi bon prier encore, si la prière n'est finalement d'aucun secours dans la souffrance ? " Derrière cette terrible question se cache souvent une révolte : révolte contre un Dieu qui serait injuste ; révolte contre un Dieu qui se déjugerait lui-même et qui se moquerait des hommes ; révolte aussi contre soi-même et contre sa naïveté d'avoir cru en un Dieu qui pourrait quelque chose contre la souffrance ou l'injustice.

Il y a bien longtemps vivaient dans une pauvre cabane en Albanie, au bord de la mer, un pêcheur et sa vieille femme. Le pêcheur mourut et laissa sa femme riche de souvenirs mais pauvre de tout le reste. C'était la fin de l'hiver et elle n'avait plus qu'un peu de farine, juste de quoi faire un pain. La pauvre veuve a fait un pain rond et plat et l'a posé sur le rebord de la fenêtre. Or, un violent coup de vent, venu du nord, a emporté le pain vers la mer. La veuve en a été très fâchée. Pourquoi le vent prenait-il son pain ? Il n'avait pas le droit de faire ça. Alors elle est allée voir le roi pour porter plainte contre le vent.

Le roi était un roi très juste et très aimé de ses sujets. Arrivée devant lui, la veuve l'a salué avec respect et  dignité.
- Majesté, les gens disent que vous êtes juste aussi je viens vous voir pour demander justice. On m'a volé le seul pain qui me restait.
- Qui t'a volé ? a demandé le roi en fronçant les sourcils. Sois tranquille, je le condamnerai !
- Alors condamnez le vent, c'est lui qui m'a pris mon pain.
Le roi a été bien embarrassé. Il avait promis et il aimait tenir sa parole. Mais comment condamner le vent?
- Je te promets de te faire justice. Mais en attendant, reste au palais.

Et il a fait conduire la veuve dans l'appartement des femmes. Le roi réfléchissait à ce qu'il pouvait faire quand on lui a annoncé l'arrivée d'un riche navigateur étranger. Celui-ci l'a salué et lui a dit :
- Je viens t'apporter une bourse pleine de pièces d'or pour un pauvre de ton pays. Comme mon navire était près des côtes, un violent coup de vent l'a jeté contre les rochers. Une voie d'eau s'est ouverte et nous allions couler quand, par miracle, un pain rond est venu se plaquer contre mon bateau a empêché l'eau d'entrer et nous avons pu arriver au port.
Et le marin a sorti un pain rond de son sac, un pain tout gonflé d'eau.
- Regarde, c'est un pain de pauvre, c'est pourquoi je voudrais remercier un pauvre de ton pays.
Le roi a fait venir la veuve et lui a tout raconté et lui a donné la bourse.
- Il ne faut pas condamner le vent puisqu'il t'a volé pour sauver la vie des marins. Mais voici pour réparer le tort qui t'a été fait.
- Les gens ont raison, vous êtes un roi très juste. Le vent a fait ce qu'il devait faire et je retire ma plainte.
Tout est très bien !

Dans l'évangile d'aujourd'hui, Dieu est comparé au juge qui finalement fait justice à la veuve. Mais c'est une comparaison par opposition.  Le juge agit selon ses propres intérêts. Lorsque finalement il répond, c'est pour que la veuve ne le dérange plus. Dieu est différent de ce juge car il aime accomplir ses promesses. Dieu est juste, et il agit personnellement. C'est beaucoup plus que le roi du conte albanais. Dieu ne s'est pas ménagé, puisque Jésus est descendu sur la terre, qu'il a été maltraité, calomnié, crucifié. La justice de Dieu, c'est qu'il renonce à une justice punitive. 

Ce que nous dit cette parabole sur Dieu, c'est que, lorsque nous passons des temps difficiles, nous sommes invités à nous approcher de Dieu par la prière car nous avons une relation intime et privilégiée avec Dieu.  Si un juge injuste exauce une femme qui n'est pas importante à ses yeux juste en raison de sa persévérance, à combien à plus forte raison notre Dieu plein d'amour et de compassion ne sera-t-il pas sensible et touché par nos souffrances.

Le Dieu vivant et vrai fait toujours justice à ceux et celles qui s'approchent véritablement de lui. Comment demandons-nous la justice de Dieu pour nos vies?

Serge Lefebvre
d'après diverses sources