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«Les serviteurs quelconques» 
Homélies
Voilà pourquoi
je te rappelle
que tu dois réveiller
en toi
le don de Dieu
que tu as reçu
quand je t'ai imposé
les mains.

Car ce n'est pas
un esprit de peur
que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison. 

N'aie pas honte
de rendre témoignage
à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis en prison
à cause de lui ;
mais, avec la force
de Dieu,
prends ta part
de souffrance pour l'annonce de l'Évangile.

Car Dieu nous a sauvés, et il nous a donné
une vocation sainte, non pas à cause
de nos propres actes, mais à cause
de son projet à lui
et de sa grâce.

Cette grâce
nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles,  et maintenant
elle est devenue visible à nos yeux,
car notre Sauveur,
le Christ Jésus,
s'est manifesté
en détruisant la mort,
et en faisant resplendir la vie et l'immortalité par l'annonce
de l'Évangile,
pour lequel j'ai reçu
la charge de messager, d'apôtre et d'enseignant.

C'est pour cette raison que j'ai encore
à souffrir ainsi ;
mais
je ne le regrette pas,
car je sais en qui j'ai mis ma foi,
et je suis sûr
qu'il est assez puissant pour sauvegarder jusqu'au jour
de sa venue l'Évangile dont je suis
le dépositaire.

Règle ta doctrine sur l'enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi
et dans l'amour
que nous avons
en Jésus Christ.

Tu es le dépositaire
de l'Évangile ;
garde-le
dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous.

Réflexion pour le 27e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint  Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit: « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.
« Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ?  Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.'  Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?  De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »


Jésus dit aux apôtres que s'ils avaient un peu de vraie foi, aussi minuscule que la dimension d'un grain de moutarde, une graine plus petite qu'une tête d'épingle, elle leur ferait faire des choses stupéfiantes, merveilleuses. N'est-ce pas cette foi qui a fait que l'impossible a eu lieu, qui a lancé les apôtres avec des moyens dérisoires sur les routes de l'aventure?  C'est extraordinaire ce qu'ils ont accompli. Jésus a-t-il donc vraiment invité ses disciples à se considérer comme des serviteurs quelconques, lui qui tout au long de l'Évangile ne cesse de répéter que chacun est unique aux yeux de Dieu? Peut-on  être rare, précieux et quelconque à la fois?

L'histoire des apôtres n'est pas quelconque car elle est le résultat d'une extraordinaire solidarité. La foi que Dieu attend de ses serviteurs n'a rien à voir avec une obéissance servile dont Jésus nous offre ici la caricature. L'humilité des serviteurs quelconques est libératrice parce qu'elle nous apprend à compter plus sur Dieu que sur nous, à trouver de l'assurance en Dieu et pas en nous. Le pape Pie X avait dit « On n'applaudit pas le serviteur dans la maison du maître! ».

Joseph, un porteur d'eau avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules. L'une des jarres avait un éclat, et, alors que l'autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître, l'autre jarre perdait presque la oitié de sa précieuse cargaison en cours de route.  Cela dura deux  ans, pendant lesquels, chaque jour, Joseph ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages. Bien sûr, la jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle  parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable. 
Au bout de deux ans de ce qu'elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source. "Je me sens coupable, et je te prie de m'excuser." "Pourquoi ?" Demanda le porteur d'eau. "De quoi as-tu honte?" "Je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l'eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau. Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts", lui dit la jarre abîmée.
Joseph fut touché par cette confession, et, plein de compassion, répondit: "Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu'il y a au bord du chemin". Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d'eau dit à la jarre "T'es-tu rendu compte qu'il n'y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C'est parce que j'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti. J'ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant 2 ans, j'ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses."

Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées. Certains d'entre nous sont diminués par la vieillesse, d'autres ne brillent pas par leurs dons, d'autres sont trop tièdes, trop dogmatiques  ou trop contestataires. Ce sont les éclats, les défauts en nous qui rendent nos vies chrétiennes intéressantes et exaltantes ! Nous ne sommes pas des serviteurs quelconques. François Mauriac disait qu'il ne faut surtout pas juger Dieu sur les balbutiements de ses serviteurs. Nous ne sommes pas des serviteurs inutiles même si nous balbutions. Faisons ce que nous avons à faire. C'est une révolution, tout un programme que de travailler à construire le royaume de Dieu et l'amour n'est jamais une question de mérite, de calcul.

Chacun par notre nom, nous sommes invités à accomplir les tâches  que Dieu nous confie. Imaginez que, demain, chacun de nous fasse seulement ce qu'il devait faire et s'en contenter .

Serge Lefebvre
d'après diverses sources