Mais toi,
l'homme de Dieu,
évite tout cela ;
cherche à être
juste et religieux,
vis dans la foi
et l'amour,
la persévérance
et la douceur.
Continue à bien
te battre pour la foi,
et tu obtiendras
la vie éternelle ;
c'est à elle
que tu as été appelé, c'est pour elle
que tu as été capable d'une si belle affirmation
de ta foi
devant
de nombreux témoins.
Et maintenant,
en présence de Dieu qui donne vie
à toutes choses,
et en présence
du Christ Jésus
qui a témoigné
devant Ponce Pilate
par une si belle affirmation,
voici ce que
je t'ordonne :
Garde
le commandement
du Seigneur,
en demeurant irréprochable
et droit
jusqu'au moment
où se manifestera
notre Seigneur
Jésus Christ.
Celui qui fera paraître le Christ
au temps fixé,
c'est le
Souverain unique
et bienheureux,
le Roi des rois,
le Seigneur
des seigneurs,
le seul qui possède l'immortalité,
lui qui habite
la lumière inaccessible, lui que personne
n'a jamais vu,
et que personne
ne peut voir.
A lui,
honneur
et puissance éternelle.
Amen.
Réflexion pour le 26e dimanche ordinaire C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.
Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi: Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !' Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.' Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »
Il paraît que cette parabole est une adaptation d'un récit traditionnel d'origine égyptienne. Il ne faut pas y voir une description de l'au delà. C'est un peu comme si nous lisions une arrivée au paradis où St Pierre est à la porte et pose des questions au nouvel arrivant. Jésus n'essayait pas de nous raconter les lieux de l'après-mort, mais bien de laisser un message aux vivants. Jésus ne veut pas nous faire peur, mais nous apprendre ou nous rappeler quelque chose, pour éviter que nous passions à côté de la vie.
La parabole fait penser à l'histoire de cet élève qui demande à son rabbin: Pourquoi un pauvre est souvent amical et prêt à aider, tandis qu'un riche ne nous remarque même pas? Le rabbin lui demande alors de regarder par la fenêtre, il voit une femme avec son enfant qui s'en vont au marché. Ensuite il lui demande de regarder un miroir et de décrire ce qu'il voit. Que voit-il ? Il répond moi-même. Et le rabbin continue en disant, la fenêtre est faite en verre, le miroir aussi, mais au fond il y a une couche d'argent. Dès qu'on met un peu d'argent derrière le verre, on ne voit plus que soi-même.
Jésus vivait dans une société pauvre, dans laquelle il y avait des riches auxquels il pensait sans doute en racontant la parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche. Jésus prenait parti pour redonner du courage à ceux qui étaient paralysés ou aveugles, en plus d'être écrasés dans une société dominée par l'Empire romain. Ceux qui ont d'abord suivi Jésus ont espéré qu'il serait le Messie royal qui restaurerait la souveraineté du peuple Juif, qu'il rendrait à Israël tout son lustre spirituel et politique. Mais Jésus n'est pas entré dans ce jeu. Il n'était pas venu pour instaurer un royaume ni pour dominer le monde mais pour créer le royaume de l'amour. Il n'a pas cédé à la tentation d'être un Messie politique. Cela ne veut pas dire pour autant que la partie politique et sociale de la charité chrétienne n'existe pas.
Le mauvais riche de la parabole ne pense qu'à lui-même, sans s'occuper ou se préoccuper d'autre chose. Abraham, que l'on trouve dans cette parabole, était assez riche, même très riche. Et il se retrouve du bon côté. Alors qu'est-ce qui différencie ces deux riches personnages? Lazare et Abraham ont un nom, tandis que l'homme mauvais et riche n'en a pas. Ce qui est indiqué, ce sont des éléments de sa richesse et la vie qu'il pouvait se payer... comme s'il n'existait que par sa richesse. Comme si sa richesse lui avait fait perdre son nom, son identité, son âme. Comme si ses biens avaient supplanté sa personne, comme s'il ne se définissait qu'à partir de ses richesses. Combien de fois est-il passé à côté de Lazare sans le voir, sans porter plus attention à lui. Pourtant il l'avait sans doute remarqué, parce qu'il le reconnaît ensuite. Mais ce regard n'avait rien changé à la situation de Lazare. Cela n'avait rien changé à la vie du riche. C'était un regard inutile. Il vécu comme ça, vivant sa vie, la vivant bien à côté des autres, en les voyant à peine. A l'occasion ils étaient des amis de fête, ou alors ils étaient des serviteurs, des esclaves. Quant à Dieu, à Moïse et aux prophètes, aux Ecritures Saintes, ils comptaient si peu. Il a quand même pu appeler Abraham Père. Mais c'est à peu près tout ce qu'il connaissait vraiment des textes. Sa vie était ailleurs, dans son plaisir, puisqu'il en avait les moyens. Il avait beaucoup de richesses, mais il n'avait que cela, il en a perdu son nom. C'est-à-dire une personne créé par Dieu à l'image de Dieu, appelée à avoir une relation avec Dieu.
Des pauvres, il y en a encore beaucoup. Le problème, c'est qu'on ne les voit pas, qu'il y a un fossé entre eux et nous. Le pauvre, c'est celui qui a besoin de moi pour pouvoir vivre, pour pouvoir survivre. C'est mon conjoint, mon enfant, mes parents qui ont besoin de mon attention, qui quémandent ma tendresse. C'est la personne de mon entourage qui vit l'échec d'un mariage qui était le but de sa vie. C'est mon voisin apparemment très riche qui vient de perdre son emploi et qui, par le fait même, a perdu l'estime de lui-même. C'est le retraité qui voit fondre ses revenus à cause de la situation économique.
Cette parabole nous invite à mesurer et axer nos vies sur la parole de Dieu, pour recevoir la vie éternelle. Lazare, c'est Jésus , descendu jusqu'au seuil de notre porte; Jésus qu'on laisse mourir dans les pays du tiers-monde dont nul n'ose soigner les plaies; Jésus dépouillé et criant sa soif. N'attendons pas comme le mauvais riche pour agir.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources