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«Être sans crainte» 
Homélies
La nuit de
la délivrance pascale avait été connue d'avance
par nos Pères ;
assurés des promesses auxquelles
ils avaient cru,
ils étaient dans la joie. 

Et ton peuple
accueillit à la fois
le salut des justes
et la ruine
de leurs ennemis.

En même temps
que tu frappais
nos adversaires,
tu nous appelais
pour nous donner
ta gloire.


Dans le secret
de leurs maisons,
les fidèles
descendants des justes offraient un sacrifice,
et ils consacrèrent
d'un commun accord cette loi divine :
que les saints partageraient
aussi bien
le meilleur que le pire ; et déjà
ils entonnaient
les chants
de louange des Pères.




La foi est
le moyen de
posséder déjà
ce qu'on espère,
et de connaître
des réalités
qu'on ne voit pas.

Et quand l'Écriture
rend témoignage
aux anciens,
c'est à cause de leur foi.

Grâce à la foi,
nous comprenons
que les mondes
ont été organisés
par la parole de Dieu,
si bien que
l'univers visible provient de
ce qui n'apparaît pas
au regard.

C'est dans la foi
qu'ils sont tous morts sans avoir connu
la réalisation
des promesses;
mais ils l'avaient vue
et saluée de loin, affirmant que,
sur la terre,
ils étaient des étrangers et des voyageurs.

Or, parler ainsi,
c'est montrer clairement
qu'on est à la recherche d'une patrie.

S'ils avaient pensé
à celle
qu'ils avaient quittée, ils auraient eu
la possibilité
d'y revenir.

En fait,
ils aspiraient à
une patrie meilleure, celle des cieux.

Et Dieu
n'a pas refusé
d'être invoqué
comme leur Dieu, puisqu'il leur
a préparé
une cité céleste.



Réflexion pour le 19e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 32-48

Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur.

Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra.»

Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. 

Nous sommes encore au chapitre 12 de Luc. L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à être sans crainte, à partager notre richesse, et à tenir nos lampes allumez pendant que nous veillons en tenues de service.  Pour Jésus, garder la lampe allumée revient à dire qu'il faut demeurer dans la lumière et veiller à ne pas être piégé par l'obscurité. Parce qu'il y a urgence  face au caractère passager des choses, face à la mort qui se rapproche jour après jour. Il faut rester vigilants pour ne pas rater l'essentiel, pour se faire une bourse qui ne s'use pas, un trésor qui est inépuisable dans les cieux.


L'avenir n'offrait rien d'intéressant à Linda. Depuis bien longtemps, rien ne l'inspirait, rien ne l'intéressait. Ni l'attention qu'on pouvait lui porter, ni l'amour qu'on avait bien voulu lui donner ne la touchaient. Elle éprouvait de plus en plus de peine à communiquer avec les autres, pour la simple raison qu'ils n'écoutaient qu'eux-mêmes. Aux cris de détresse de Linda, ils ne répondaient rien et Linda masque sa déception avec quelques grammes de poudre.  Linda ne se comprend pas. Elle ne comprend rien.  Elle est fatiguée. Fatiguée de la société. Fatiguée de vivre. Linda a peur. Comment chrétien puis-je lui dire : Sois sans crainte Linda! Sois sans crainte Linda! Comment transmettre cette parole à ceux et celles qui luttent pour survivre ?

Quand  Pierre demande à Jésus si ses recommandations sont pour les apôtres ou pour tous, Jésus répond en rappelant la mission.  Nous devons être des veilleurs attendant le retour du Maître, c'est-à-dire ne pas être enfermés dans les choses de la terre, dans notre monde douillet, dans notre bien-être. Notre royaume est ailleurs que sur terre,  mais il ne faut pas déserter notre monde, il ne faut pas attendre les bras croisés. Il faut agir comme Jésus, il faut écouter, il faut toucher l'autre, il faut s'en faire un ami.

Nous ne pouvons pas être sans crainte sans prendre nous-mêmes le temps de réfléchir! Identifions qu'est-ce qui revient le plus souvent dans nos inquiétudes. Nous vivons si souvent dans la peur ou même des peurs. Peur de la pauvreté, peur de la maladie, peur de la solitude, peur de ne pas être aimé, peur de ne pas tenir, peur de perdre la face, peur de l'avenir,  peurs de toutes sortes. Ça nous intoxique, ça nous empoisonne la vie. Sois sans crainte! Cette exhortation doit venir spontanément à l'esprit de celui ou de celle qui doit affronter la peur ou le découragement. En effet, Jésus a ajouté l'encouragement qui suit: "Car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume".

Ce jour-là, le train était presque vide : il n'y avait que deux personnes dans le compartiment. Ramzi était d'un certain âge. Il était bien coiffé, vêtu de façon soignée, et avait le teint basané. Comme Marie, il lisait, mais son livre était en écriture arabe.  Alors que Ramzi venais de poser son livre, il demanda poliment à Marie : «Madame, qu'est-ce que vous lisez ?
--Je lis la Bible, parce que je suis croyante.
--Moi aussi je suis croyant, je suis musulman.»
Ramzi interrogea alors Marie sur les différents aspects de la foi chrétienne. Il en vint à parler du jugement. Il pensait comme Marie que Dieu porterait un jugement sur la vie de toute personne. Alors Marie posa la question suivante à Ramzi : «Qu'est-ce que vous direz quand vous paraîtrez devant le trône de Dieu ?» Tout en regardant le sol, Ramzi répondit avec le plus grand sérieux : «Je supplie Dieu chaque jour qu'il me fasse miséricorde.» Puis il releva la tête, et ajouta regardant Marie dans les yeux : «C'est presque à chaque instant que je le supplie d'avoir pitié de moi ! Mais vous, qu'est-ce que vous direz ?
--Pour moi, dit doucement Marie, mais avec un profond bonheur, je suis sans crainte.. J'ai une solution. Je dirai ce jour-là que je reconnais avoir fait du mal et que Jésus est mort pour moi.  La conversation s'arrêta là, mais lorsque Ramzi et Marie se sont séparés, Marie ajouta : «Si vous craignez le jugement, pensez à la solution de l'Évangile, pensez à Jésus venu nous sauver. Nous pouvons être sans crainte, quand nous avons Dieu pour nous, avec nous et en nous. »

Jésus nous estime, nous avons du prix pour lui. Il nous exhorte à ne pas faire de nous n'importe quoi. Il nous exhorte à nous respecter, à nous aimer, à prendre soin de nous. Ce que nous faisons pour nous, faisons-le aussi pour les autres. Nous devons discerner l'essentiel du superficiel, la lumière de l'obscurité. 

Là où est notre trésor, là aussi sera notre coeur. Heureux celui ou celle dont le trésor est la recherche inconditionnelle de l'Amour, il aura un coeur qui brillera et transformera le monde.

Serge Lefebvre