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«On ne peut pas tout avoir, disent les gens qui ont tout»
Homélies
Si donc
vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez
les réalités d'en haut : c'est là
qu'est le Christ,
assis à la droite
de Dieu.

Tendez vers
les réalités d'en haut,
et non pas vers
celles de la terre.


En effet,
vous êtes morts
avec le Christ,
et votre vie
reste cachée
avec lui en Dieu.


Quand paraîtra
le Christ, votre vie, alors vous aussi,
vous paraîtrez
avec lui
en pleine gloire.



Faites donc
mourir en vous
ce qui appartient encore à la terre : débauche,
impureté,
passions,
désirs mauvais,
et cet appétit
de jouissance
qui est un culte
rendu aux idoles.


Voilà ce qui
provoque la colère
de Dieu,
voilà quelle était
votre conduite
autrefois
lorsque vous viviez dans ces désordres.


Mais maintenant, débarrassez-vous
de tout cela :
colère,
emportement, méchanceté,
insultes,
propos grossiers.


Plus de mensonge
entre vous ; débarrassez-vous
des agissements
de l'homme ancien
qui est en vous,
et revêtez
l'homme nouveau, celui que
le Créateur refait toujours neuf
à son image
pour le conduire
à la vraie connaissance.


Alors, il n'y a plus
de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen,
il n'y a pas de barbare, de sauvage,
d'esclave,
d'homme libre,
il n'y a que le Christ : en tous,
il est tout.
Réflexion pour le 18e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 13-21

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »  Puis, s'adressant à la foule: « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »

Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté.  Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.'  Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.'  Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu.»

Nous entendons, nous pensons peut-être, qu'il est impossible de devenir riche quand on est honnête. Si le milliardaire avait dû amasser honnêtement sa fortune en travaillant et plaçant ses économies à un taux normal, il aurait dû commencer à l'époque de Jules César. Évidemment il y a ces paradis fiscaux ! D'un autre côté, le taux d'endettement des québécois a grimpé de 66% depuis 20 ans. Nous vivons dans un monde matérialiste. Mais l'argent apporte-t-il le bonheur? Les psychologues disent que non. Un psychologue de l'Université de Illinois dit même: « le matérialisme est toxique pour le bonheur. »

Les millionnaires donc sont plutôt rares. Peu de gens sont arrivés à amasser une fortune et ceux qui y sont arrivés sont adulés du public. Le riche a toujours éveillé l'envie des plus pauvres. La possession possède.  Ce n'est qu'à un certain degré que la possession rend l'homme plus indépendant et plus libre. Un échelon de plus et la possession devient le maître, le possédant devient l'esclave. Le riche doit sacrifier son temps, sa réflexion, - tout cela peut-être à l'encontre de ses besoins essentiels.

Le message de l'Évangile d'aujourd'hui ne s'attaque pas au gain. Il y en a qui amassent de larges fortunes, d'autres beaucoup moins. Jésus a le mot clé pour nous livrer sa pensée. «Gardez-vous bien, nous dit-il, de toute âpreté au gain.» L'âpreté, voilà ce que Jésus condamne.

Karl était un homme très riche qui possédait une grande entreprise. Un de ses passe-temps favoris était de monter au dernier étage de son gratte-ciel, et de regarder tout ce qu'il possédait et de se féliciter sur sa grande richesse. Un jour, Karl sortait de son gratte-ciel  et il a aperçu au loin un de ses employés, un vieux livreur de journaux du nom de Joseph. C'était l'heure du dîner et Joseph était à l'ombre d'un arbre dans le parc et il se préparait à manger. Mais avant de manger, il a incliné sa tête, joint les mains en prière pour remercier Dieu pour sa nourriture. Karl a regardé l'homme en prière. Puis il a regardé son repas. C'était un simple sandwich au fromage. Avec un ricanement Karl a crié, " Si c'est tout que j'avais à manger, je ne prendrais pas la peine de prier." Joseph a répondu humblement, "Pour moi c'est suffisant et je suis reconnaissant à Dieu." 

Karl est étonné par la réponse de Joseph. Puis, voyant que Karl poursuivait son chemin un peu songeur, Joseph ajouta " Attendez une minute. J'ai besoin de vous dire quelque chose. J'ai fait un rêve hier soir. J'ai entendu une voix qui disait, "Ce soir l'homme le plus riche de la ville mourra. Ce soir l'homme le plus riche de la ville mourra ".

"Des sottises, voyons donc !" Dit Karl alors qu'il s'en retournait chez lui. Mais les mots de Joseph le tracassaient, "Cette nuit l'homme le plus riche de la ville mourra !" Jusqu'alors il s'était tout à fait bien senti, mais maintenant il commençait à éprouver des douleurs dans sa poitrine. Il commença à se demander, "Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que je vais mourir ce soir ?"

De retour à la maison il appela son médecin à sa clinique privée et lui raconta le rêve de Joseph et les douleurs qu'il avait ressenties. Son médecin lui dit, "Il ne me semble pas qu'il y ait de quoi s'inquiéter, mais pour vous tranquilliser, je viendrai vous examiner."

Après l'examen, le médecin lui dit, "Karl, il n'y a aucune raison pour que vous mouriez ce soir."
Ainsi rassuré, Karl s'est mis au lit. Le matin suivant, on frappa à sa porte, et le messager dit, "Karl, le vieux Joseph, le livreur, est mort hier soir !"

C'était  bien vrai ! L'homme le plus riche de la ville était mort hier soir !

La santé peut décliner, la maladie peut frapper, la mort peut faire disparaître de ce monde. Et alors, à quoi servent tous ces biens, toutes ces richesses, tout cet argent amassé? C'est le message que nous livre Jésus dans cette parabole de l'homme riche dont les terres ont beaucoup rapporté et qui se construit de plus grands hangars pour entasser son blé et avoir d'abondantes réserves, espérant être tranquille pendant quelques années et jouir de la vie. Mais surprise! Dieu lui réclame sa vie. Et alors quoi? Toute cette abondance ne lui sert à rien.

L'Évangile nous enseigne le partage, le partage auprès des démunis et des malchanceux. La parabole s'adresse à tous. Le partage fait partie de notre mission. Il faut éviter de se boucher les oreilles et de répondre : "ce n'est pas notre problème, c'est l'affaire des politiciens...".  Jésus n'est pas venu rendre la justice, mais rendre les hommes justes.  Il ne résout pas nos problèmes mais il nous accompagne.  À nous d'agir.

Serge Lefebvre
d'après diverses sources