Écoute la voix
du Seigneur ton Dieu, en observant
ses ordres et
ses commandements inscrits dans
ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur
ton Dieu
de tout ton coeur
et de toute ton âme.
Car cette loi
que je te prescris aujourd'hui
n'est pas au-dessus
de tes forces
ni hors de ton atteinte.
Elle n'est pas
dans les cieux,
pour que tu dises :
« Qui montera
aux cieux
nous la chercher et nous la faire entendre, afin que
nous la mettions
en pratique ? »
Elle n'est pas
au-delà des mers,
pour que tu dises :
« Qui se rendra
au-delà des mers
nous la chercher et nous la faire entendre, afin que
nous la mettions
en pratique ? »
Elle est tout près de toi, cette Parole,
elle est dans ta bouche et dans ton coeur
afin que tu la mettes
en pratique.
Il est l'image
du Dieu invisible,
le premier-né
par rapport à
toute créature,
car c'est en lui
que tout a été créé
dans les cieux
et sur la terre,
les êtres visibles
et les puissances invisibles :
tout est créé par lui
et pour lui.
Il est avant
tous les êtres,
et tout subsiste en lui.
Il est aussi
la tête du corps,
c'est-à-dire de l'Église.
Il est
le commencement,
le premier-né
d'entre les morts, puisqu'il devait avoir
en tout
la primauté.
Car Dieu a voulu
que dans le Christ
toute chose
ait son accomplissement
total.
Il a voulu
tout réconcilier
par lui et pour lui, s
ur la terre et
dans les cieux,
en faisant la paix
par le sang
de sa croix.
Réflexion pour le 15e dimanche ordinaire C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 25-37
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question :
« Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? » L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.' Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
C'est la suite du chapitre 10 de l'évangile saint Luc dont la lecture a été entreprise la semaine dernière et qui se poursuivra la semaine prochaine.
La question du docteur de la loi est pertinente : « que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? » Cependant, ce docteur a d'autres intentions. Il veut piéger Jésus, c'est d'ailleurs pourquoi Jésus ne répond pas vraiment à sa question. La parabole de Jésus est un moyen d'argumentation; si Jésus avait mis en cause directement ses interlocuteurs, ceux-ci se seraient sentis agressés et auraient pris une attitude défensive, même de rejet. La parabole les place sur un terrain neutre, tout en les plaçant dans une situation analogue de celle des personnages. Ils peuvent changer d'avis sans perdre la face.
Dans la parabole, le prêtre et le lévite se ferment les yeux devant le besoin de l'homme blessé. Ils ne sont pas intéressés à lui venir en aide. C'est le Samaritain détesté des Juifs qui agit. Il se sert de ses propres ressources pour nettoyer et soulager les blessures de l'étranger, il se sert de son propre linge, de son propre bandage, de son animal pour le transporter alors que celui-ci devra marcher tout le long. Il se sert de son argent pour couvrir les frais pour ses soins, de son propre crédit et de sa propre réputation pour couvrir les autres frais qui subviendront.
Chacun peut s'identifier avec l'un ou l'autre des personnages. Parmi toutes les paraboles de Jésus, aucune n'a eu autant d'effet. L'expression « bon samaritain » décrit de nos jours toute personne qui se surpasse pour aider les autres. C'est cela qui a inspiré l'organisme La Bourse du Samaritain que nous connaissons dans notre communauté. Il y a même la loi du bon samaritain qui s'en est inspirée. En effet, la vie en société nous impose une certaine responsabilité sociale qui implique, entre autres, d'aider une personne se trouvant en difficulté. La charte des droits et libertés de la personne du Québec impose à tout citoyen l'obligation d'intervenir lorsque la vie d'une personne est en péril.
Sylvain et Mireille se promènent à la campagne lorsqu'un terrible accident de voiture se produit. Deux voitures se sont percutées et il y a quatre victimes blessées grièvement. Sylvain et Mireille, seuls témoins de la scène, ne savent pas quoi faire. Mireille, infirmière, intervient rapidement et porte secours aux victimes. Nerveuse et un peu paniquée, elle aggrave certaines des blessures des victimes. Quant à Sylvain, au lieu d'utiliser son téléphone cellulaire pour appeler du secours, il regarde attentivement les victimes sans toutefois intervenir. Compte tenu de ces circonstances, les victimes de l'accident pourraient-elles poursuivre Sylvain et Mireille pour les gestes ou omissions qu'ils ont posés?
Quelqu'un qui omettrait de porter secours pourrait être tenu de verser des dommages à la personne qu'elle a omis d'aider. Mais, une personne qui porte secours à autrui ne peut être tenue responsable des dommages que son intervention peut provoquer. Le code civil du Québec nomme cette règle le moyen de défense du «bon samaritain». Toutefois, le «bon samaritain» n'a pas à mettre en danger sa propre vie ni celle de personne pour venir en aide à quelqu'un. Mais, l'histoire du bon samaritain est plus qu'une question d'entraide. La parabole bouscule. Le Samaritain devient un modèle pour chacun d'entre nous qui sommes des enfants de Dieu.
On raconte que Robert un missionnaire, marchait un jour avec Guy, un marchand, dans le grand Nord et les deux risquaient de mourir de froid. Tout d'un coup, les deux entendirent une voix qui criaient à l'aide. Un homme était tombé. « N'arrête pas dit Guy le marchand, Dieu l'a conduit à son destin. »
« Mais », dit Robert, « Dieu m'a conduit ici pour l'aider. » Guy refusa d'aider et il poursuivit son chemin, mais Robert attacha l'homme sur son dos, et continua sa route, il avait chaud mais il était fatigué. Lorsqu'il approcha la demeure, il croisa le corps de Guy, mort de froid. Plus tard, on posa la question à Robert: Quelle tâche trouvez-vous le plus difficile dans la vie? Il répondit, ne pas avoir de fardeau à porter!
Jésus nous a révélé un Dieu attentif aux besoins des autres, un Dieu avec «le coeur sur la main», un coeur débordant d'un amour gratuit. Dieu a été le premier de tous les bénévoles. Demandons au Seigneur de nous aider à imiter le bon Samaritain; à ne pas attendre qu'on nous implore notre aide; mais que nous sachions nous faire proches des autres; à la question: «qui est mon prochain?» Jésus répond: «c'est toute personne de qui tu te fais proche».
Serge Lefebvre
d'après diverses sources