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« La libération des esclavages» 
Homélies
Mais pour moi,
que la croix
de notre Seigneur Jésus Christ
reste mon seul orgueil.


Par elle,
le monde est à jamais crucifié pour moi,
et moi pour le monde.


Ce qui compte,
ce n'est pas d'avoir
ou de ne pas avoir
la circoncision,
c'est la création nouvelle.


Pour tous ceux
qui suivent
cette règle de vie
et pour le véritable Israël de Dieu,
paix et miséricorde.


Dès lors,
que personne
ne vienne
me tourmenter.


Car moi,
je porte
dans mon corps
la marque des souffrances de Jésus.


Frères,
que la grâce de
notre Seigneur
Jésus Christ
soit avec votre esprit. Amen.





Réjouissez-vous
avec Jérusalem,
exultez à cause d'elle, vous tous
qui l'aimez !


Avec elle
soyez
pleins d'allégresse, vous tous
qui portiez son deuil ! 


Ainsi vous
serez nourris et rassasiés
du lait
de ses consolations,
et vous puiserez
avec délices
à l'abondance
de sa gloire.


Voici ce que dit
le Seigneur :
Je dirigerai vers elle
la paix
comme un fleuve,
et la gloire
des nations
comme un torrent
qui déborde.


Vous serez comme
des nourrissons
que l'on porte
sur son bras,
que l'on caresse
sur ses genoux.


De même
qu'une mère
console son enfant, moi-même
je vous consolerai, dans Jérusalem
vous serez consolés.


Vous le verrez,
et votre coeur
se réjouira ;
vos membres,
comme l'herbe nouvelle,
seront rajeunis.


Et le Seigneur
fera connaître
sa puissance
à ses serviteurs.


Réflexion pour le 14e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 1-20

Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.  Il leur dit: « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.  N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.

Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.' S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.  Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : 'Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.' Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville. Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil, et se seraient assis dans la cendre en signe de pénitence.  En tout cas, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous lors du Jugement.  Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts !

Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé. »

Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : «Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »


Dans cet évangile saint Luc mentionne la mission des soixante-douze disciples que Jésus envoie en avant pour préparer son propre passage. Luc ne parle pas des disciples originaux mais de soixante-douze autres, un chiffre symbolisant l'universalité. Luc enracine l'action missionnaire dans une volonté explicite de Jésus et il l'accentue en parlant de leur formation et des recommandations faites par Jésus lui-même. Il met dans la bouche de Jésus les mots les plus adéquats à résumer sa pensée.

Jésus envoie ses missionnaires deux par deux. C'est comme une famille naissante. Fonder un couple, fonder un foyer, fonder une famille, c'est accepter d'être envoyé aux quatre vents de la vie, de l'histoire, de l'économie et de la politique. Au sein des familles, se vivent et s'expérimentent la paix, la miséricorde, le pardon et la consolation. Ils vont deux par deux et dans l'ambiance de paix qu'ils ont souci d'apporter, les envoyés auront l'occasion de nouer de nouvelles relations. Des relations de paix s'instaurent. Si la paix n'est pas acceptée, on s'en ira. Cela fait aussi partie du respect de la liberté de celui auquel s'adressent les porteurs de l'Évangile. La mission est de libérer l'humanité de tous les esclavages. Il y a une belle histoirre qui parle de cette libération par le don gratuit.

« Quelque part en Inde, un homme accroupi tient nonchalamment dans sa main le lacet d'un filet gros de plusieurs dizaines de moineaux résignés, il regarde les gens passer, sans effort particulier pour vendre sa marchandise Et c'est au moment où je me demande ce qu'il peut y avoir de chair à manger sur un aussi petit volatile que mon guide, attentif à la perplexité sans doute fréquente de ceux qu'il accompagne, me livre l'utile précision : On n'achète pas ces oiseaux pour s'en nourrir, mais pour les libérer. Ainsi, pour quelques roupies, vous pouvez exercer votre sens de la pitié, de la générosité, et faire s'échapper du filet les petits moineaux, dix, vingt, c'est selon le prix offert, qui seront probablement capturés une nouvelle fois, après votre passage. Mais qu'importe ? C'est par sa gratuité  que le geste touche à la beauté. »

Il y a aujourd'hui un grand nombre de laïcs qui participent activement à la vie de l'Église. Ce sont des bénévoles qui donnent gratuitement leur temps, le meilleur d'eux-mêmes pour témoigner de la Bonne Nouvelle: ils sont membres des équipes paroissiales, ils organisent la catéchèse, la liturgie, accueillent les nouveaux venus, visitent les malades, aident gratuitement dans les hôpitaux, participent à des groupes de prière et de partage. Sans oublier tous ceux qui luttent pour la justice, se mettent au service des déshérités, des sans-papiers, des prisonniers, des isolés. Sont-ils assez nombreux? Non, bien sûr!  « La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux », disait Jésus.  Dans un monde où on ne parle plus jamais de Dieu, de prière, où les fêtes sont de plus en plus des réjouissances profanes, témoigner de Jésus demande un certain courage. Il faut y donner de son temps, parfois se former pour être plus efficace, enfin ne pas craindre de se distancer de certaines pratiques qui heurtent la conscience chrétienne. « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups », disait encore Jésus.  Mais il ajoutait «Réjouissez-vous car vos noms sont inscrits dans les cieux ».

Réjouissons-nous! À plusieurs, nous abattrons plus d'ouvrage, nous raconterons plus de réussites, nous nous réjouirons davantage. Nous sommes les ouvriers d'aujourd'hui. Les nouveaux envoyés sont « autres » et apportent donc un sang neuf. Ils vont s'attaquer à un terrain neuf qui n'a pas encore été défriché.  Oserons-nous donner suite à l'Évangile de ce matin? Oserons-nous nous réjouir? Ne nions pas des évidences! Il y a plein d'urgences dans notre  pays: «la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux». À qui pouvons-nous demander des ouvriers pour la moisson? Prions ensemble Dieu de nous donner les ouvriers dont notre communauté a besoin pour y annoncer encore la paix, y manifester la miséricorde, y proposer la consolation. Où sont-ils donc ces ouvriers? Oserons-nous les interpeller? Les soutenir dans des projets audacieux?

Notre Église a besoin de moissonneurs de foi, de moissonneurs d'espérance, de moissonneurs de solidarité. Car c'est Jésus le maître de tout cela, c'est lui qui se réjouit de voir mûrir les blés et voler les moineaux, jusqu'à la fin du monde.

Serge Lefebvre
d'après diverses sources