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«La nouvelle alliance» 
Homélies




Maudit
soit l'homme
qui met
sa confiance
dans un mortel,
qui s'appuie
sur un être
de chair,
tandis que
son coeur
se détourne
du Seigneur.





Il sera
comme
un buisson
sur une terre
désolée,
il ne verra pas
venir
le bonheur.




Il aura
pour demeure
les lieux arides
du désert,
une terre salée
et inhabitable.




Béni
soit l'homme
qui met
sa confiance
dans le Seigneur,  dont le Seigneur
est l'espoir.




Il sera
comme
un arbre
planté au bord
des eaux,
qui étend
ses racines
vers le courant :
il ne craint pas
la chaleur
quand elle vient,
et son feuillage
reste vert ;
il ne redoute pas
une année
de sécheresse,
car elle
ne l'empêche pas
de porter
du fruit.








Réflexion pour le 6e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6, 17-26

Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés.  Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit :

« Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés !
Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent,quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.

Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous :c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.

Luc aime souligner les exigences que Jésus pose à celui qui veut être son disciple.  Dès le point de départ, dans sa façon de rapporter le Sermon sur la Montagne, il ne présente pas ces exigences comme source de tristesse, mais comme source de bonheur.  "Heureux, vous les pauvres... Heureux, vous qui avez faim... "  Pour Luc, le chrétien ne doit rechercher que les biens d'en-haut, il doit renoncer à tout pour suivre Jésus. Il ne doit donner son coeur qu'à Dieu.

Renoncer à tout doit rendre heureux! Interrogeons-nous! Qu'est-ce qui peut nous rendre vraiment heureux : la réussite au travail ? un compte bancaire bien garni ? le succès? une médaille aux championnats du monde ... ? L'aspiration au bonheur est sans doute l'un des sentiments les plus profondément enracinés dans le coeur humain.  Malheureusement nous cherchons souvent le bonheur là où on ne peut le trouver.  Nous le cherchons dans la satisfaction de tous nos appétits;  mais Jésus a dit : "Malheureux, vous qui êtes repus maintenant..."  Nous cherchons le bonheur dans le fait d'être estimés et appréciés; et pourtant Jésus a dit : "Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous..." 

Comment est-il possible de trouver son bonheur dans le fait d'être pauvre, d'avoir faim, de pleurer? Cela n'est possible que dans une vie où l'amour règne.  Cette révélation est au coeur du Nouveau Testament.  La réalité du royaume de Dieu trouve sa vérité à l'intérieur de l'homme. 

Bienheureuse la part pauvre en moi, cette partie de moi qui a mauvaise allure et dont je suis si peu fier : c'est là que le royaume d'humilité peut prendre racine.

Bienheureuse la part qui pleure en moi, celle qui se laisse toucher par la souffrance des autres, celle qui compatit aux malheurs du monde : c'est là que la joie de Dieu pourra jaillir.

Bienheureuse la part persécutée en moi, celle qui fait de la résistance aux facilités du monde, celle qui refuse de se laisser embrigader dans les tromperies du faire-semblant spirituel et moral : c'est là que se construit la vérité.

Le bonheur est à ceux qui ne veulent pas être heureux tout seuls  et qui ont choisi de s'engager pour que d'autres soient plus heureux. L'évangile nous en avertit : parfois ces engagements nous attireront des ricanements, des insultes. Cela nous fera souffrir, mais ne nous atteindra pas en profondeur, car notre assurance, nous ne la tenons pas de l'approbation des humains, mais de la confiance que nous mettons en Dieu. La meilleure règle de vie, ce n'est pas de plaire aux autres, mais de les aimer.

A chacun d'entre nous de tirer les leçons de cet enseignement de Jésus. Les disciples ont su trouver le bonheur à la suite de Jésus, en écoutant son enseignement et en le mettant en pratique. Saurons-nous faire de même ?

Serge Lefebvre