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«L'accomplissement de la Parole donnée»
Homélies
Prenons une comparaison :
notre corps
forme un tout,
il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment
qu'un seul corps.
Il en est ainsi
pour le Christ.


Tous,
Juifs ou
païens,
esclaves ou
hommes libres,
nous avons été baptisés dans l'unique Esprit
pour former
un seul corps.
Tous nous avons
été désaltérés
par l'unique Esprit.



Le corps humain
se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul.


Le pied aura
beau dire :
« Je ne suis pas
la main,
donc je ne fais pas partie du corps »,
il fait toujours
partie du corps.


L'oreille aura
beau dire :
« Je ne suis
pas l'oeil,
donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps.



Si, dans le corps,
il n'y avait que
les yeux,
comment
pourrait-on
entendre ?



S'il n'y avait
que les oreilles, comment
pourrait-on sentir
les odeurs ?



Mais, dans le corps, Dieu a disposé
les différents membres comme
il l'a voulu.


S'il n'y en avait
qu'un seul,
comment cela ferait-il un corps ? 


Il y a donc
à la fois
plusieurs membres, et un seul corps. 



L'oeil ne peut pas dire à la main :
« Je n'ai pas
besoin de toi » ;
la tête ne peut pas dire aux pieds :
« Je n'ai pas
besoin de vous ».

Réflexion pour le 3e dimanche ordinaire C
L'unité des chrétiens

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 1-4; 4, 14-21

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,  tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole. C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.
Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.  Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.  Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.  On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »


Pour ses lecteurs du monde grec, saint Luc a soigné la présentation de son livre afin de mieux convaincre. Une génération entière sépare déjà Luc de l'époque de Jésus. Luc n'a pas connu Jésus, mais il a été disciple de saint Paul. Durant plusieurs décennies, les témoins oculaires de la vie de Jésus sont devenus serviteurs de la parole; ce sont eux qui ont transmis leurs souvenirs concernant les paroles et les actes de Jésus, puis les premiers pas de l'évangélisation. Non seulement les événements se sont accomplis parmi les témoins, mais ils ont été l'accomplissement de l'ancienne Alliance et des paroles mêmes de Jésus.

Ce n'est pas tant la chronologie qui intéresse Luc comme le sens et la signification des événements. Il veut montrer la compassion de Jésus à l'égard des pauvres, des humbles et des exclus de la société.  L'histoire sert à rapporter une confession de foi et un témoignage. Luc veut aider les croyants dans leur acte de foi. Dans son oeuvre, la foi tend la main à l'intelligence pour inciter tout croyant à investir dans la découverte du Christ le meilleur de lui-même, le meilleur de son coeur et de sa liberté.

Dans l'extrait d'aujourd'hui, Luc nous rappelle que le ministère de Jésus débute à la synagogue de Nazareth lors d'une liturgie du sabbat. Il entre dans la synagogue de son village. Le fils de Joseph est de retour. Comme c'est la coutume, on va lui donner la parole au cours de la célébration du Sabbat. C'est lui qui va ouvrir le livre, et faire le commentaire. Ce que Jésus va faire, ce n'est pas changer la loi. Il va lire la Parole et la faire comprendre. Puis il va dire quelque chose de révolutionnaire. Jésus dans la modeste synagogue de Nazareth affirme ouvertement, à la stupéfaction générale qu'il est le Messie annoncé dans le rouleau du prophète dont il vient de faire la lecture.  On comprend bien pourquoi tous avaient les yeux fixés sur lui.  Jésus lui-même annonce qu'il a été envoyé pour toutes catégories de personnes. Les pauvres, les prisonniers, les opprimés, sont sa priorité. Chaque personne dans la synagogue devait se demander si Jésus était venu pour lui.

Le livre de la Parole sert de rappel du passage de Jésus parmi nous et de l'action de ses premiers témoins. Il y a des gens qui nous précèdent et qui nous apprennent ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont cru. D'autres personnes, comme nous le faisons aussi ont accueilli et reçu ce qui leur a été transmis. Ils en ont accueilli le sens dans leur coeur et leur intelligence pour le transmettre à leur tour. Ils sont devenus des témoins et des propulseurs d'évangile.

N'est-ce pas ce que chacune et chacun de nous nous faisons? Témoigner. Témoigner même s'il est parfois difficile de faire entendre sa voix car les valeurs traditionnelles, les valeurs chrétiennes sont remises en question en bien des endroits, et chez beaucoup de nos contemporains. L'Église ne vivra que du témoignage d'hommes et de femmes qui ont saisi le renouveau inégalé de l'Evangile. Malgré tout, autrefois, les chrétiens et les chrétiennes se sont divisés autour d'une question de foi.  Si nous voulons réellement que l'unité des témoins se réalise un jour, il est nécessaire de nous laisser guider l'Esprit Saint. Comme Jésus s'est laissé vivre et conduire par l'Esprit Saint, nous avons, nous aussi, à nous laisser remplir de l'Esprit car il y a une priorité absolue, c'est d'annoncer aux exclus une bonne nouvelle. C'est de leur redonner une once d'espérance, les libérer de la fatalité. C'est le témoignage que nous sommes appelés à un rendre, un message centré sur Jésus-Christ jusqu'à ce qu'il vienne.

C'est aujourd'hui que nous avons besoin de faire des nouveaux pas vers l'unité de l'Église. Chez Dieu, il ne peut pas avoir de division. Gardons nos yeux fixés sur la personne de Jésus le Christ, lui qui nous a montré le seul et vrai chemin de la conversion.

Qui suis-je au fond? Ne suis-je pas parfois ce pauvre, cet aveugle, cet opprimé, ce chrétien prisonnier d'une exclusion ? Si oui, Jésus est venu pour moi, il est venu me libérer. Gardons espoir, Jésus est venu pour nous!


Serge Lefebvre