Les dons
de la grâce
sont variés,
mais c'est toujours
le même Esprit.
Les fonctions
dans l'Église
sont variées,
mais c'est toujours
le même Seigneur.
Les activités
sont variées,
mais c'est toujours
le même Dieu
qui agit en tous.
Chacun reçoit
le don de
manifester l'Esprit
en vue du bien
de tous.
A celui-ci est donné, grâce à l'Esprit,
le langage
de la sagesse
de Dieu ;
à un autre,
toujours par l'Esprit, le langage de la connaissance
de Dieu ;
un autre reçoit,
dans l'Esprit,
le don de la foi ;
un autre encore,
des pouvoirs de guérison dans l'unique Esprit ;
un autre peut faire des miracles,
un autre est un prophète,
un autre sait reconnaître
ce qui vient vraiment de l'Esprit ;
l'un reçoit
le don de dire
toutes sortes
de paroles mystérieuses,
l'autre le don de
les interpréter.
Mais celui
qui agit
en tout cela,
c'est le même et unique Esprit :
il distribue ses dons à chacun,
selon sa volonté.
Réflexion pour le 2e dimanche ordinaire C
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 1-11
Trois jours plus tard, il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples.
Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Le récit des noces de Cana rapporte-t-il un tour de magie, un fait-divers merveilleux, à vrai dire peu crédible et dépourvu d'intérêt pour nos existences difficiles ? L'apôtre Jean semble un spécialiste du langage codé... il pose des signes. Ne serions-nous pas plutôt en présence d'un fonds poétique dont le but est de nous faire découvrir ce que Jean a compris de Jésus et de son message. En parlant du troisième jour, Jean invite à mettre en lien le récit de Cana avec la résurrection de Jésus. Changer l'eau de purification en vin de noces se réalise dans la mort et la résurrection du Christ, les noces de Dieu avec l'humanité.
On s'est toujours étonné de voir Jésus s'adresser à sa mère en l'appelant femme. On y a vu la résistance de Jésus, son angoisse, au moment de naître à la vie publique, de passer du silence à la parole. Jésus s'étonne de la résonance que trouvent en lui les paroles de Marie, il répond par une question: Qu'y a-t-il entre toi et moi ? Jésus va naître à sa mission et Marie est initiatrice de ses premiers pas. Intervenant auprès des servants, elle pousse Jésus au dehors, elle le met au monde des hommes. La femme, à ce moment, devient véritablement Mère de Dieu. Le mot « femme » exprime donc un rôle, une mission en relation avec la communication de la foi ou l'agir de foi.
Mais, ce n'est pas seulement l'eau devenue vin qui provoque le questionnement. La réplique énigmatique de Jésus à sa mère, pour être la plus célèbre, n'est pas la seule notation de ce texte qui suscite l'étonnement. Qui peut donc être cet époux, tenu comme à distance mais qui mène l'action, sans qui les noces n'auraient pas lieu. Qui est-il sinon le Dieu vivant lui-même?
Et puis, on n'aperçoit pas la mariée dans cette fête! Pourtant, elle est omniprésente, cette mariée. La mariée, c'est Marie, Mère de Dieu, Mère de Jésus. C'est le visage de l'Église. La mariée c'est aussi les disciples, tous ces hommes et femmes amenés à vivre le compagnonnage avec Jésus, à vivre cette proximité. La mariée, c'est aussi le maître du repas, celui qui est à la première place, celui qui goûte le vin, celui qui apprécie. La mariée, c'est aussi les serviteurs. Ce sont les petits, les humbles, ce sont ceux qui n'ont pas forcément part à la noce, ce sont ceux qui sont là seulement pour servir. Les serviteurs ce sont ceux à qui l'on ne fait pas attention, qui vont puiser l'eau, qui amènent les jarres, et qui amènent le vin à table. Ce sont ceux qui sont au service. La mariée, ce sont tous les invités, ce sont tous les gens de la noce, ce sont tous ces gens connus ou inconnus qui sont aux noces de Cana et dont l'évangile ne dit plus rien, sauf que c'est une noce, et qu'ils sont là au coeur même d'un mystère qui les dépasse.
Les noces de Cana représentent l'aboutissement de la symbolique biblique de l'Alliance nuptiale entre Dieu et son peuple Les noces ont un lien avec une révélation sur l'identité de Jésus. Jésus se manifeste comme l'Époux de notre humanité. Il est celui qui vient accomplir des noces, il est celui qui vient célébrer un mariage, son mariage avec l'Église. Il vient vivre profondément le désir d'un Dieu qui veut être en communion avec notre terre, avec notre humanité. C'est là le sens de cette célébration : un Dieu qui se fait vraiment proche. Nous l'avons fêté à Noël, et c'est cette proximité-là que Jésus nous manifeste aujourd'hui.
Où est la mariée ? Elle est ici ! Elle est en chacune de nos vies quelle qu'elles soient, quel que soit notre état, quelle que soit notre condition. Où est la mariée ? Elle est dans notre communauté, dans notre église.
Le récit de Cana nous parle du désir de Jésus de se manifester dans notre vie, du désir qu'il a d'être proche de nous. Personne n'est exclus du Royaume de Dieu.
Serge Lefebvre