Homélies... «Un nouveau monde»
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Réflexion pour le 33e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 20, 27-38

Certains parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »  Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche.' Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.  Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.  Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage. Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.  C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.



L'Évangile d’aujourd’hui nous parle de destruction, de guerres, de soulèvements, de tempêtes, d'épidémies, de famine. De tous les temps, il y a eu des catastrophes. La fin du monde est-elle proche? Il y a des guerres qui n’en finissent plus en Afghanistan et en Irak, des guerres en Palestine, au Darfour, au Soudan, dans tant d’endroits du monde. Cela ne peut pas faire autrement que de nous inquiéter. La fin du monde n’est peut-être pas plus proche qu’au temps de Jésus, mais cela ne veut pas dire de rester de glace devant les malheurs qui frappent l’humanité.

Dans le malheur, des faux prophètes  peuvent annoncer la fin du monde, entretenir un climat de peur ou de culpabilité. Ils peuvent proposer des solutions miracles ou des faux paradis, comme se réfugier dans le matériel ou dans un prétendu voyage astral. La société actuelle excelle dans la production de confort, de richesses, de technologies et d'innombrables produits de consommation, mais elle est incapable de nous procurer paix, joie et satisfaction profonde. Ceci n’est qu’une évasion, une fuite qui ne peut mener qu’à un cul-de-sac. Ce qu’il faut recherche, c’est le sens profond de notre vie. Ce sens, nous ne pouvons le trouver qu’à travers une démarche libre de toute contrainte. Une démarche personnelle soutenue par de véritables témoins.

Dieu nous parle à travers les événements de la vie, à travers les clins d’œil de Dieu, de l’Esprit Saint. Dieu est présent dans notre monde. Il habite notre monde. Sommes-nous capables de lire les signes de sa présence et de découvrir ce qu'Il veut nous dire. Sommes-nous encore capables de nous arrêter, de réfléchir, de faire silence?

Le règne de Dieu est déjà en train de se réaliser. Nous sommes  dans le temps d'une longue naissance. C'est pourquoi l'Évangile de ce dimanche nous rappelle que c’est par notre persévérance que nous obtiendrions la vie. Jésus nous invite à le suivre, de persévérer, de continuer d'espérer et de marcher dans ses pas tout en étant conscients de nos pauvretés.

Nous devons être des instruments de paix et chercher des moyens de combattre les guerres. Nous devons oser nous exprimer, dire quelles sont nos valeurs profondes. Nous devons travailler à la justice sociale. Nos devons être des signes d’espérance du Royaume de Dieu en train de se réaliser.

Reprenant les mots de saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens, Jésus est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Nous en voyons les signes avant-coureurs autour de nous et les ressentons en nous. Chaque jour, des milliers d'initiatives empreintes d'humanité sont prises, des milliers de personnes quittent un travail ennuyeux pour se lancer dans des projets stimulants, des milliers de gens consomment mieux et moins, des milliers d'idées lumineuses sont émises et écoutées et de plus en plus de personnes conscientes unissent leurs efforts pour bâtir de nouvelles structures humanisantes.

Chacun d'entre nous, à sa façon, représente un germe du monde nouveau. Que faisons-nous de ce potentiel ? Choisissons-nous le rôle de victime impuissante ou celui de créateur ? Oserons-nous?



Serge Lefebvre