Homélies... «La Toussaint»
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Réflexion pour le 31e dimanche du temps ordinaire  B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 1- 12

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux!»


Apocalypse 7, 2-14

Moi, Jean, j'ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d'une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël. Après cela, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d'une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen!» L'un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C'est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau. »


C’était  hier soir Halloween. En fait, que signifie ce mot ? « Hallow » signifie « sanctifier ». Les « hallowed » sont donc ceux qui ont été «sanctifiés », et « even » c’est la veille. En vieil anglais celtique, Halloween est donc la veille de la Toussaint. Avouons que le sens de cette fête est bien perdu! Pourtant, l’usage d’aller, le 1er novembre, visiter et fleurir les tombes s’est perpétué dans plusieurs pays d’occident  jusqu’à maintenant, en dehors même de toute croyance catholique. Un usage, qui a pris un caractère plus social que religieux. Les cimetières connaissent une affluence. Beaucoup se remémorent quelques vieux souvenirs de réunions de famille. C’est la vie qui revient dans ces lieux habités par les morts.

L'intervention finale de Dieu dans l'histoire du monde est présentée dans l'Apocalypse sous forme imagée. Sur terre, un ange de Dieu, retient le bras des anges exterminateurs pour que 144000 serviteurs de Dieu puissent être marqués d'un signe de protection. À l’époque de la rédaction, cela signifie simplement une foule innombrable. Les épreuves sur terre sont terminées. Les vêtements blancs indiquent la condition de ressuscités.

La Toussaint ne tire pas son fondement des textes bibliques, comme le font la plus part des grandes fêtes liturgiques, mais elle  témoigne de l’espérance chrétienne devant la mort. Elle atteste qu’à la fin de notre existence terrestre, la vie n’est pas détruite, elle est transformée. C’est la fête de la vie éternelle, la fête du Ciel. Nous allons tous ressusciter un jour  et serons associés à sa résurrection de Jésus. La Toussaint c’est la fête joyeuse de notre entrée dans le mystère de Dieu. C’est demain, le 2 novembre, que les morts sont commémorés.

En célébrant la Toussaint, l'Église nous redit que nous sommes tous appelés à la sainteté. La deuxième lecture souligne que nous sommes encore en chemin vers cette sainteté. Par la foi nous entrons en communication avec Dieu, nous lui ressemblons davantage, il déteint sur nous.  Plus nous lui ressemblons, plus nous progressons dans notre comportement personnel et social. Les saints, ce sont des hommes et des femmes qui s'efforcent au jour le jour, et en tout, d'être fidèles à l'amour de Dieu et du prochain. Être saint, c’est mettre de l’amour dans toute sa vie, c’est donner sa vie, la donner totalement pour le service des autres. Dieu est don. Dieu se donne tout entier, il ne garde rien pour lui.

Dans l’extrait bien connu de l’Évangile, Jésus est au sommet d'une montagne, donc proche de Dieu, et  il énonce la Loi nouvelle du Royaume de Dieu. Cette loi n'est pas d'abord un ensemble d'obligations mais un message de bonheur. Les Béatitudes sont une invitation à réussir notre vie sous la conduite de Dieu et à vivre heureux sous son regard. L’Évangile des Béatitudes nous montre que participer à la sainteté de Dieu doit nous combler de bonheur, nous rendre bienheureux, non seulement après notre mort mais dès maintenant. Être pauvre, c'est pouvoir s'ouvrir à une autre richesse, celle de Dieu qui nous est offerte. Et la richesse de Dieu prend de nombreux visages: la douceur, la miséricorde, la pureté, la paix, même le visage des larmes, de la faim et de la persécution. La richesse de Dieu, nous la trouvons dans une autre douceur qui est la force d'une promesse, une autre façon d'aimer qui nous rend pénétrables à l'amour de Dieu, une autre façon de voir le monde qui le rend transparent à Dieu, une autre façon de répandre la paix qui nous fait devenir enfants de Dieu donc frères de tous, une autre façon de pleurer qui est une consolation, une autre façon d'avoir faim qui nous comble, une autre façon de subir l'injustice qui est un comble d'honneur et de vérité. Tout ce que nous vivons, le négatif comme le positif, prend un sens nouveau.

Jésus ne dit pas « Bienheureux, vous qui êtes mes disciples », ou « Bienheureux, vous qui appartenez à tel groupe ».  Il proclame bienheureux tous ceux qui ont un cœur de pauvre, qui ne sont pas repliés sur eux mêmes et sur leurs prétendues richesses, tous ceux qui sont doux et miséricordieux, qui savent pleurer sur la souffrance des autres, qui ont soif de justice et qui sont des artisans de paix, même s’ils sont persécutés pour adopter une telle attitude ouverte à tous.

Les saints et les saintes, sont nos frères et sœurs en humanité avec leurs défauts et leurs qualités. Ce ne sont pas des anges, mais ce sont des personnes qui ont fait progresser l'humanité vers plus de vie. C'est par le témoignage de notre foi, que nous pouvons devenir, à notre tour, des signes visibles de la présence de Jésus ressuscité. Le seul témoignage qui importe, c’est croire, croire jusqu’à en être heureux.




Serge Lefebvre
1 Jean 3, 1-3




Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés :

il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu

- et nous le sommes.




Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.









Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement.





Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.








Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.