Homélies... «La justice»
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Réflexion pour le 29e dimanche ordinaire C

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 1-8


Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.  Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire.'  Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.' »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice !  Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ?  Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »




Dantès prisonnier dans sa cellule vit avec un battement de cœur joyeux que le plâtre des murs se détachait par fragments ; ces fragments étaient presque des atomes, c'est vrai ; mais au bout d'une demi-heure, cependant, Dantès en avait détaché une poignée à peu près. Un mathématicien eût pu calculer qu'avec deux années à peu près de ce travail, en supposant qu'on ne rencontrât point le roc, on pouvait se creuser un passage de deux pieds carrés et de vingt pieds de profondeur.

Le prisonnier se reprocha alors de ne pas avoir employé à ce travail ces longues heures successivement écoulées, toujours plus lentes, et qu'il avait perdues dans l’espérance, dans la prière et dans le désespoir. Depuis six ans à peu près qu'il était enfermé dans ce cachot, quel travail, si lent qu'il fût, n'eût-il pas achevé !

Nous pourrions avoir l’impression, à prime abord, que la prière est une occasion facile pour demander à Dieu de nous donner tout ce dont nous rêvons! Il suffit de frapper, et si la réponse ne vient pas, frapper plus fort, et Dieu semble se rendre à notre volonté. Cependant, la vraie prière tend à nous mettre au service de Dieu et non l’inverse. Une vraie prière fait preuve de persévérance et de discernement  dans nos cris vers notre Dieu. La vraie prière est greffée à la foi. Faisons donc preuve de discernement pour reconnaître que certains de vos rêves ne sont que des contes, des châteaux de cartes qui reposent sur des illusions ou des leurres.


Plein d’événements qui surviennent dans le monde et dans nos propres vies ne sont pas heureux : la guerre en Irak et en Afghanistan avec leurs victimes civiles et militaires, les catastrophes naturelles,  un cancer qui est dépisté. La prière, peu à peu, permet de lire de tels événements en leur donnant un sens d’espérance.

La parole de Jésus nous aide  à avoir de la patience et prier sans cesse. Jésus a fait se lever une lumière nouvelle, celle de l’espérance.  Pour vivre dans un monde meilleur, il faut aussi y travailler et la solidarité chrétienne prend tout son sens dans la Bonne Nouvelle. Ceci se traduit par des projets à taille humaine qui favorisent la maîtrise par l'homme, même le plus démuni, de sa propre destinée; des projets d'éducation et de développement où chacun peut s'épanouir et envisager un avenir plus autonome.

Il nous appartient de nous réapproprier nos rêves de justice. Ne laissons pas nos rêves dans les mains de ceux qui les disqualifient ou les banalisent. Reprenons-les, pour les porter plus haut, plus loin, pour les nourrir encore d’espérance. L’espérance naît souvent de la souffrance. La souffrance d'avoir perdu une mère, un père, une fille, un fils, une sœur ou un frère. La souffrance de regarder tous ceux qui sont victimes de la convoitise.

La mission confiée par Jésus demeure actuelle dans un monde que paraît si souvent ravagé par la solitude, l'individualisme. Nous devons découvrir ensemble des raisons d’espérer et les faire connaître. Nous sommes libres d’adhérer à cette mission. Nous sommes libres de nous nourrir dans la prière et le partage.




Serge Lefebvre