Homélies... «Le vent souffle où il veut »
Accueil  Homélies
Réflexion pour le 26e dimanche du temps ordinaire  B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 38-48

Jean, l'un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas de ceux qui nous suivent. »  Jésus répondit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;  celui qui n'est pas contre nous est pour nous.  Et celui qui vous donnera un verre d'eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
Celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu'on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu'on le jette à la mer. Et si ta main t'entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s'éteint pas.  Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.  Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,  là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.



Livre des Nombres Nb 11, 25-29

Le Seigneur descendit dans la nuée pour s'entretenir avec Moïse. Il prit une part de l'esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les soixante-dix anciens du peuple. Dès que l'esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas. Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l'un s'appelait Eldad, et l'autre Médad. L'esprit reposa sur eux ; bien que n'étant pas venus à la tente de la Rencontre, ils comptaient parmi les anciens qui avaient été choisis, et c'est dans le camp qu'ils se mirent à prophétiser. Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! »Josué, fils de Noun, serviteur de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! »Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »




Dans la lecture du livre des Nombres, Dieu donne son Esprit aux soixante-dix anciens. Deux anciens, Eldad et Médad, absents à cette occasion, se mirent eux aussi à prophétiser ce qui souleva la contestation. Josué, le successeur de Moïse, est rappelé à l’ordre en condamnant sa mauvaise foi. À la racine du comportement de Josué, il y a envie et jalousie. Envier quelqu’un, c’est d’abord s’attrister d’un bien que l’on voit chez l’autre, et par conséquent essayer de faire taire, d’empêcher, pour garder le monopole du bien. Empêcher l’autre d’exister, le bloquer.

Jacques, adresse un avertissement sévère aux propriétaires riches qui exploitent leurs ouvriers, qui ne pensent qu'au profit matériel, sans se soucier des autres, et encore moins de l'approche de la fin des temps et du jugement dernier. Jacques condamne lui aussi la mauvaise foi. Son texte s'inscrit dans une conjoncture économique et sociale qui creusait le fossé entre les différentes couches de la population. Ceci n'est pas compatible avec un agir authentiquement chrétien. L’activité économique doit être exercée dans le cadre de l’ordre moral, dans le respect de la justice sociale, en sorte qu’elle réponde au dessein de Dieu sur l’homme.

Marc rapporte les paroles de Jésus dans lesquelles il demande de ne pas nuire au cheminement des nos prochains. Ces propos de Jésus visent les pharisiens qui ferment leur cœur et leurs yeux aux manifestations de l'Esprit. Jésus condamne à son tour la mauvaise foi. La frontière de l’authenticité de ceux qui suivent Jésus passe par le plus intime du cœur de chacun. L’Évangile d’aujourd’hui nous invite à faire les bons choix. Des choix fondamentaux s’imposent dans notre existence, et ils sont parfois douloureux à faire. Nous aurions presque toujours tendance à choisir ce qui en apparence nous rend heureux : la richesse, avec tout ce que cela implique pour y parvenir, la reconnaissance et le pouvoir, qui peuvent avoir de multiples visages. Jésus nous propose, non des apparences, mais bien la réalisation d’un véritable épanouissement de notre être.

Il y a des attitudes chrétiennes vraies en-dehors de nos Églises, de nos institutions, de nos communautés. Chez les musulmans, les bouddhistes, les athées. Il faut se laisser déranger, bousculer par l'Esprit de Dieu : le recevoir sans résistance quand il appelle à partager une tâche dans l'Église, accepter sa lumière quand il nous montre où sont les vraies vertus, souffrir sa violence quand il invite à témoigner de la sainteté de Dieu.


L’Esprit  souffle où il veut. Il anime tous les hommes et femmes de bonne volonté. L'Esprit Saint souffle où il veut ; il n'est lié par aucun rite et il agit en dehors de nos structures. Tous ceux qui, aujourd’hui, sont capables de « donner un verre d’eau » aux pauvres et aux petits de notre terre. Ils sont nombreux. Sachons les reconnaître. Les lectures d’aujourd’hui sont aussi une invitation, pour notre propre liberté, à bien faire dans nos vies, à choisir les options fondamentales.



Serge Lefebvre
Lettre de saint Jacques 5, 1-6



Écoutez-moi, vous, les gens riches !



Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent.



Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés.



Cette rouille vous accusera, elle dévorera vos chairs comme un feu.



Vous avez amassé de l'argent, alors que nous sommes dans les derniers temps !



Des travailleurs ont moissonné vos terres, et vous ne les avez pas payés ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivées aux oreilles du Seigneur de l'univers.



Vous avez recherché sur terre le plaisir et le luxe, et vous avez fait bombance pendant qu'on massacrait des gens.




Vous avez condamné le juste et vous l'avez tué, sans qu'il vous résiste.