Réflexion pour le 8e dimanche ordinaire B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2, 18-22
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l'Époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d'étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement la fermentation fait éclater les outres, et l'on perd à la fois le vin et les outres. A vin nouveau, outres neuves. »
Dans certains milieux juifs, le jeûne était devenu un moyen très efficace pour préparer les coeurs à la rencontre de Dieu. Jean Baptiste lui-même a redonné au jeûne une nouvelle noblesse. Il se nourrit de peu, il est très austère. C'est pourquoi la controverse survient: «Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens?»
La question demeure d’actualité dans de nombreux pays. Par exemple, le mois de Ramadan où il faut jeûner entre le lever et le coucher du soleil est doublement sacré dans la grande majorité des pays musulmans. Il l’est par rapport à Dieu, et envers la société dans son ensemble, comme le veut la loi qui impose le mode de vie dominant.
Pour nous catholiques du Québec, le jeûne est désormais plutôt absent dans notre Église locale. Mais, le jeune c’est plus que l’abstinence de nourriture, c’est se rapprocher de Dieu, c'est faire communion avec Dieu. C’est ce que Jésus rappelle à ses interlocuteurs. Le refus du jeûne par Jésus, son opposition constante aux dirigeants, ses jugements tranchants face aux institutions du temps témoignent de l'intensité de son expérience de Dieu. Jésus ne peut envisager qu'une transformation radicale des choses. Il prend la défense de ses disciples en faisant valoir leur motivation pour ne pas jeûner. Ils sont en présence de l'Époux et qui aurait le goût de jeûner quand il participe à la célébration d'une fête?
Dans l'Ancien Testament, on comparait souvent l'alliance de Dieu avec son peuple à des épousailles. Dieu c'est l'Époux d'Israël. Les noces sont donc une belle image de la relation que Dieu veut nourrir avec son peuple. Au-delà du choc que Jésus a causé par sa provocation, il nous appelle, encore aujourd'hui, à comprendre qu'avec lui, les temps nouveaux sont arrivés. Et, qu'à cause de cela, quelque chose de neuf est survenu. Il fait se déchirer les anciens vêtements. Le rapiéçage ne suffit plus. Les vieilles outres vont éclater, il en faut des neuves. Nous sommes conviés aux noces.
Notre Église est communauté des temps nouveaux. C’est là notre identité profonde.
Sommes-nous en cohérence avec cette nouvelle manière d’être et de vivre ?
Sommes-nous façonnés par l’accueil de cette ère nouvelle ?
Quelle place occupent les jeunes dans nos préoccupations?
Quel temps accordons-nous aux jeunes?
Quelle place leur laissons-nous dans la société et dans l'Église?
Quelle part des richesses investissons-nous pour la promotion de la vie, pour l'éducation, pour la croissance?
Sommes-nous vraiment prêts à laisser fermenter le vin nouveau...
C’est aujourd’hui que nous sommes invités à la noce. C’est aujourd’hui que nous sommes appelés à inventer notre vie aux couleurs de l’Évangile. C’est aujourd’hui que nous avons à semer la graine de la Bonne Nouvelle dans les champs souterrains de notre existence.
Le banquet est prêt. C'est à nous, les apôtres et les disciples d'aujourd'hui, d'annoncer la joie, de faire connaître l'invitation, de rassembler tous les convives et de se réjouir, de faire communion.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources