Homélies...                                « Un choix d'amour: tout quitter»
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Réflexion pour le 28e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 17-20

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : «Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »  Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »  L'homme répondit : «Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »  Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu.  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : «Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,  sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, soeurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.



C'est la suite de la lecture de la semaine dernière qui nous appelait à recevoir le royaume de Dieu comme enfant, d'en faire la chose la plus importante, et ne vivre que pour cela. Ce n'est pas chose facile. Par exemple, de tout temps, la richesse a été vue un couteau à deux tranchants et non pas comme un remède à tous les maux.  Comme la richesse peut être un outil pour nous approcher de Dieu, elle peut devenir un obstacle à notre avancement.  Il faut à tous un minimum vital et la misère dont nous sommes témoins actuellement en divers endroits de la terre n'est certainement pas selon la volonté de Dieu.  Les déséquilibres sont l'oeuvre des hommes non celle de Dieu. 

Selon un écrivain romain d’il y a plus de 2000 ans :
L'acquisition des richesses est un changement de misères, ce n'en est pas la fin. Ce fait n'est pas dû à la possession de richesses, mais au possesseur. Le même esprit qui rendait la pauvreté pénible à cet individu, lui rend les richesses malheureuses. Qu'importe donc au malade que nous le placions sur un lit de bois ou sur un lit d'or ? Partout où nous le transportons, il emmène son mal avec lui. Il en est ainsi de l'âme; une fois malade, que nous la placions au sein des richesses, ou au milieu de la misère, son mal la suit partout.

Dans la même veine, tout quitter, partir loin, très loin, pour tout recommencer à zéro, c'est souvent ce que nous pensons faire, surtout au début d’une crise. Parfois, nous souhaitons tout effacer, fuir un présent trop douloureux. Notre envie de recommencer à vivre ne doit pas être dictée par l'envie de fuir. Tout quitter ne sert à rien, quand nous partons avec nous-mêmes, avec nos ennuis. Tout quitter pour recommencer une autre vie, c'est possible, mais pas tant que nous avons un problème au creux de nous. Tout quitter, cela ne servira à rien, où que nous soyons, nous aurons à affronter les mêmes choses. C’est peut-être cela l’histoire de ce jeune homme riche qui se cherche.

Au riche, il incombe le devoir du partage.  Le luxe, le superflu, sont des injustices pour les pauvres.  En venant sur la terre, Jésus a choisi de vivre dans un état de pauvreté, non dans un état de misère. Il n'y a pas que l'argent à partager.  Le sourire, une manière positive d'envisager la vie, la chance d'avoir pu cultiver tel ou tel talent, ...  Jésus nous demande de partager ces grandes richesses morales avant de partager nos biens matériels.  St-François d'Assise s'est dépouillé de tout, même de ses vêtements...  et ce fut un homme plus heureux. Les disciples ont tout quitté pour suivre Jésus. Ils se sont dépouillés de leurs richesses, c’est-à-dire leurs amis, leurs familles, mais ils ont été heureux. Pour vivre selon l'Évangile, il nous faut un coeur d'enfant et un coeur de pauvre, ce qui est semblable. 

Seriez- vous prêts à tout quitter pour vivre avec la personne que vous aimez?
Seriez-vous prêts à déménager, changer de travail ou de ville?
Seriez-vous prêts à renoncer à une certaine réussite professionnelle? 


Jésus sait que c'est difficile. Posant alors son regard sur le jeune homme riche qui cherchait véritablement, Jésus se mit à l'aimer. Jésus nous aime. Alors, que sommes-nous prêts à abandonner de nos vies et qui nous rend malades, pour suivre Jésus?


Serge Lefebvre
d'après diverses sources