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Réflexion pour le 23e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 31-37

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.  On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.  Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : «Ouvre-toi ! »  Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.  Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets.»


La région de Tyr au sud Liban a fait l’actualité lors des dernières hostilités au Proche-Orient. Jésus quitte cette région pour se diriger vers le lac de Galilée, au nord d’Israël. En chemin, Jésus guérit un sourd-muet. On pourrait dire qu’il ouvre les yeux et les oreilles de tous ceux qui, symboliquement, refusent de s’ouvrir à ceux et celles qui sont à côté de nous et qui sont différents de nous.

L’un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés, en particulier à la lumière des événements récents, est la guérison des relations entre les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. L’injustice, les souffrances et l’escalade de la violence se perpétuent en Israël/Palestine. Ce que nous entendons le plus souvent de la part des victimes est leur impression d'être exclues, d’être  reléguées au rang des simples spectateurs, de tierces parties, devant des situations qui ont changé leurs vies, souvent de façon tragique, et pour toujours. De fragiles signes d’espoir ont réapparu. Prions pour que cet espoir se concrétise – pour les Palestiniens qui subissent quotidiennement l’occupation, la domination et les humiliations, et pour les Israéliens qui vivent dans la crainte continuelle des attentats-suicides. Nos prières doivent aussi accompagner les Églises de Terre Sainte qui continuent, au milieu des violences et de la haine, à prêcher la parole de guérison de l’Évangile et à contribuer dans la mesure de leurs moyens à la promotion de la paix.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, la puissance de guérison de Dieu n’est certainement pas un pouvoir dominateur. L’Évangile propose une nouvelle relation entre les humains. Ce ne sont pas ceux qui sont différents qui ont besoin de guérison, ce sont plutôt ceux qui refusent de les accueillir, de les faire vivre, de faire leur bonheur. Comme chrétiens, nous devons parler de liberté et donner le goût de Dieu et de l'Évangile. Mais pour bien parler, il faut d’abord savoir écouter, entendre les grandeurs et les misères de notre temps. Il faut entendre les espérances, les recherches, les appels à la vie. Notre vie de chrétien doit manifester le souci de l’autre qui était celui de Jésus, jusqu’à la mort.

La puissance de guérison de Dieu n’est pas un pouvoir dominateur. La puissance de l’Église ne doit pas être dominatrice. L’Église doit dépasser le modèle de christianisme néo-conservateur qui cherche à s’affirmer en ce début du troisième millénaire. Elle doit devenir véritablement une Église de communion, où dialogue et communication, unité et diversité ont leur place.  L’Église a besoin d’une attitude de dialogue et d’écoute grâce à laquelle elle trouvera la vérité en son sein et dans ses échanges avec les Églises chrétiennes, les autres religions et la société en général.

Nous avons tous besoin d’être guéris.

Je prie Dieu, afin de le remercier pour tout ce qui m’a été donné.
Le remercier pour le don de la vie.
Le remercier pour ma conjointe et mes enfants.
Le remercier pour les aliments, les vêtements, mon habitation.
Le remercier pour son Évangile.
Le remercier pour tous ceux qui nous aident et nous aiment.
Le remercier pour les épreuves qui nous sont envoyées
Le remercier pour toutes les leçons que la vie me donne.

Je prie Dieu, pour moi, qui ai besoin de guérison.
Pour la société qui a besoin de guérison.
Pour le Moyen-Orient qui a besoin de guérison
Pour la Terre qui a besoin de guérison.
Pour mon Église qui a besoin de guérison



Serge Lefebvre
d'après diverses sources