Homélies...                                         «Le donneur d'amour»
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Réflexion pour le 20e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 51-58


« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » 

Les Juifs discutaient entre eux :  « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Jésus leur dit alors :  « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »



Au plus profond de l'être humain, il y a un désir d'aimer et d'être aimé. Nos relations humaines sont marquées par ce désir d'une relation vraie et profonde. Quand nous avons trouvé la personne qui correspond vraiment à nos aspirations, à nos soifs de communion, nous cherchons à faire grandir cette relation si importante car une relation d'amour a besoin d'être nourrie. Il y a tant de choses à faire pour permettre à l'amour de grandir : un geste de générosité, une oreille attentive, une attitude de compassion, une visite amicale, un bon repas partagé, un mot d'encouragement, une simple carte de souhait.

De même, il est possible de nourrir une relation intime et profonde avec Dieu. Losqu’il est reçu dans la foi, le pain de l'eucharistie nous permet de combler cette faim d'amour et de communion qu'il y a en nous. À travers un geste qui peut nous sembler anodin, voire inutile, il y a cette expérience vécue en Église qui nous permet de nourrir l'amitié entre nous et Dieu.

C'est vrai que dans la vie, il y a plein de gestes qui nous semblent inutiles, c'est-à-dire inefficaces. À quoi peut bien servir, par exemple, le cadeau d'une rose à un être aimé. On sait bien que cette rose va faner dans quelques jours. Certains diront : «C'est de l'argent jeté à l’eau». C'est vrai, mais ce geste n'est-il pas capable d'enrichir la relation qu'il y a entre deux personnes. Pourquoi allumer une chandelle à l'occasion d'un repas festif, alors qu'il y a plein de lumière électrique dans nos maisons? C'est tout simplement pour créer une ambiance qui favorise le rapprochement des êtres, pour créer une atmosphère d'intimité. C'est ainsi que dans la vie, nous posons mille gestes sans valeurs utilitaires, mais qui sont vraiment nécessaires à la qualité de nos relations humaines. On pourrait parler de gestes inutiles, mais indispensables.

Recevoir le pain de vie, c'est participer à un geste communautaire, un geste d'Église qui exprime le désir de chacun de vivre une relation vraie et significative avec Dieu. Il est la possibilité de manifester son désir d'une conversion véritable en se laissant transformer au plus profond de son être. Participer à l'eucharistie, c'est se laisser transformer pour ressembler davantage à Jésus.

À la suite de Jésus, nous pouvons changer le monde par des gestes d’amour. La vie éternelle ne vient pas d’une communion machinale. Nous allons tous mourir à cette vie terrestre.

Qu’allons nous laisser derrière nous lorsque nous partirons ?
Des regrets, des... j'aurais dû.  Des... si j'avais su.

A quoi serviront tous ces regrets ?

Ne sera-t-il pas mieux de partir en faisant le bilan des sourires, des caresses, des gestes d’amour ou d’amitié, des mots d'amour, des amis qui ont traversé nos vies, des amis que nous avons aidé à vivre?

Jésus nous dit de nous ouvrir aux autres et de devenir un donneur et non pas un demandeur d'amour. Où en sommes-nous comme donneur d'amour?



Serge Lefebvre
d'après diverses sources