Réflexion pour le 5e dimanche ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu5, 13-16
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.
La symbolique du sel remonte très loin dans l'histoire de l'humanité. Il est gage d'hospitalité et d'amitié. L'importance du sel et de la lumière demeure très vive dans notre monde technologique. Voici un exemple.
Grâce à des épinards, des chercheurs américains ont réussi à utiliser la photosynthèse pour créer un dispositif qui pourra, un jour peut-être, alimenter en énergie les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et d'autres équipements électroniques. La photosynthèse, c'est le processus qui permet aux plantes d'utiliser la lumière solaire comme source d'énergie. Le photosynthèse exige de l'eau et du sel.
Dans la religion chrétienne, le sel évoque le rôle même de Jésus ressuscité, vainqueur de la mort. Quand Jésus dit « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde », c'est un peu comme si Dieu nous disait : vous voyez, moi, je suis ici au ciel, ce n'est que par vous que je peux vivre sur terre. C'est par vous, avec l'aide de l'Esprit, que le monde me connaîtra, que le monde m'aimera. Et c'est pourquoi tout simplement vous devez être le sel de la terre et la lumière du monde. La foi est cet ingrédient qui donne un tout autre goût à la vie, un goût merveilleux puisqu'il est celui du bonheur. Mais... est-ce si vrai que cela : la foi nous donne-t-elle vraiment le bonheur? Sommes nous signes et témoins de notre foi, dans nos gestes, nos actes et nos paroles ?
Un homme écrivait un jour dans son journal intime, un événement qui lui semblait bien extraordinaire : « aujourd'hui je suis allé à l'église et je n'ai pas été déprimé. C'est vrai, je croirais plus facilement en ce Dieu d'Amour et de Bonté si tous ces gens qui se prétendent croyants n'étaient pas habillés en couleur de tristesse et n'avaient pas des têtes et des comportements de croque-morts ».
Ces phrases sont trop souvent criantes de vérité. Nous sommes signes de Dieu, signes de Jésus lorsque nous faisons transparaître cette lumière qui nous habite plutôt que la pénombre de nos inquiétudes et questions. La foi est avant tout confiance en une vie qui va au-delà de notre vie, et une espérance que le bonheur est déjà à vivre sur cette terre.
Dieu attend de nous que par notre bonheur de vivre, par notre épanouissement, notre manière d'être nous donnions aux autres le goût et le désir de croire en ce Dieu qui nous accompagne sur nos chemins même s'il nous semble parfois bien silencieux. Si la foi éclaire nos routes, elle doit également éclairer celles des autres. La multitude des lampes que nous sommes doit éclairer le monde dans lequel nous vivons. Être lumière du monde, c'est accepter d'être des diffuseurs de joie.
C'est au fil des jours que nous devons être sel et lumière. Être lumière du monde et sel de la terre, c'est le devenir dans ma vie de tous les jours. Être sel et lumière en ce monde n'est pas chose facile. Suis-je une lumière qui montre le chemin de la justice? Serge Lefebvre d'après diverses sources |