Réflexion pour le 4e dimanche ordinaire A

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.  Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

Le « Sermon sur la Montagne » a-t-il encore une certaine prise dans la société d'aujourd'hui ? Est-il crédible? Un éditorialiste s'interrogeait sur le bonheur. Le bonheur, c'est demain, mais un demain individuel et matérialiste, écrivait-il. Le bonheur, c'est quand j'aurai une promotion, quand je pourrai m'acheter ceci ou cela, quand je prendrai ma retraite à 55 ans. Le bonheur, de nos jours, réside dans cette capacité à toujours évacuer le passé, à refuser le présent, pour vivre le mirage du demain.

Est-ce bien cela le bonheur annoncé par l'Évangile? L'Église n'a jamais cessé de réfléchir sur les béatitudes. Elle y a toujours vu le trésor dans lequel elle ne cesse de puiser. C'est pour nous ramener à l'essentiel que Jésus nous dit: Heureux, Heureux, Heureux! Ce qui est frappant, c'est que le bonheur annoncé est pour l'immédiat et qu'il n'y a pas de différence entre liberté et béatitude.

Les pauvres, dont nous parle les béatitudes, nous rappellent que la pauvreté du coeur nous dispose à mieux accueillir le royaume de Dieu, à quitter nos prétentions pour recevoir le don de Dieu. En nous regardant aujourd'hui, Jésus nous dit que tout ce que nous avons reçu de Dieu est pour que nous soyons heureux. Il faut que des hommes et des femmes de bonne volonté continuent à se dépenser pour que "l'autre" voit la lumière au bout du tunnel, pour que l'autre ait sa place au soleil, car notre monde  vit toujours dans la violence et dans le non-respect des droits des personnes. Le royaume de Dieu n'a pas encore été établi sur la terre, il est encore à venir. Dans un autre sens, il est déjà venu: «Le royaume de Dieu est parmi vous» et il est «en vous». Le royaume est là où Christ règne, donc dans chaque véritable chrétien, dans chaque église qui se réclame de son nom.

On peut dire: le royaume de Dieu est venu, il vient, et il est encore à venir. N'idéalisons pas la vie, ni le passé. Autrefois, on perdait un enfant sur deux dans la première année. Les enfants mouraient dans la diarrhée, les femmes dans le sang, et les hommes mouraient plus tard, généralement dans le pus. Seuls 2% de la population atteignaient notre espérance de vie. La grande majorité vivait dans le malheur constant, dans la souffrance immédiate. Si nous souffrons physiquement, si nous avons faim, si nous ne sommes dans le deuil, nous ne sommes  pas heureux. Mais...

Deux hommes, tous les deux sérieusement malades, occupent la même chambre d'hôpital. Un des deux hommes devait s'asseoir dans son lit une heure chaque après-midi pour aider son sang à circuler dans ses jambes. Son lit était à côté de l'unique fenêtre de la chambre. L'autre homme devait passer tout son temps allongé dans son lit. Les deux hommes discutaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs femmes, de leurs familles, de leurs maisons, de leurs lieux de travail, de leurs services militaires et du lieu de leurs dernières vacances. Chaque après-midi, lorsque l'homme dans le lit à côté de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait son temps à décrire à son ami toutes les choses qu'il voyait à travers la fenêtre. L'homme de l'autre lit commençait à vivre pour l'heure où il pouvait savoir ce qu'il se passait dans le monde extérieur. Par la fenêtre, on pouvait voir un parc et un joli lac. Des canards et des oies jouaient sur l'eau pendant que des enfants faisaient naviguer leurs bateaux miniatures. Des couples marchaient en se tenant la main en admirant des fleurs de toutes les couleurs et la vue des buildings de la ville. Alors que l'homme à côté de la fenêtre décrivait avec une extrême précision le paysage, le second homme fermait les yeux et imaginait ce paysage.

Par une belle après-midi, l'homme à côté de la fenêtre décrivit une parade que passait par là. Même si l'autre homme n'entendait pas de musique, il pouvait " voir ". Des semaines passèrent.

Un jour, l'infirmière du jour venait leur faire prendre un bain, elle trouva le corps sans vie de l'homme proche de la fenêtre. Elle appela le chef du service pour qu'il emporte le corps. Dès qu'il eu une opportunité, l'autre homme demanda à l'infirmière si elle pouvait mettre son lit à côté de la fenêtre. L'infirmière était contente de lui rendre service et après s'être assurée que l'homme était bien installé, elle le laissa seul.

Lentement, avec effort, il s'assit sur son lit afin de voir le monde de dehors. Il vit un mur blanc qui lui bouchait la vue. L'homme demanda à l'infirmière ce que son pauvre ami avait bien pu voir en dehors de cet hôpital. L'infirmière répondit que l'homme décédé était aveugle et ne pouvais même pas voir le mur. Elle dit : " Il voulait sûrement vous encourager. "

On peut éprouver une immense joie à rendre les autres heureux, malgré sa propre situation. Le malheur partagé est diminué de moitié, la joie partagée est doublée. Si vous voulez vous sentir riche, comptez toutes les choses que vous avez que l'argent ne peut pas acheter. Aujourd'hui est un cadeau nommé présent.

Quand les problèmes matériels sont apparemment réglés, si le contexte familial et social ne prend pas sens, personne ne peut construire son identité. Je ne peux savoir ce que je suis, ce que je veux, ce que je vaux que dans la rencontre de l'autre et dans l'épreuve. Je vis de l'éphémère jusqu'à ce que survienne enfin un événement, une épreuve qui va m'identifier,  de me raconter aux autres, de mettre ma vie en récit .

Comme dans le roman « le fou de l'île » de Félic Leclerc, le bonheur n'est pas un objet qu'on peut attraper ; il se construit dans le temps et le partage. Le partage, c'est vivre ensemble dans ce qu'on a créé car nous ne sommes pas heureux seul et le chrétien vit dans la présence de Dieu.

Il faut tenter l'aventure du royaume de Dieu pour  rencontrer le bonheur.

Serge Lefebvre

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Cherchez le Seigneur, vous tous,
les humbles du pays qui faites sa volonté.



Cherchez la justice, cherchez l'humilité : peut-être serez-vous
à l'abri
au jour de
la colère du Seigneur.



Malheureuse
la rebelle,
l'impure,
Jérusalem
la ville tyrannique !



Elle n'a écouté
la voix de personne, elle n'a pas accepté
de leçon,
elle n'a pas
fait confiance
au Seigneur,
elle ne s'est pas présentée
pour servir son Dieu.



Mais moi,
dit le Seigneur,
je vais transformer
les peuples
et purifier leurs lèvres, pour qu'ils invoquent tous ensemble
le nom du Seigneur
et le servent
d'un seul coeur.



D'au-delà des fleuves de l'Éthiopie,
mes adorateurs,
mes enfants dispersés m'apporteront
mon offrande.



Ce jour-là,
tu n'auras plus
à rougir pour tous
les méfaits
que tu as commis contre moi, 
car alors j'extirperai
de toi les orgueilleux et leur insolence,
et tu ne reviendras plus te pavaner
sur ma montagne sainte. 



Israël, je ne laisserai subsister
au milieu de toi
qu'un peuple petit
et pauvre,
qui aura pour refuge le nom du Seigneur.




Ce Reste d'Israël
ne commettra plus l'iniquité.



Il renoncera
au mensonge,
on ne trouvera
plus de tromperie dans sa bouche.




Il pourra paître
et se reposer
sans que personne puisse l'effrayer.