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«La rencontre»
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Réflexion pour le 23e dimanche ordinaire A

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 18, 15-21

Jésus disait à ses disciples :

«Si ton frère vient à mal agir, va lui montrer ses torts seul à seul : s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.  S’il ne t’écoute pas, recours à l’assistance d’une ou deux personnes.  Ainsi toute affaire se réglera sur l’avis de deux ou trois témoins.  S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, tu pourras le traiter comme un païen et un publicain.  Oui, je vous le déclare, tout ce que vous aurez lié sur terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur terre sera délié dans le ciel.

«Et je vous dis encore en vérité : Si deux d’entre vous sur terre s’accordent pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux.  Car là où deux ou trois se réunissent en mon nom, je suis au milieu d’eux.»

Tout l’Évangile est affaire de rencontre et non pas d'intolérance. Jésus, Dieu fait homme, va à la rencontre des hommes de son temps. Quels qu'ils soient, l’annonce du Royaume leur est destinée. Souvenez-vous de la rencontre par Jésus d’un publicain, du nom de Lévi-Matthieu. Jésus sort de Capharnaüm où il vient de guérir le paralytique et, chemin faisant, il voit Matthieu. Ce publicain n’a pas bonne réputation, et beaucoup peuvent penser que Jésus devrait énergiquement lui montrer ses torts. Il n’en est rien, au contraire, Jésus non seulement ne lui reproche rien, mais l’appelle à le suivre !

Jésus n’enseigne certainement pas l’intolérance aujourd’hui, d’autant plus que l’évangile est de Matthieu. Avant de céder à la tentation de fustiger nos semblables, imparfaits comme nous-mêmes, ne devrions-nous pas nous répéter l'exhortation de Jésus « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ». La recette pour être un vrai pédagogue est la plus mystérieuse mais aussi la plus simple. Il suffit d'aimer,  d'être généreux, de désirer par-dessus tout voir le monde se perfectionner, de ne pas se comporter en juge, de ne pas compter ses heures, d'être indulgent, d'accepter l'échange des points de vue, d'encourager systématiquement, de reconnaître ses erreurs.

Dieu nous lance une invitation. Il nous laisse son mode d'emploi pour avoir accès à son Royaume. Il est libre à tous de faire ce que nous désirons de nos vies. Dieu nous laisse libre et si jamais nous nous rendons compte sincèrement que nous sommes égarés, il va nous pardonner nous accueillir sans problèmes.  Dieu doit être fou. Il nous aime à la folie!  La preuve : il nous a donné son fils.

Nous avons volontairement négligé Dieu dans notre société en nous pensant les maîtres du monde. La découverte de Dieu est une affaire de rencontre d’un genre différent de la simple prise de contact. Aujourd’hui, ce n’est plus Dieu qu’on rencontre, c’est l’argent. Mais lorsque la solitude nous gagne, cette solitude que nous tentons de fuir à coup de téléphones cellulaires, nous avons besoin de nous rapporter à quelque chose de plus grand que nous afin de croire qu'au bout du compte, nous ne sommes jamais vraiment seuls.

Nous les chrétiens, nous n'affichons pas suffisamment notre foi, nous n'affichons pas notre Dieu. Notre témoignage chrétien tend à s’essouffler, faute de moyens, faute de force vive parmi le peuple de l’Église. L’enthousiasme qui devrait nous caractériser fait facilement place à la lassitude, à la tiédeur spirituelle et même à l’indifférence  totale. Ceux dont le Dieu se nomme Yavhe ou  Allah  ne se gênent pas pour nous faire savoir de quel Dieu ils se réclament. Le danger vient surtout du fanatisme qui fait nous entrons en guerre avec notre voisin, car il ne prie pas comme nous. Le fanatisme ne vient pas d’oser affirmer qui nous sommes.

Jésus a dit: «Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux.» Il n'a pas dit: «Quand deux cent ou trois cent ou un million...» Dès que l'on commence à perdre cette «nuance» de vue, la vérité se trouve compromise. Elle passe au service du nombre, et le nombre devient oppressif. La loi du nombre est de s'accroître le plus possible et par tous les moyens. La loi de la vérité est de descendre dans les âmes qui la désirent vraiment. Quand ces deux lois sont confondues, tout est perdu. Tout est affaire de rencontre vraie.
Dieu est de l'ordre du rassemblement, du partage, de la miséricorde et de l'Alliance. «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, là est mon Église». Mais comme il a aussi dit : «Qui vit par l'épée périra par le glaive», on a beau jeu de choisir l'interprétation qui nous convient.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources
« Fils d'homme,
je fais de toi
un guetteur pour
la maison d'Israël.

Lorsque tu entendras une parole
de ma bouche,
tu les avertiras
de ma part.

Si je dis au méchant : 'Tu vas mourir',
et que
tu ne l'avertisses pas, si tu ne lui dis pas d'abandonner
sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi,
je demanderai compte de son sang.

Au contraire,
si tu avertis
le méchant d'abandonner
sa conduite,
et qu'il
ne s'en détourne pas, lui mourra
de son péché,
mais toi,
tu auras sauvé
ta vie. »







Ne gardez
aucune dette
envers personne,
sauf la dette
de l'amour mutuel,
car celui qui aime
les autres
a parfaitement accompli la Loi.

Ce que dit la Loi :
Tu ne commettras pas d'adultère,
tu ne commettras pas de meurtre,
tu ne commettras pas de vol,
tu ne convoiteras
rien ;
ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

L'amour ne fait rien de mal au prochain.

Donc, l'accomplissement parfait de la Loi,
c'est l'amour.