Homélies...
Accueil
«Sortir du bateau» 
Homélies
Réflexion pour le 19e dimanche ordinaire A

Évangile de Jésus Christ selon saint  Matthieu 14, 22-23

Aussitôt Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur !» Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi!» Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu! »


Le récit commence au moment où Jésus demande à ses disciples de monter dans une barque et de le précéder sur l’autre rive du Lac de Galilée. Il vient de faire un miracle: 5000 hommes, ainsi que des femmes et des enfants, ont été nourris. Il a besoin d’être seul et c’est pourquoi il demande à ses disciples de le précéder. Puis, c’est le récit de Pierre qui ose sortir de la barque pour marcher sur l’eau.

Pourquoi les petits insectes qui vont sur l'eau ont-ils des pattes ? Parce que s'ils n'en avaient pas, ... ils ne rameraient pas efficacement. C'est la réponse apportée par des équipes de Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l'université Carnegie Mellon, qui ont à la fois étudié le comportement des gerris - une punaise aquatique connue aussi sous le nom de patineur d'eau - et mis au point de petits robots capables de reproduire leurs mouvements.  Le responsable du projet a déclaré  "Je pense que construire ce type d'engin, c'est le défi ultime de la micro robotique. Il faut que ce soit très léger et très compact."

Était-ce là l’essentiel du miracle de Jésus avec Pierre, marcher sur l'eau? Évidemment pas. Matthieu veut dire que ni la distance, ni le temps, ne pouvaient stopper l’élan de Pierre. Le désir le faisait vivre, pas la  raison, ni la peur. Jésus était là pour lui tendre la main. Tant que Pierre va vers Jésus, tant que son attention demeure fixée sur ce but, il est capable de marcher sur la mer. C'est lorsque son attention se détourne du but à atteindre, lorsqu'il se met à observer la tempête qui l'entoure, qu'il commence à avoir peur et à se noyer… mais Jésus était là. Pierre avait fait le pari fou de marcher sur la mer, déplacer les montagnes, pour aller vers un royaume, pour  aller à la rencontre du  Fils de Dieu.

Ne rejetons pas l’idée de marcher sur l'eau à notre tour, du moins de façon métaphorique, car nous le faisons quand nous nous sommes libérés de tout ce qui pèse sur nous et de tout ce qui nous hante. Jésus veut que Pierre se rende compte qu’il est là pour lui. Jésus veut que nous nous rendions compte qu’il est là pour nous. Même si nous sommes loin au large ou plongés dans d’autres difficultés, il est là pour nous rendre l’espérance, prêt à nous prendre dans ses bras.

Il nous semble trop problématique d’aller au delà des limites normales dans lesquelles nous nous sentons en sécurité. Cela pourrait donner des idées à nos ennemis. Nous prendrions des risques. Sommes-nous prêts à le faire? Pierre s'est hasardé hors de la barque  sur l'invitation positive du Seigneur. Écoutons nous aussi son appel à risquer la vie et à oser.

La peur que Pierre a ressentie aujourd'hui, nous la connaissons nous aussi. Nous voulons suivre Jésus, mais nous échouons, dans un domaine ou un autre. Nous coulons, nous nous enfonçons. Chacun de nous voit parfois son horizon s'assombrir : échecs, maladies, deuils, difficultés de toutes sortes. Nous avons parfois peur des autres et de ce qu'ils diront de nous s'ils voient nos échecs. Nous avons peut-être peur d'un passé difficile à assumer. Comme Pierre, nous hésitons devant un passage difficile.  C'est toujours ainsi que nous avançons dans la foi. La barque dans la tempête n'est pas qu'un simple épisode. C'est une image de notre vie et de notre foi. Pierre est bien l'un de nous. Et, comme à lui, Jésus répète et redit sans cesse « Confiance, c'est moi ! » 

Jésus dit à chacun de nous, « viens! ».  Jésus veut nous prendre par la main, nous tenir pour nous empêcher de couler. Marcher sur l’eau pour un québécois, c’est facile quand les lacs sont gelés en janvier, mais en été, si nous voulons marcher sur l’eau, il nous faut sortir du bateau, aller à la rencontre du monde.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources
Là, il entra
dans une caverne
et y passa la nuit.





La parole
du Seigneur
lui fut adressée :
« Sors dans
la montagne
et tiens-toi devant
le Seigneur,
car il va passer. »





A l'approche
du Seigneur,
il y eut un ouragan,
si fort et si violent
qu'il fendait
les montagnes
et brisait
les rochers,
mais le Seigneur n'était pas
dans l'ouragan;
et après l'ouragan,
il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu,
mais le Seigneur n'était pas
dans ce feu ;
et après ce feu,
le murmure
d'une brise légère.






Aussitôt
qu'il l'entendit,
Élie se couvrit
le visage
avec son manteau,
il sortit
et se tint
à l'entrée
de la caverne.





Alors il entendit
une voix qui disait :
« Que fais-tu là,
Élie ? »