En ce lieu,
pendant la nuit,
le Seigneur
lui apparut en songe. Il lui dit :
« Demande-moi
ce que tu veux,
et je te le donnerai. » Salomon répondit :
« Tu as montré beaucoup d'amour
à ton serviteur David, mon père,
lui qui a marché
en ta présence
dans la fidélité,
la justice
et la rectitude
de coeur envers toi. Tu lui as gardé
ce grand amour,
tu lui as donné
un fils qui est assis maintenant
sur son trône.
Ainsi donc,
Seigneur mon Dieu, c'est toi qui
m'as fait roi à la place de David mon père ; or, je suis
un tout jeune homme, incapable
de se diriger,
et me voilà au centre du peuple
que tu as élu ;
c'est un peuple nombreux,
si nombreux
qu'on ne peut
ni l'évaluer
ni le compter.
Donne à ton serviteur un coeur attentif
pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien
et le mal ;
comment sans cela gouverner ton peuple, qui est si important ?»
Cette demande de Salomon plut
au Seigneur,
qui lui dit :
« Puisque c'est cela que tu as demandé,
et non pas
de longs jours,
ni la richesse,
ni la mort
de tes ennemis ;
mais puisque tu as demandé
le discernement,
l'art d'être attentif
et de gouverner,
je fais ce que tu as demandé :
je te donne un coeur intelligent et sage,
tel que personne
n'en a eu avant toi
et que personne
n'en aura après toi.»
Réflexion pour le 17e dimanche ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 13, 44-52
Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ.
Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.
Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? — Oui », lui répondent-ils. Jésus ajouta : « C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »
Un carrefour en Hollande, est hanté depuis des siècles paraît-il par une jeune femme sans tête. La légende raconte qu'elle est condamnée à errer autour d'un trésor caché, jusqu'au jour où son contenu sera distribué aux pauvres. Une fois, elle indiqua à un jeune mendiant l'emplacement de ce trésor. Il pourrait en obtenir le tiers s'il le déterrait sans faire de bruit. Seulement, au moment où la pelle toucha le couvercle du coffre, il ne put s'empêcher de pousser un cri de joie, et le coffre disparu encore plus profondément sous terre...
Découvrir un trésor caché c’est excitant ! Ce n’est pas de ce genre de trésor dont il est question aujourd’hui. Il s'agit d'un trésor plus excitant, plus merveilleux. C'est un trésor qui donne la vie, pas un trésor qui la menace ou la garde prisonnière. Dès le vivant de Jésus, les apôtres prêchèrent sans jamais s'écarter de lui. Leur prédication consistait à annoncer la prochaine venue du Royaume de Dieu et à enseigner Jésus . Ils allaient de ville en ville, et ils prêchaient dans les foyers. Ils communiquaient le trésor caché.
Le trésor dont l’évangile parle aujourd’hui n’est pas quelque chose de matériel. Un mystique musulman prête les paroles suivantes à Dieu : «J'étais un trésor caché et j'ai aimé à être connu. Alors, j'ai engendré les créatures, afin d'être connu par elles ». C'est de ce trésor dont il s'agit, mais c'est encore plus précis. Le trésor n’est pas l’évangile pris dans son ensemble. Le trésor est une personne : Dieu le Fils. Notre trésor de chrétien, c’est Jésus lui-même, envoyé par Dieu le Père sur notre terre pour faire lever sur notre terre la semence du Royaume, ce royaume qui est aussi beau et aussi pur qu’une perle rare. Telle est la promesse reçue. Et cette promesse se réalise dès à présent, si nous gardons un cœur attentif et faisons discernement nécessaire entre le bien et le mal.
Pour Dieu, l’essentiel se résume à aimer, tout le reste est superflu. Facile à dire, mais tellement difficile à réaliser dans notre société occidentale où abondance et gaspillage se côtoient journellement. Examinons notre emploi du temps. Quelle place Dieu a-t-il dans nos agendas? Quels sont nos comportements quotidiens, nos préoccupations dominantes, nos manières d’entrer en relation et de nous soucier les uns des autres? Regardons nos agendas et nos actions, ce qui importe, c’est l’usage que nous faisons de notre temps, de notre attention et de nos ressources personnelles et intérieures.
Dieu le Père nous a fait découvrir que le seul trésor est son Fils Jésus. Un Fils qui veut notre bonheur et également que notre vie soit aussi belle qu’une perle rare. Ce Fils réside dans le cœur de chacune et chacun d’entre nous et il ne demande qu’à pouvoir s’épanouir par nous. Pour ce faire, il n’existe qu’une seule possibilité : donner du temps au temps, pour revenir à l’essentiel, au cœur de notre cœur, là où il est possible d’aimer celles et ceux que nous rencontrons.
Comment savoir si nous sommes sur le bon chemin? C’est tout simple, il suffit de regarder notre agenda. Si Jésus est vraiment le trésor de la vie, est-ce que nous lui consacrons suffisamment de temps ?
Où est notre trésor ? C’est-à-dire où est Dieu dans notre vie ?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources