La pluie et la neige qui descendent
des cieux
n'y retournent pas sans avoir abreuvé
la terre,
sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner
la semence
au semeur
et le pain à celui
qui mange ;
ainsi ma parole,
qui sort
de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait
ce que je veux,
sans avoir accompli
sa mission.
J'estime donc
qu'il n'y a pas
de commune mesure entre les souffrances du temps présent
et la gloire que Dieu va bientôt
révéler en nous.
En effet,
la création aspire
de toutes ses forces
à voir cette révélation des fils de Dieu.
Car la création
a été livrée
au pouvoir du néant, non parce qu'elle
l'a voulu,
mais à cause de celui qui l'a livrée
à ce pouvoir.
Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être,
elle aussi,
libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable,
pour connaître
la liberté,
la gloire
des enfants de Dieu.
Nous le savons bien, la création
tout entière
crie sa souffrance,
elle passe
par les douleurs
d'un enfantement
qui dure encore.
Et elle n'est pas seule.
Nous aussi,
nous crions
en nous-mêmes
notre souffrance ; nous avons commencé
par recevoir
le Saint-Esprit,
mais nous attendons notre adoption
et la délivrance
de notre corps.
Réflexion pour le 15e dimanche ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 13, 1-23
Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :« Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles?» Il leur répondit : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe :Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Le coeur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur coeur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son coeur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c'est l'homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
Parler en parabole, dans le vocabulaire courant, c’est exprimer des propos d'un niveau intellectuel supérieur à celui de l'assistance et qui, n'étant pas bien compris de cette dernière, provoquent un sentiment qui peut aller de l'étonnement à l'admiration. Parler avec une langue de bois, c’est parler pour ne pas être compris. On dit aussi que la langue de bois sert à assommer l’auditeur. Mais, quand Jésus s’adressait aux foules, il voulait être entendu et compris. Pour Jésus, la parabole est une comparaison concrète destinée à faire comprendre un enseignement abstrait. Il parle à l'aide des images de son temps. Une histoire du semeur qui répand la graine un peu au hasard, cela évoque beaucoup de choses. Cette image nous parle encore.
Durant la vie de Jésus, les Apôtres avaient compris les paraboles imparfaitement. La lumière du Saint-Esprit les aura guidés vers une meilleure compréhension, cette même lumière nous guide. L’histoire du semeur met l'accent sur la confiance que le semeur place en son travail: s'il sème, c'est qu'il a la conviction qu’il aura une bonne récolte dans la plus grande partie de son champ, là où le terrain le permet. Les terreaux où tombe la graine du Royaume, ce sont des terreaux humains : ce sont nos milieux de vie et de travail, nos familles. Il y a une semence de vie partout où Dieu, le vrai semeur, trouve un accueil ouvert. À la manière d'une petite graine plantée en terre, le Royaume de Dieu suscite des forces cachées dans nos cœurs et dans nos désirs.
Dans notre pays, nous sommes des êtres comblés; il nous manque peu de choses matérielles. Mais nos désirs plus profonds ne sont pas assouvis pour autant. Une terre qui a besoin d'eau, une personne qui a soif d'être reconnue et aimée, une société qui a besoin de savoir où elle va, tout cela fait partie du terrain où tombe la semence du Royaume de Dieu. L'univers parle de la puissance du Seigneur. Même les malheurs de l'humanité parlent d'un manque, d'une attente qui n'est pas encore satisfaite. En un sens, ce qui nous manque parle du désir de Dieu qui est gravé profondément dans le cœur humain.
Il y a une invitation dans la parabole : « Le semeur sortit pour semer... » Une manière d'indiquer qu'il faut sortir de la communauté pour réaliser la mission.
Les terrains où tombe la Parole de Dieu sont variés, comme dans la parabole. Il faut que nous soyons tous un terrain fécond. "Entende qui a des oreilles" dit le Semeur divin. L'oreille humaine est faite pour entendre les sons qu'elle perçoit depuis l'enfance et se rebiffe dès qu'arrivent des bruits venus d'ailleurs. Un inventeur français a lancé un outil informatique qui forme l'oreille aux sons étrangers et facilite l'apprentissage des langues. "La langue maternelle met des barrières dans les oreilles, qui deviennent sourdes aux autres fréquences", explique l’inventeur.
Nous avons tous entendu, mais quelles sont nos barrières dans la compréhension du message de Dieu? Qu'est-ce que nous pouvons semer, dans le champ du monde, qui réveillerait la foi, susciterait un nouvel engagement à faire quelques pas de plus à la suite de Jésus?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources