Or, vous,
vous n'êtes pas
sous l'emprise
de la chair,
mais sous l'emprise
de l'Esprit,
puisque l'Esprit
de Dieu
habite en vous.
Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ
ne lui appartient pas.
Mais si le Christ
est en vous,
votre corps a beau
être voué à la mort
à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que
vous êtes devenus
des justes.
Et si l'Esprit
de celui qui
a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous,
celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie
à vos corps mortels par son Esprit
qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair :
nous n'avons pas
à vivre sous l'emprise de la chair.
Car si vous vivez
sous l'emprise
de la chair,
vous devez mourir ; mais si,
par l'Esprit,
vous tuez
les désordres
de l'homme pécheur, vous vivrez.
Réflexion pour le 14e dimanche ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Dans le contexte juif, quand on parle de quelque chose de caché et de révélé, il s'agit de la sagesse de Dieu ou du mystère de Dieu. Jésus appelle Dieu, son «Père», Abba, car il avait tenté ainsi de faire connaître Dieu aux grands et aux sages de son temps. Devant le piètre accueil qu'on lui fait, c'est vers les petits et les humbles qu'il se tourne car il suffit d’avoir un cœur humble et amoureux pour saisir le langage de Dieu.
Albert était un enfant rêveur et solitaire. Il n'aimait pas jouer avec les autres enfants. Au collège il était perçu par ses professeurs comme un élève moyen; il était lent, n'émettait aucun jugement rapide et prenait le temps de réfléchir. Albert acquit un certain nombre de connaissances en travaillant fort, il était curieux, avide de comprendre et obstiné dans la recherche des réponses aux questions posées. Albert, vers l'âge de quatre ou cinq ans, avait été profondément marqué par la vue d'une boussole que lui montrait son père : Le mouvement déterminé de l'aiguille sans cause apparente lui laissa une impression profond et durable, le sentiment qu'il devait donc y avoir derrière les choses quelque chose de profondément caché .
Albert, c’était le savant bien connu Albert Einstein. Il voyait au-delà des apparences.
Jésus n’encourage pas l'ignorance, c'est-à-dire un manque d'étude des Écritures. Tous les ignorants ne sont pas sauvés, ni tous les diplômés universitaires perdus. La distinction n'est pas entre l'intelligence et l'ignorance, mais entre ceux qui s'imaginent être importants, et ceux qui sont petits à leurs propres yeux, humbles et simples, comme les enfants. Il y a tellement de choses qui ne se comprennent bien qu'avec le cœur : le Royaume de Dieu, l'amour du Père sont de celles-là. Le savant ou le sage de l’évangile d’aujourd’hui n’est pas un rêveur ni un esprit téméraire. Les sages que Jésus désigne sont ceux qui possédaient non la vraie sagesse, mais cette sagesse que les scribes et les pharisiens croyaient trouver dans leurs formules: ceux qui se croient sages ne sont pas prêts à se laisser instruire par Dieu, à l'écouter et à se soumettre à sa sagesse. Les pauvres, les nécessiteux, les opprimés du monde, et surtout ceux qui, d'un coeur humble, sont prêts à écouter Dieu et à se soumettre à sa sagesse, c'est à eux que Dieu se révèle.
Les pharisiens enseignent la loi; Jésus enseigne la tendresse de Dieu. Les pharisiens vivent de prescriptions, de formalités à remplir. Jésus, lui, vit pour aimer. Le joug des pharisiens ce sont toutes les obligations légales de la Torah. Le joug de Jésus c'est la pureté, l'humilité, la patience, le mépris du monde.
Nous nous sentons concernés par ce message que Jésus adresse «aux petits et aux humbles», nous sommes de ceux-là. C'est tellement bon de se sentir aimé. Nous avons le goût de nous faire parler de bonté, de tendresse et de miséricorde.
«Venez à moi vous qui ployez sous le poids du fardeau… je vous soulagerai, je vous procurerai le repos…» Regardons en nous, regardons autour de nous. Le fardeau est-là: la peur, l'angoisse, le stress et quelquefois même la désespérance. Ne nous lassons pas de le répéter, de songer avant tout aux foules déshéritées et douloureuses, de les soulager, des aimer, de leur prodiguer sous toutes les formes l'éducation. Il faut
Amoindrir le poids du fardeau individuel
Limiter la pauvreté, sans limiter la richesse
Avoir cent mains à tendre de toutes parts aux accablés et aux faibles
Ouvrir des ateliers à tous les bras
Augmenter le salaire, diminuer la peine…
Dans une ancienne fable de la Grèce antique, Ésope disait:
Des boeufs tiraient un chariot. Comme l'essieu grinçait, ils se retournèrent et lui dirent: «C'est nous qui portons le fardeau et c'est toi qui cries? Aux uns la peine, aux autres la plainte.
Jésus porte notre fardeau et l’Esprit est là pour nous aider. Il nous reste à agir dans la confiance, d’être l’essieu bien huilé qui ne grince pas, et qui parcourt le chemin qui mène au Père. C'est à nous aujourd'hui que Jésus nous propose sa recette de bonheur: «Venez à Moi…»
Serge Lefebvre
d'après diverses sources