Ne le savez-vous
donc pas :
nous tous, qui avons été baptisés
en Jésus Christ,
c'est dans sa mort
que nous avons
été baptisés.
Si, par le baptême dans sa mort,
nous avons été mis
au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que
le Christ,
par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts.
Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble
à la sienne,
nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera
à la sienne.
Il ne faut donc pas
que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs.
Ne mettez pas les membres de votre corps au service du péché pour mener
le combat du mal : mettez-vous au contraire au service
de Dieu comme
des vivants revenus
de la mort,
et offrez à Dieu
vos membres pour le combat de sa justice.
Vous avez été libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.
Maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous y récoltez la sainteté,
et cela aboutit à la vie éternelle.
Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Réflexion pour le 13e dimanche ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 10, 26-33
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m'accueille ; et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d'homme juste recevra une récompense d'homme juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d'eau fraîche, à l'un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »
Cela fait trois semaines que nous lisons des extraits de ce chapitre très connu qui présente l'enjeu proposé aux apôtres et à nous-mêmes. C'est un message extrêmement exigeant qui mérite qu'on s'y arrête. Les trois lectures le racontent : la vie est un cadeau de Dieu, c'est notre bien le plus précieux. Le thème central de ces lectures, c'est l'accueil.
Jésus attache beaucoup d'importance à l'accueil. Il faut donc bien comprendre ce que veut dire accueillir une soeur ou un frère. Faire bon accueil à un autre, c'est sortir de l'égoïsme pour s'intéresser activement à l'autre. C'est lui donner un peu de son temps, de son attention, de son estime. C'est, souvent, l'écouter avec patience. Comment Jésus nous a-t-il accueillis? Il l'a fait même si nous étions injustes, même si souvent nous lui avons tourné le dos, même si nous sommes encore lents à comprendre comme l'étaient les apôtres. Mais il nous a accueillis gratuitement. Il nous a accueillis malgré l'abîme qui existait entre lui et nous. En retour, il nous demande d'accueillir les autres en son nom, comme il l'a fait pour nous.
Saint-Paul parle d'un salaire de mort que le péché paye à ses serviteurs. Qu'est-ce que c'est? Le salaire du péché, c'est d'abord l'affaiblissement. Si le péché n'est pas repoussé, c'est la destruction de la vie spirituelle. Laissez quelque chose se placer entre Dieu et nous, et aussitôt Dieu nous est caché. C'est la mort spirituelle. C'est la destruction de la vie morale. Lorsque nous avons perdu cela, nous perdons l'amour de ceux que nous devons aimer. Autant l'amour que nous devons aux nôtres s'épanouit et se purifie dans un coeur pur, autant il s'affaiblit et s'étiole, et finit par s'éteindre quand le péché envahit le coeur. Alors, nous ne sommes plus capables d'accueil véritable.
Le salaire du péché, c'est aussi le trouble de la conscience, le front assombri, le regard inquiet, la peur de l'avenir, les longues amertumes, la lutte sans trêve de l'oiseau le pied pris dans le filet! C'est la mort de l'être humain, de sa capacité d'entrer en relation avec les autres, de sa capacité d'accueillir.
Alors qu'est-ce que Dieu demande? Ce n'est rien qui ne soit spectaculaire ou accessible seulement qu'à une élite. Un simple geste pour soulager une souffrance ou une soif ne reste pas sans récompense aux yeux de Dieu. Des gestes simples comme
o le parent qui pour la 77e fois 7 fois refait confiance à son grand jeune
perturbé dans son mal de vivre et dépendant dans sa consommation.
o ces jeunes qui consacrent quelques années de leurs débuts
professionnels dans des engagements pour le développement du
tiers-monde.
o celui qui prend le temps d'écouter la détresse de son prochain
o cet enfant qui s'intéresse au copain de sa classe qu'on qualifie
de « rejet »
o ce travailleur qui risque les foudres des instances au pouvoir pour
dénoncer une situation d'injustice dans son milieu professionnel.
o c'est l'expérience quotidienne et de chaque instant des parents qui
accompagnent leur enfant qui s'ouvre sur le monde spirituel.
Le message de Jésus repris par Paul n'est pas une menace de brûler dans les flammes de l'enfer. Jésus nous demande simplement d'accueillir l'autre et d'accueillir ce que Dieu me demande. Vous connaissez peut-être cette anecdote au sujet du pape Jean XXIII. Peu de jours après son élection comme pape, il reçoit la visite d'un ami qui lui dit: «Très Saint Père, comme la charge doit être lourde!» Jean XXIII lui répond: «C'est vrai, le soir, quand je me couche, je pense: "Angelo (c'était son prénom) tu es le Pape" et j'ai bien du mal à m'endormir ; mais, au bout de quelques minutes je me dis: "Angelo, que tu es bête, le responsable de l'Église, ce n'est pas toi, c'est le Saint-Esprit." Alors je me tourne de l'autre côté et je m'endors!»
C'est cette même confiance en la présence de Jésus parmi nous qui nous aide à accueillir. Nous avons tous ont la possibilité du verre d'eau partagé. Le partage d'amour qui change tout.
Bonnes vacances à tous les élèves!
Serge Lefebvre
d'après diverses sources