Homélies...
Accueil
«Une Église de libertés» 
Homélies
Espérant contre
toute espérance,
il a cru,
et ainsi
il est devenu
le père
d'un grand nombre
de peuples,
selon la parole
du Seigneur :
Vois quelle descendance
tu auras !





Il n'a pas faibli
dans la foi :
cet homme
presque centenaire
savait bien
que Sara et lui
étaient trop vieux
pour avoir
des enfants ;
mais, devant
la promesse de Dieu,
il ne tomba pas
dans le doute
et l'incrédulité :
il trouva sa force
dans la foi
et rendit gloire à Dieu,
car il était
pleinement convaincu que Dieu
a la puissance d'accomplir
ce qu'il a promis.






Et, comme le dit l'Écriture :
En raison de sa foi, Dieu a estimé
qu'il était juste.








En parlant ainsi
de la foi d'Abraham, l'Écriture ne parle pas seulement de lui,
mais aussi de nous ; car Dieu
nous estimera justes,
puisque
nous croyons en lui,
qui a ressuscité
d'entre les morts
Jésus notre Seigneur,  livré pour nos fautes
et ressuscité
pour notre justification.
Réflexion pour le 10e dimanche ordinaire A

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 9, 9-13

Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : «Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Dieu n'aime pas les attitudes dures ou de rejet envers les faibles, les «moins bons », les blessés de la vie.  Jésus ne choisit pas les hommes et les femmes selon leurs vertus, ou un quelconque critère de perfection. Dieu nous aime sans conditions et aimer c'est accueillir la différence. C'est admettre nos propres faiblesses comme celles des autres.

Étant père d'un enfant handicapé avec déficience intellectuelle, je sais que connaître et accueillir la différence c'est tout un défi. Sujet sensible et diversifié s'il en est, le handicap interpelle. L'entourage, les voisins, le milieu de vie, l'école jouent un rôle essentiel dans l'amélioration des conditions de vie des personnes handicapées, notamment par la qualité des regards qu'ils leurs portent. Ce qui frêne, c'est le feu rouge dans la communication, l'exclusio. C'est ne pas voir dans l'autre une personne à part entière aimée de Dieu malgré ses limitations, et peut-être aimée davantage à cause de ses faiblesses.

C'est cela que Jésus nous montre aujourd'hui. Jésus s'est trouvé bien chez Matthieu, le collecteur d'impôts. Il s'est assis avec les publicains et les pécheurs. Il est resté prendre son repas, même si les gens aux moeurs douteuses s'étaient installés près de lui. Cela a choqué l'esprit des religieux, mais Jésus a trouvé meilleur accueil chez ceux et celles qui ont senti leur besoin et  qui étaient insatisfaits et conscients de ce qui leur manquait. Jésus était entouré de gens de mauvaise vie. Mais lorsqu'il les a appelé, il  les a conduit vers l'amour de son Père pour être transformés. Pour cela ils devaient se décider à effectuer un changement de direction, à avoir une vie nouvelle.
 
Chaque chrétien doit accueillir la différence, aimer celui qui se perd, aimer celui que la vie a blessé; il doit accueillir la différence, car Dieu n'a jamais voulu faire de son Église une société à part, fermée sur elle même. Celui qui aime Jésus et s'engage à sa suite, cherche à faire ce qui lui est agréable. Cela ne le rend pas parfait et ne l'empêche pas de faire des erreurs, mais il marche sur un chemin pour devenir de plus en plus conforme à Jésus. Le devoir du disciple est d'aimer, et de prévenir, pour conduire les pécheurs à Dieu et à la guérison, les exclus à la vie.

Dieu est présent dans notre communauté; il agit dans nos coeurs. Tout ce qu'il y a chez nous de vie et de partage, c'est un signe que l'Esprit est à l'oeuvre chez nous. De nous, Dieu réclame une foi avide et un coeur en attente. Il demande à ceux qui le cherchent une fidélité, malgré leurs faiblesses et leurs péchés. C'est notre coeur qu'il veut, sans partage.

Dieu est proche du coeur humain car il y habite. Il faut regarder, aimer l'autre. Aimons-les. Aimons-nous. Soyons généreux avec les autres, soyons généreux avec nous-mêmes, c'est encore le meilleur cadeau que nous puissions nous offrir.  Il n'y a pas de plus grand ou de plus petit. L'enfant handicapé n'en est pas moins aimé par sa mère et son père; même ses maladresses provoquent leur tendresse. Admettez que Jésus a donné sa vie pour vos imperfections à vous aussi. Jésus est une main tendue qui conduit vers la guérison.

Se préserver et s'ouvrir, accueillir la différence sans se perdre, c'est notre défi. Chacun est responsable de ses décisions. Si c'était ça l'Église, un espace où l'homme et la femme de demain sont en train de naître, sont toujours en train de naître. Un espace où on respecte les différences, où on laisse choisir, où on vit le partenariat, où on éduque à la responsabilité. Si c'était ça l'Église, un espace où nous apprenons que nous sommes plus grands que nos biens matériels et que notre vraie grandeur c'est quand nous savons nous mettre à genoux et prier rien n'est plus dangereux que la prière car elle est capable de changer l'homme et le monde.
        
Nous aussi comme les premiers disciples, nous sommes faits pour inventer une Église de liberté, une Église toujours neuve. Si c'était ça être chrétien!


Serge Lefebvre
d'après diverses sources