Réflexion pour le 16e dimanche du temps ordinaire B
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 30-34
Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart. Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
La Bible nous apprend que le peuple d'Israël a cheminé des siècles durant à la découverte progressive de Dieu. Comme chacun de nous dans sa recherche individuelle, le peuple de Dieu a reçu la révélation divine, par touches successives et parfois apparemment contradictoires. Dieu se révèle à la fois exigeant, sévère, menaçant et punissant, et à la fois bon et miséricordieux. Et suivant nos penchants, nous nous souvenons davantage d'un aspect que de l'autre. Or le sommet de cette découverte culmine dans la révélation que Dieu est Père.
Si les juifs peuvent à s’émerveiller de la grâce dont ils sont l’objet, Paul montre qu’il en est encore autrement et bien davantage pour les païens. Paul décrit le changement de statut dont les païens sont les bénéficiaires en Jésus car Dieu est Père. Le don de Dieu est pour tous. Dieu veut la paix, la réconciliation, c’est-à-dire l’amitié retrouvée avec Dieu et entre les hommes. Mais plus que réconcilier, Dieu veut encore rassembler, réunir tous les peuples.
Dieu est Père et bon berger. Selon les consignes de Jésus, les apôtres étaient partis deux par deux pour proclamer partout qu’il fallait se convertir, pour rassembler tous ceux qui sont désemparés. Les voilà de retour, heureux de la confiance que Jésus leur a faite, mais fatigués. Tous partent, en barque, vers un lieu tranquille à l’écart de la foule. Une journée de repos en communauté avec Jésus qui ne sera pas un repos banal, une simple détente où l’on oublie tout souci et toute peine.
Arrivé à destination, Jésus se met à enseigner beaucoup et longuement la foule qui l’avait devancé alors qu'il était parti au désert avec ses disciples. Il n'y a strictement aucune contrariété de la part de Jésus à faire ce qu'il n'avait pas prévu. Jésus se rappelle les textes des Prophètes où Dieu promettait à son peuple des pasteurs dignes de ce nom : « Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis, je les ramènerai dans leurs prairies. Je susciterai sur elles des pasteurs qui les feront paître. Elles n’auront plus ni crainte ni terreur, et aucune n’ira se perdre ! » (Jér 23,3s)
Ce passage d’évangile convient bien en ce temps de vacances. Avec les apôtres, le Seigneur veut nous inviter nous aussi à nous reposer, mais pas de n’importe quelle manière. Il nous invite à nous retirer avec lui, à nous mettre à l’écart de nos préoccupations quotidiennes. Dieu donne le rythme fondamental de toute vie, il rejoint chacun à chaque instant et chaque fois selon le rythme propre à chacun. Il n'y a pas un temps avec Jésus et un temps en dehors de lui. Ce vrai repos que désire Jésus pour nous, est donc avant tout un don de Dieu, qui se reçoit. Annoncer l’espérance, faire la paix, sont des éléments de la Bonne Nouvelle, annoncée en actes et en paroles par les Apôtres à la suite de Jésus. Voir la réalité, vivre la compassion et agir en conséquence doivent s'apprendre de Jésus. Sur nos chemins d’humanité, son enseignement doit guider notre vie.Le temps de repos, c’est la barque de Jésus où, pour un moment, nous oublions tout autre souci que sa présence et son amour. Nourris de Dieu, Jésus compte au quotidien sur nos bras et notre cœur.
Si devant tous les malheureux de la terre nous devions parler de Dieu, que leur dirions-nous ? - Qu'il est le Dieu de Justice ? - beaucoup n'en seraient guère convaincus, car leur patience a été mise si longtemps à l'épreuve des injustices sans qu'ils ne voient jamais le bout du tunnel; et d'autres sans doute passeraient à l'autre extrême, attribuant au doigt de Dieu toutes les misères du monde. Chacun de nous est appelé à témoigner en acte de la tendresse de Dieu plutôt que d'asséner des vérités dans l'abstrait. Il ne s'agit pas seulement de dénoncer ou de critiquer les auteurs ou les victimes des divisions, mais de devenir des artisans de réunion et de paix. Par des paroles et surtout des attitudes de sagesse et d'encouragement. Et devant la faiblesse évidente de nos moyens, de prier Dieu avec ferveur pour que sa grâce y supplée. Car dans les champs où nos discours et nos témoignages ont creusé quelque sillon. C'est Dieu qui sème ensuite sa Parole pour enseigner en Vérité et pour guérir en profondeur.
Imiter Jésus signifie être dans ces attitudes qui peuvent parfois demander courage et constance. Rien de cela ne sera possible si nous ne prenons pas le temps d’entendre cette voix qui nous appelle.
Serge Lefebvre
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens
(2, 13-18)
Frères, vous qui autrefois étiez loin du Dieu de l’Alliance,
vous êtes maintenant devenus proches
par le sang du Christ.
C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux,
Israël et les païens,
il a fait un seul peuple; par sa chair crucifiée, il a fait tomber ce qui les séparait,
le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques
de la loi de Moïse.
Il voulait ainsi rassembler
les uns et les autres en faisant la paix,
et créer en lui un seul Homme nouveau.
Les uns comme les autres,
réunis en un seul corps,
il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix :
en sa personne,
il a tué la haine.
Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches.
Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons accès auprès du Père, dans un seul Esprit.