Homélies... «L'appel»
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Réflexion pour le 15e dimanche du temps ordinaire  B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 7-13

Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »  Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.



Le prophète Amos est apparu dans le royaume du Nord – Israël - vers le milieu du 8e siècle avant notre ère. Il venait d'une petite ville du royaume du Sud  - Juda - où il était berger, ou bouvier, et arboriculteur de sycomores.  Au moment où il abandonne sa vie quotidienne pour obéir à l'appel, comme tous les prophètes il ne peut plus compter que sur Dieu dont il devient dépendant. A l'époque où il intervient dans le royaume du Nord, celui qui règne est le sage Jéroboam. Le royaume est dans une période de prospérité économique et politique. Il a quasiment récupéré toutes ses frontières historiques, ses voisins sont affaiblis et le commerce est florissant. Mais cette richesse est loin de profiter à tous. Une classe de possédants s'est tout accaparé, méprise et exploite la population. Le système religieux a suivi cette pente. Le message d'Amos est un rappel à l'ordre du peuple et de ses dirigeants. Les paroles d’Amos peuvent servir à toute personne vivant à une époque prospère mais qui perdrait de vue ses responsabilités envers Dieu. Le message d’Amos au prêtre de Béthel allait au coeur du problème car toute loi qui était brisée par impiété ne peut pas être expiée par les rites, les fêtes ou les offrandes uniquement. Il faut une véritable conversion du cœur.

Comme Amos, les apôtres, les disciples sont envoyés deux par deux loin de chez eux. Ils sont entièrement dépendants de Dieu. Il ne doivent rien emporter, qui puisse être ne sorte de garantie de survie. Ils sont envoyés deux par deux peut-être parce que dans la loi de Moïse, deux témoins étaient nécessaires pour authentifier une déposition, peut-être simplement pour s’entraider, pour travailler en équipe, en communauté. La force qui se dégage du témoignage des apôtres montre que cette communauté n’est pas un simple groupe d’individus qui partagent les mêmes idées. Elle n’est pas un parti politique ou religieux, ou encore une simple institution humaine, mais elle est avant tout une réalité spirituelle où règne un même et unique Esprit.

Quand on demande ce qui caractérise un chrétien, on cite souvent l'amour du prochain, l'aide aux pauvres, aux malades. Le texte de l'épître d'aujourd'hui donne une toute autre réponse quant à la responsabilité principale des croyants, de l'Église: la louange, l'adoration.

La ville d'Éphèse était située sur la côte Ouest de l'Asie Mineure, entre Milet au Sud et Smyrne au Nord. Au XIe siècle avant notre ère, elle était la capitale de la Confédération des villes ioniennes. Son temple pouvait contenir 25000 personnes ; il était considéré comme une des sept merveilles du monde. Paul débarque à Éphèse en 53. Il y séjournera près de 3 ans. À partir d'une poignée de Juifs convertis, il fonde une communauté. Après des troubles, Paul se voit obligé de quitter la ville ; il y reviendra pour peu de temps vers 65, après sa première captivité. Paul écrit aux Éphésiens alors qu'il est emprisonné. Dans notre extrait, Paul explique que les humains ont été choisis avant la création du monde pour être le peuple de Dieu et que les chrétiens sont comblés de grâce en Jésus. Les Juifs, dans le plan de salut,  étaient ceux qui, d'avance, espéraient dans le Christ ; les païens convertis, marqués du sceau de l'esprit, ont contribué avec les Juifs convertis à former le « peuple des élus».  Le chrétien possède, dans Jésus, un trésor, des richesses, une possession que le monde et tous ses avantages sont incapables, d’aucune manière, de lui offrir.

C’est la liste de ses trésors et de ses richesses invisibles, inaccessibles aux non croyants que Paul dresse et énumère. Les bénédictions dont Dieu veut nous gratifier ne sont pas matérielles, mais spirituelles, non de cette terre, mais du ciel. L’Évangile que Paul prêche n’a rien à voir avec un évangile de prospérité matérielle.

Paul nous encourage, comme il le fait lui-même du fond de sa prison, de rayonner de la joie et de la richesse qui est la nôtre d’être en Dieu. Ses paroles s’appliquent tout aussi bien aujourd’hui qu’à l’époque où elles furent prononcées. Écoutons ce que nous dit Dieu en Jésus et à travers tous ses apôtres, ses envoyés. Faisons de notre vie un véritable témoignage chrétien.



Serge Lefebvre
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux
Éphésiens 1, 3-14

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.



Dans les cieux, il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en
Jésus Christ.






En lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables
sous son regard.








Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ :
voilà ce qu’il
a voulu dans sa bienveillance à la louange de sa gloire, de cette grâce dont il nous a comblés en son Fils bien-aimé, qui nous obtient par son sang la rédemption,
le pardon de nos fautes.








Elle est inépuisable, la grâce par laquelle Dieu nous a remplis de sagesse et d’intelligence
en nous dévoilant
le mystère de sa volonté,
de ce qu’il prévoyait dans le Christ
pour le moment
où les temps
seraient accomplis, dans sa bienveillance,
il projetait de saisir l’univers entier,
ce qui est au ciel
et ce qui est
sur la terre,
en réunissant tout sous un seul chef,
le Christ.