Debout, Jérusalem ! Resplendis :
elle est venue,
ta lumière,
et la gloire
du Seigneur
s'est levée sur toi.
Regarde :
l'obscurité recouvre
la terre,
les ténèbres couvrent les peuples ;
mais sur toi
se lève le Seigneur,
et sa gloire brille
sur toi.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois,
vers la clarté
de ton aurore.
Lève les yeux,
regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ;
tes fils reviennent
de loin,
et tes filles sont portées sur les bras.
Alors tu verras,
tu seras radieuse,
ton coeur frémira
et se dilatera.
Les trésors d'au-delà des mers
afflueront vers toi
avec les richesses
des nations.
Des foules
de chameaux t'envahiront,
des dromadaires
de Madiane et d'Épha.
Tous les gens de Saba viendront,
apportant
l'or et l'encens
et proclamant
les louanges
du Seigneur.
Vous avez appris
en quoi
consiste la grâce
que Dieu m'a donnée pour vous :
par révélation,
il m'a fait connaître
le mystère du Christ, dont je vous ai
déjà parlé
dans ma lettre.
En la lisant,
vous pouvez
vous rendre compte que j'ai l'intelligence
du mystère
du Christ.
Ce mystère,
il ne l'avait pas
fait connaître
aux hommes
des générations passées,
comme il l'a révélé maintenant
par l'Esprit
à ses saints Apôtres
et à ses prophètes.
Ce mystère,
c'est que les païens sont associés
au même héritage,
au même corps,
au partage
de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce
de l'Évangile.
Réflexion pour la fête de l'Épiphanie A
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Sur ces paroles du roi, ils partirent.
Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Matthieu propose à ses lecteurs la signification de la naissance de Jésus. Il rapproche deux titres: le roi Hérode et le roi des Juifs. Qui est réellement roi des Juifs? Est-ce Hérode le puissant et meurtrier, ou bien Jésus, ce petit faible et désarmé qui mourra en victime innocente. Les chefs politiques et religieux auraient dû être les premiers à reconnaître le Messie. Mais que font-ils? Ils ont peur, ils s'inquiètent. Ils ne bougent pas. Ils vont chercher dès le départ à tuer Jésus. En contraste, il y a cet accueil fait par les mages païens. Moins préparés pourtant à reconnaître le Messie, ce sont eux qui le cherchent, qui bougent et qui loin de s'inquiéter éprouvent une grande joie. À travers la figure des rois mages qui se prosternent devant Jésus, c'est toute l'humanité qui est représentée. L'Épiphanie, c'est la fête de tous les chercheurs de Dieu comme ces rois mages.
Le premier roi mage avait compris qu'un enfant serait un grand roi, le roi de l'univers; comme cadeau de roi, il décida de lui offrir de l'or. Pour le second roi mage, l'enfant serait le prêtre de l'humanité, il avait donc choisi de l'encens comme cadeau. Le troisième roi mage avait compris que l'enfant deviendrait le grand prophète de cette époque, alors il était parti avec de la myrrhe, symbole des prophètes. Une tradition raconte qu'un quatrième roi mage arriva en retard à la crèche. Le quatrième roi mage avait cherché longtemps la signification de ce qu'il observait et après l'avoir enfin trouvé, ses collègues étaient déjà en route. Il avait décidé de rassembler les plus belles pierres précieuses de son royaume comme cadeau, car selon lui cet enfant serait un sage; or les pierres précieuses représentaient la sagesse, à cause de leur pureté et du temps nécessaire à leur formation.
Il avait pris du temps pour rassembler son trésor. Lorsqu'il s'est mis en marche, les trois autres mages avaient une bonne avance. Guidé par l'étoile, il arrive dans une bourgade, Bethléem, proche de la très grande cité de Jérusalem. Il visite une auberge, quelques maisons, mais il n'y trouve aucun nouveau-né ou enfant à naître. A l'auberge, on lui parle d'un couple qui était passé mais qui avait trouvé toutes les chambres de la ville complètes. On leur avait finalement offert l'endroit le plus chaud et le moins inconfortable qui restait : une étable. Le mage se fait indiquer l'endroit et s'y rend ; il est désert. Mais des bergers lui disent qu'ils ont vu eux-mêmes les parents et l'enfant, qui était né là; ils étaient repartis depuis quelques jours.
Le mage voit alors l'étoile bouger dans le ciel. Il la suit plusieurs heures durant. Il entre dans Jérusalem, et, arrivé tout près du temple, l'étoile s'arrête. Le quatrième mage entend alors le cri d'un nouveau-né. Il trouve, à côté du temple, une petite maison, et, à l'intérieur, de jeunes parents qui sont là avec leur petit enfant et des amis. Cette famille semble très pauvre, toute simple, et le bébé est magnifique, beau et serein. Le mage se dit que c'est là l'enfant-sage qu'il avait vu en signe dans le ciel. Respectueusement, il s'agenouille devant l'enfant, et présente son coffret de pierres précieuses. Les parents, très pauvres, disent : « tu es très généreux, noble étranger, mais garde ton trésor ; tu sais, ce dont nous avons besoin, c'est de pain » Alors le mage reprend son coffret, il va dans la ville et vend l'une de ses pierres. Il achète du pain pour toute cette famille, qu'il leur porte ensuite. Cette famille dit merci. L'enfant sourit d'un sourire qui embellit toute la maison. Le mage décide de poursuivre sa recherche.
L'étoile se remet à bouger. Suivant l'étoile il voyage loin à travers tout ce pays, et même encore plus loin, au-delà d'une mer, dans un autre pays. L'étoile s'arrête enfin au dessus d'un petit village. Dans une hutte, le quatrième mage découvre une famille pauvre et belle, et un nourrisson d'une beauté et d'un calme parfaits. Le mage hésite un peu mais son inspiration lui indique qu'il s'agit bien de l'enfant annoncé. Alors il s'agenouille humblement et présente son offrande. Les parents, qui sont pourtant très pauvres, lui disent: « sois béni pour ta générosité, noble étranger, mais garde ton trésor ; tu sais, si tu veux nous faire plaisir, vends la moindre de tes pierres, et donne-nous un peu de pain ». Et le mage vend l'une de ses pierres précieuses et offre du pain à cette famille, et le sourire de l'enfant illumine toute la maison. Le mage décide de poursuivre sa recherche.
De nouveau l'étoile se remet en mouvement. Le quatrième mage poursuit ainsi sa route, guidé par l'étoile, de pays en pays, de ville en ville, de maison en maison. Partout où s'arrête l'étoile il trouve une famille pauvre et un enfant merveilleux, auquel il rend hommage et offre son coffret. Partout on le remercie de sa générosité, mais à chaque fois il doit de même vendre l'une de ses pierres pour leur offrir du pain.
Le voyage du mage dure longtemps, car il voyage loin, très loin, et l'étoile le guide encore. Il a vu le monde changer. Son coffret est presque vide ; il lui reste une seule pierre, son plus beau diamant. Le mage revient alors dans le même pays que celui auquel l'étoile l'avait amené en premier. Les choses ont bien changé. Le pays est en guerre. Des villes entières sont ruinées et le malheur accable des populations meurtries. L'étoile guide le mage dans l'une des cités les plus pauvres du pays. Il s'agit d'une petite ville palestinienne, et, là, il trouve une famille réunie autour de jeunes parents et d'un nouveau-né, dans une maison en ruine. La famille est démunie, et l'enfant sage et lumineux. Le mage est sûr d'avoir enfin trouvé l'enfant annoncé. Il se prosterne devant lui et remet le diamant à ses parents.
Les parents, pourtant dans le plus grand dénuement, lui disent : « garde ton trésor, noble étranger ; tu sais, ce dont nous avons besoin, c'est de pain ». Le mage leur demande où il peut vendre sa pierre pour leur acheter du pain. L'un des membres de la famille répond : « ici, tu ne trouveras personne qui puisse t'acheter quoi que ce soit ; va donc voir de l'autre côté chez nos vainqueurs, à Tel-Aviv ».
Ainsi, le quatrième mage les quitte, il traverse un mur de sécurité et arrive dans la cité. Là-bas il va trouver un bijoutier à qui il veut vendre son diamant. Le joaillier est tout surpris tellement la pierre est précieuse. Il demande au mage pourquoi il veut se séparer d'un tel trésor. Très simplement, le mage lui parle de cette famille palestinienne très pauvre avec un enfant ; il souhaite pouvoir leur acheter du pain. Le vieux bijoutier contemple un instant sa pierre. Il la lui rend et lui dit : « garde ton diamant, noble étranger ; je veux aller voir avec toi cette famille, et je vais aller acheter le pain ». Et le mage, accompagné du joaillier, revient visiter la famille palestinienne. Là, le vieux joaillier partage les pains avec toute la famille, et le sourire de l'enfant fait resplendir la maison.
Alors le mage comprend que sa quête est terminée, car l'enfant-roi, l'enfant-prêtre, l'enfant-prophète, l'enfant-sage était aussi et surtout celui qui est venu enseigner à partager le pain. Le mage se prosterne tendrement devant l'enfant.
Est-ce que moi je cherche à rencontrer Dieu? Est-ce que je me prosterne parfois? Devant quoi? Devant qui? L'étoile n'a pas conduit les mages directement à Bethléem auprès de Jésus. Il fallait d'abord approfondir la Parole de Dieu. La vraie rencontre avec Jésus transforme une vie: une autre route s'ouvre, une route pas comme les autres comme pour Nicodème qui était un vrai chercheur de Dieu.
L'Épiphanie est la fête de tous ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus et qui le cherchent, de ceux et celles qui le connaissent déjà et qui cherchent à le connaître davantage. Un chercheur de Dieu comprend que Dieu doit être recherché dans toutes les situations et dans chaque expérience de la vie. C'est seulement par cette recherche assidue que nous comprendrons qu'il n'y a aucun lieu au monde où Dieu n'est pas présent. Dieu nous le rencontrons dans l'autre dont nous faisons notre ami, dans l'autre qui nous fait vivre.
Serge Lefebvre