Homélies...
Accueil
«Le temps de la relâche » 
Homélies
Réflexion pour le 1er dimanche du Carême B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 2-15

Aussitôt l'Esprit pousse Jésus au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :  « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »


Voici le Carême qui arrive en pleine semaine de relâche scolaire et après la publication de la lettre Trop C'est Trop de dix-neuf prêtres québécois à leurs évêques. Ces prêtres reprochent à l'Église ses positions rétrogrades (pour notre société occidentale) sur le mariage civil des conjoints de même sexe et sur l'accès à la prêtrise. Quel bon temps pour entrer en Carême et pour faire relâche dans nos vies! Pendant le Carême nous sommes invités à retrouver le véritable chemin du coeur de Dieu. «Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle», nous dit Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui. La Bonne Nouvelle c’est la personne de Jésus, c’est le pardon des péchés, quels qu'ils soient,  et la vie éternelle qu’il donne en abondance. Le Carême, c’est le temps de la conversion. C’est le temps du renouvellement, du retournement du cœur qui nous permet de prendre conscience de l’importance de cette Bonne Nouvelle qu'il faut annoncer sans compromission, mais avec un coeur ouvert pour tous ceux qui croisent notre chemin.

Souvent dans une situation, les événements ne se déroulent pas toujours comme nous le souhaitons. Il y a un problème qui survient et nous devons faire face à des difficultés imprévues. Alors, c’est un retournement de situation qui est nécessaire afin de relancer la progression de notre histoire de vie, ou de celle de notre Église. Nous devons trouver une solution, ce n'est pas facile, des complications peuvent surgir … Un problème ne se règle pas en claquant des doigts! Nous devons être déterminé à agir, à prendre une décision pour se sortir du pétrin, sans oublier l'essentiel qui fait de nous des chrétiens.

Le Carême est l’occasion d’un retournement de situation dans nos vies. Nous devons adhérer au projet de Jésus, propager la Bonne Nouvelle, marcher vers le Royaume de Dieu. Le Carême est le temps du renouvellement de notre foi, de faire une véritable mutation dans nos priorités. Cela demeure une exigence quotidienne dans notre existence de baptisés,  et spécialement tout au long du Carême. La conversion, qui est réclamée de nous tous, est la conversion à l'espérance. Non pas seulement à l'espoir, car l'espoir est fugace et vulnérable, mais la conversion à l'espérance en Dieu et en son Royaume.

Lorsque nous disons que le sens de notre vie est Dieu,  Dieu doit prendre tout son sens à chaque instant de notre vie. Il n'est pas nécessaire d'attendre un au-delà hypothétique pour enfin découvrir ce à quoi nous sommes appelés. Le sens de notre adhésion, c'est attester en parole et en acte, que notre Dieu est le Dieu, non pas des morts, mais le Dieu des vivants. Que notre Dieu est le Dieu qui inclus, pas le Dieu qui exclus. Dans un contexte culturel qui n'est pas favorable à la vraie foi, mais à la superstition, et aux divertissements, où la spiritualité est la sixième roue de la charrette, où nous faisons aussi du magasinage en allant chercher ce qui, l'espace d'un instant, peut calmer nos angoisses, nous devons faire cet effort de penser solidement en profondeur quel est le sens de notre vie et de notre foi. Le Carême doit porter sur cette interrogation, c’est-à-dire sur nos tristesses, celles de notre Église, celles que nous accueillons, celles que nous laissons grandir en nous, et celles qui se glissent dans nos paroles.

Comment vivrons-nous notre Carême? Comment allons-nous concrètement nous engager les uns envers les autres pour enfin rejoindre le cœur de Dieu? L'Évangile doit être joie pour tout le monde. Jésus nous dit de garder la foi et l'espérance :
«Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. »


Serge Lefebvre
d'après diverses sources