Toi,
Bethléem Ephrata,
le plus petit
des clans de Juda, c'est de toi
que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent
aux temps anciens,
à l'aube des siècles.
Après un temps
de délaissement, viendra un jour
où enfantera celle qui doit enfanter,
et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d'Israël.
Il se dressera
et il sera leur berger par la puissance
du Seigneur,
par la majesté
du nom de son Dieu.
Ils vivront
en sécurité,
car désormais
sa puissance s'étendra
jusqu'aux extrémités de la terre,
et lui-même,
il sera la paix !
Quand nous
prenons du temps pour contempler Marie qui se cache, qui attend
dans le silence
son enfant
dont elle sait
qu'il est
son Seigneur,
tout sera différent.
Qui peut devenir pour moi
comme Elisabeth, capable de me comprendre
même sans beaucoup
de mots?
Y a-t-il
pour moi
un bonheur
de croire,
de dire oui
à la parole
que Dieu
m'adresse?
Réflexion pour le 4e dimanche Avent C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-45
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur.»
Nous connaissons tous très bien le récit de Noël, ce qui s'est passé avec Marie et Joseph, l'annonce de l'ange, la joie et le cantique de Marie. Nous connaissons tellement bien ce récit que nous ne nous rendons peut-être pas toujours compte de ce que cela impliquait. Si aujourd'hui une jeune femme déclarait à son fiancé qu'elle est enceinte parce que le Saint Esprit est venu sur elle et l'a recouverte de son ombre, il dirait elle ment, elle m'a trompée. Que dirions-nous aujourd'hui, si une personne nous disait : Dieu m'a parlé, un ange de Dieu m'a transmis un message? Devenir enceinte tout en étant vierge, donner naissance à un enfant sans connaître d'homme, cela semble impossible!
Marie et Élisabeth sont enceintes, toutes les deux partagent le bonheur d'être mères. Leur corps abrite une vie nouvelle et leur coeur se remplit d'amour pour l'enfant qu'elles mettront au monde. Elles éprouvent une grande joie, car chacune reçoit son enfant comme un cadeau. Élisabeth a conçu Jean-Baptiste alors qu'elle était âgée. Marie est une jeune fille. Elle s'est mise totalement à la disposition de Dieu, pour un projet fou qui la dépasse. Marie a dit oui à la parole de l'ange Gabriel. Elle sera la mère du Messie, de Jésus qui doit naître. Elle ne peut pas en parler, on ne la comprendrait pas. Alors elle va chez Elisabeth qui ne l'obligera pas à des explications. Chez sa parente, elle sera comprise, en paix. Elle savait que sa cousine ne se moquerait pas d'elle : elle aussi avait reçu un message du même ange, elle était ainsi préparée à croire l'incroyable récit qu'elle lui ferait.
La hâte de Marie ne provient pas de la peur, mais de la joie. Elle court, de même que dans la nuit les bergers viendront en hâte voir Jésus, Marie et Joseph. N'en est-il pas ainsi pour chaque chrétien qui naît à la vie nouvelle ? Dans pareil cas, on ne reste pas replié sur soi-même. On recherche un foyer, une maison, où on sera accueilli et compris, un lieu où l'on pourra faire ses premiers pas et accomplir un premier service, loin des regards extérieurs.
Marie n'avait rien de particulier, rien qui ne la prédestinait aux yeux des hommes à recevoir le Fils de Dieu en elle. Elle avait pourtant une chose : elle se savait pauvre, dépendante de la grâce de Dieu. Si Marie est bénie pour être la mère du Seigneur, elle est dite bienheureuse pour sa foi. Ainsi il est bien clair que son bonheur peut devenir le nôtre. Jésus dira plus tard: "Bienheureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent" (Lc 11.28).
Si Dieu n'entre pas dans nos vies, elle portera peu de fruits pour la vie éternelle. Nous pouvons faire beaucoup de choses, construire des églises mais cela ne suffit pas, si Dieu n'est pas présent. Dieu ne désire pas en premier lieu de beaux édifices, notre argent, notre savoir-faire, nos connaissances. Ce qu'il désire, ce sont des coeurs prêts à écouter son message. Marie a dit à l'ange: Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. Attention, Dieu ne demande pas à Marie une obéissance aveugle, sans rien comprendre, mais une obéissance réfléchie, issue du dialogue entre elle et Dieu. C'est ça la foi, c'est ce dialogue entre les hommes et Dieu, cette relation qui s'intensifie au fil de l'échange. La foi, ce ne sont pas des affirmations toutes faites à apprendre par coeur.
Vivre la foi, c'est entrer dans ce dialogue, dialogue entre la parole de l'ange, la parole de Dieu et ma vie. Dieu nous permet de lui poser des questions, de réfléchir à sa parole. La foi, c'est une vie à deux d'abord, Dieu et moi, une relation qui évolue, comme une relation humaine évolue et doit évoluer si elle ne veut pas mourir. Dieu a parlé à Marie au travers de l'ange, et Marie a répondu, elle a posé des questions. Ce n'est pas interdit de parler à Dieu, de lui poser des questions. C'est le début d'un dialogue avec Dieu.
Dieu nous veut partenaires, il attend de nous que nous soyons ses partenaires, que nous l'écoutions, mais aussi que nous parlions avec lui. Ces quelques jours avant Noël nous donnent l'occasion de sentir que nous sommes porteurs, nous aussi, de quelque chose d'extraordinaire dans notre existence. Nous sommes porteurs d'un meilleur nous-mêmes que nous serons demain, porteurs d'un monde comme Dieu l'espère, un monde avec plus de santé et de paix, de joie et de bienveillance, de culture et de foi...
À la suite de Marie, entrons en dialogue avec Dieu. À la suite de Jésus, qui s'est fait proche des plus pauvres et des exclus de la société, ouvrons notre coeur au partage. Apportons à ceux et celles que le Seigneur met sur notre route, chaleur humaine et lumière. Nous serons ainsi de vrais disciples de Jésus et de véritables témoins de sa Bonne Nouvelle.
Serge Lefebvre