Jérusalem,
quitte ta robe
de tristesse
et de misère,
et revêts la parure
de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi
dans le manteau
de la justice de Dieu, mets sur ta tête
le diadème
de la gloire de l'Éternel.
Dieu va déployer
ta splendeur
partout
sous le ciel,
car Dieu pour toujours
te donnera
ces noms :
« Paix de la justice » et
«Gloire de la piété envers Dieu».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi
sur la hauteur,
et regarde
vers l'orient :
vois tes enfants rassemblés
du levant
au couchant
par la parole
du Dieu Saint ;
ils se réjouissent parce que Dieu
se souvient.
Tu les avais vus partir à pied, emmenés
par les ennemis,
et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur
un trône royal.
Car Dieu
a décidé
que les
hautes montagnes
et les collines éternelles
seraient abaissées,
et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre
sera aplanie,
afin qu'Israël chemine
en sécurité
dans la gloire
de Dieu.
Sur l'ordre de Dieu, les forêts
et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie,
à la lumière
de sa gloire,
lui donnant
comme escorte sa miséricorde et sa justice.
Réflexion pour le 2e dimanche Avent C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6
L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :
A travers le désert, une voix crie :
Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les routes déformées seront aplanies;
et tout homme verra le salut de Dieu.
C'est un texte bien solennel! L'ouverture de l'évangile de Luc nous fait penser à l'introduction d'un livre d'histoire, d'un livre de chroniques de l'humanité. L'intention de Luc, qui était un grec converti au christianisme, est de raconter la vie de Jésus à sa manière grecque. Sa pédagogie consiste à montrer l'humanité de Jésus en racontant sa naissance, sa présentation au temple et en nous en disant un peu plus sur sa famille et ses liens familiaux.
Luc prend la peine de nous donner des précisions. C'est la 15e année de Tibère alors qu'il y tel ou tel gouverneur en Galilée. Tout est normal, tout va bien, tout est en ordre. Alors l'inattendu surgit : la parole de Dieu est adressée à Jean-Baptiste. La prédication de Jean-Baptiste est un appel à la conversion du coeur et exige un changement de vie radical. Parce qu'il a compris que la venue du Seigneur était proche, Jean-Baptiste invite ses contemporains à préparer le chemin du Seigneur. Il reprend ainsi la métaphore que l'on trouve dans le Livre d'Isaïe.
Jean-Baptiste demande de changer de conduite et d'avoir un comportement qui traduit une vraie conversion. Ce retournement vers Dieu, ce changement de mentalité va se signifier par la réception d'un baptême d'eau. Ce geste extérieur doit être la traduction d'un changement intérieur.
La voix qui criait dans le désert a traversé les siècles et le message est toujours d'actualité. La venue du Christ n'est pas qu'un fait historique. Il est un fait quotidien. Chaque jour écrit une page de l'histoire de notre salut comme cela a été le cas au temps de Jean-Baptiste, de Tibère, et de Pilate. Aujourd'hui encore, c'est le Seigneur qui est à l'oeuvre et qui ouvre le chemin dans nos déserts. Dans nos engagements pour la justice et pour la paix, dans notre dévouement auprès des démunis et des exclus, Dieu est présent et à l'oeuvre. C'est lui qui trace le chemin. Il faut ouvrir les yeux à tout ce qui est dans le monde, à tout ce qui est beau autant qu'à ce qui est laid. Ouvrir les yeux pour voir le monde avec des regards neufs à la fois lucides et confiants. Il faut prendre le risque d'une parole qui vient du fond du coeur, une parole qui m'engage et qui construit quelque chose de neuf : une confiance réciproque qui ne cherche pas à avoir raison mais qui comprenne les autres paroles.
À notre tour aujourd'hui de préparer le chemin du Seigneur. Il ne s'agit plus de préparer sa venue car nous sommes dans la situation où il est déjà venu, où il est là. Nous préparons d'une certaine manière à sa venue parce que nous préparons Noël. Mais à proprement parler, c'est Noël tous les jours car c'est tous les jours que le Christ nous attend et nous accompagne. C'est tous les jours que nous avons à lui faire une place dans nos vies et dans nos pensées. C'est dans tous nos actes que nous avons à lui faire la première place.
C'est à nous, que par la voix de Jean-Baptiste, le Seigneur demande d'abaisser toute montagne et toute colline, c'est à dire d'enlever de nos coeurs toute suffisance. Les ravins, qui ont besoin d'être comblés, sont les vides causés par notre indifférence à la misère des autres. Il nous faut rendre droits nos chemins tortueux, ces chemins d'injustice et de violence. Tout ce qui est creusé dans notre vie de tristesse, de souffrance, de misère, d'accablement, Dieu va venir le combler. Tout ce que nous élevons dans notre vie d'orgueil, de puissance, d'arrogance, Dieu va venir l'abaisser. Tout ce que nous tordons dans notre vie d'erreurs, de jugements hâtifs, de méchanceté, de suspicion, Dieu va venir le redresser. Tout ce qui est obstacle dans notre vie, cailloux et rocs sur nos chemins, hésitations ou oppositions, Dieu va venir l'aplanir.
Aujourd'hui, d'autres prophètes se font entendre. Ils sont nombreux à dénoncer les injustices de notre temps, tous nos manquements et nos infidélités à l'amour. Saurons-nous les écouter ?
Serge Lefebvre