Homélies...                                    «Les gestes d'espérance»
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Réflexion pour le 4e dimanche de l'Avent C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-45


En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »  


C'est l'un des moments les plus humains de tout l'évangile.  Il rapporte un geste semblable à tous ceux que nous posons envers ceux et celles que nous aimons. Un geste humain comme nous pouvons faire à Noël.

Il faut prendre le temps de reconnaître la présence de Jésus dans l'humanité des gestes que nous posons. Il faut reconnaître cette présence dans les visites, dans les rencontres, dans les cadeaux, et surtout dans les gestes d'amour. Il nous appartient de  voir, de reconnaître, de  nommer, pour donner tout son sens à Noël, pour bien le vivre et  pour le dire au reste du monde. Noël, c’est l’occasion de faire revivre l’humanité.

Trois jeunes photographes ont sillonné les territoires de la banlieue parisienne  pour valoriser l’humain.  Chaque cliché est le produit d’une rencontre, d’une histoire humaine, d’un souffle de joie, d’une  ouverture sur le monde. L’une des photographes est allée jusqu’à entrer deux mois en résidence dans un foyer. Elle y a découvert des travailleurs algériens retraités qui vivent dans neuf mètres carrés après quarante ans de labeur dans les usines automobiles.  Ses portraits disent un monde où les valeurs humaines fleurissent malgré les grands fléaux que sont la peur de l’autre et la misère, l’un entretenant l’autre.

Quand on met les photos sur un mur, tout le monde est à la même hauteur.

Sommes-nous tous à la même hauteur dans notre société?

Sommes-nous des humains ou producteurs de biens de consommation?

Grâce aux avancées scientifiques et techniques, le temps passé à produire les biens nécessaires à la survie de l’humanité n’occupe plus, en Occident, l’essentiel de l’existence. Alors que le temps disponible pour valoriser l’humain dans le travail et dans d’autres activités devient potentiellement plus important, les critères de rentabilité financière ne donnent pas la priorité à l’humain.  Comment, sans refuser la place de l’économie et de l’argent, favoriser le développement des capacités humaines dans le travail et dans les autres temps de la vie ? Il y a d'abord et avant tout la question des valeurs. Nous devons valoriser l'humain, rendre le monde dépendant de l'humain et non le contraire. Il faut que l’humanité de tous soit préservée.

Demain c’est Noël. Aujourd’hui c’est la course aux cadeaux pour plusieurs retardataires. Le cadeau est-il là pour valoriser l’humain, ou pour faire marcher l’économie ?


Serge Lefebvre
d'après diverses sources