24 avril 2005             18 juillet 2004
5e dimanche de Pâques A   16e dimanche ordinaire C

9 mai 2004                 2 mai 2004                    14 mars 2004              29 février 2004
5e dimanche Pâques C        4e dimanche Pâques C       3e  dimanche du Carême C  1er dimanche du Carême C
Homélies...
Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise
4e dimanche ordinaire C


La première lecture raconte la vocation de Jérémie. Aimé de Dieu, ce prophète sera hai et rejeté de ceux vers qui il sera envoyé. Il en est de même pour Jésus. Bien qu'il soit le bien-aimé du Père et vienne accomplir les promesses messianiques, il sera mal reçu chez les siens.

L'évangile nous rappelle qu'après l'avoir entendu commenter Isaïe 61, 1-2, ses concitoyens « devinrent furieux poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement pour le précipiter en bas ».

Mes frères et soeurs, c'est sur deux lectures que s'appuie le thème « Amour et haine des prophètes » que je veux partager avec vous.

Dieu choisit et aime ses prophètes. N'est pas prophète de Dieu qui veut l'être ou qui décide un jour de l'être. Devenir prophète celui ou celle que Dieu choisit pour accomplir cette mission. Le choix de Dieu ne se porte pas nécessairement sur des personnes qui, à nos yeux, semblent posséder toutes les qualités requises pour prophétiser. Jérémie, choisi dès avant sa naissance pour devenir prophète, ne se voyait pas accomplir une pareille tâche. Quand Dieu lui fit comprendre qu'il voulait faire de lui son prophète, il s'écria : « Oh! Seigneur mon Dieu! Vois donc : je ne sais pas parler, je ne suis qu'un enfant! »  Jr 1,6

Il fut choisi quand même. Dieu l'aimait et avait confiance en lui. Soutenu par Dieu, Jérémie devint un grand prophète. Malgré son tempérament angoissé, il sut être comme « une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze ».

Fils bien-aimé du Père, Jésus fut le plus grand de tous les prophètes. Il a été choisi pour réaliser toutes les promesses annoncées par les prophètes qui sont venus avant lui. Ces promesses se résument dans celle d'Isaïe qui nous a été rappelée dimanche dernier :


« L'Esprit du Seigneur est sur moi. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur » Luc 4,18-19.

Le peuple rejette souvent les prophètes. Dans la synagogue de Nazareth, après avoir lu ce passage du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. » Ce qui voulait dire: Tout ce que Dieu a promis par la bouche de ses prophètes, c'est aujourd'hui et c'est par moi que cela s'accomplit. Je suis la Bonne Nouvelle de Dieu. Je suis celui qui apporte la joie aux pauvres, la liberté aux prisonniers, la lumière aux aveugles.

Ceux qui l'écoutaient n'en revenaient pas de l'entendre s'exprimer ainsi et ils étaient dans un total étonnement. Comment ce Jésus, le charpentier du village, un homme dont ils connaissaient très bien la parenté, pouvait-il être le Messie de Dieu?

Face à une telle prétention de sa part, au lieu d'ouvrir les yeux et de croire, ils se révoltèrent, amenèrent Jésus hors de la ville et cherchèrent à le faire mourir. En agissant ainsi, ils se comportaient comme leurs pères, hommes à la nuque raide, qui tant de fois avaient repoussé et mis à mort les prophètes. Devant leur refus de l'accueillir et d'accueillir son message, Jésus n'aura plus qu'une conséquence à tirer et à leur faire connaître : puisque le peuple élu ne veut pas ouvrir son coeur au salut que son Dieu lui donne, il ne reste plus qu'à l'offrir aux étrangers qui, eux, sauront l'apprécier.

C'est ce que Jésus veut dire quand il rappelle à ses auditeurs les miracles accomplis en faveur de la veuve de Sarepta et du lépreux Naaman, un Syrien.

Les prophètes - les vrais! Ceux qui parlent authentiquement au nom de Dieu  ne sont pas toujours bien reçus. Aimés de Dieu, ils ne sont pas toujours aimés des hommes.
Ils ne sont surtout pas aimés de ceux qui vivent de privilèges, ont le coeur enténébré et se complaisent dans le mensonge. Ceux-là haïssent les prophètes; et parfois avec une fureur qui les pousse à se débarrasser d'eux.

La raison de cette fureur est simple. Les prophètes proclament, au nom de Dieu, des vérités que ces gens ne veulent pas entendre. Ils dénoncent d'injustes privilèges et instaurent un monde où les pauvres et les malheureux retrouveront leur dignité. Comment ceux qui exploitent les pauvres et les malheureux pourraient-ils entendre un tel message sans broncher?

Aimé de Dieu, le prophète Jésus comme tant d'autres prophètes avant lui, a donc été rejeté par les siens.

Et nous, frères et soeurs, nous avons à discerner les prophètes authentiques. Depuis que Jésus est venu, Dieu continue de se choisir des prophètes dans le monde. Il choisit qui il veut. Aujourd'hui comme hier, ses choix peuvent nous étonner. Les prophètes d'aujourd'hui ne sont pas nécessairement des vedettes dont on parle dans les journaux, à la radio ou à la télévision. Il n'est pas nécessaire qu'ils accomplissent extérieurement des oeuvres extraordinaires.

Le vrai prophète peut être cet homme, cette femme, cet enfant qui, tout près de nous, nous rappelle une parole du Christ qui nous atteint droit au coeur, nous dit doucement ou avec vigueur une vérité qui nous force à faire tomber nos masques. Se comportant ainsi, les vrais prophètes nous aident à grandir dans la lumière et dans l'amour. Ils nous stimuler à vivre avec courage et de manière responsable. Même s'ils nous bousculent, même s'ils nous obligent parfois à nous remettre en question, nous devons apprendre à les aimer et nous ne devons pas  oublier de rendre grâce pour leur présence à nos côtés. Ils sont, auprès de nous, des messagers de Dieu.

En célébrant cette Eucharistie, rendons grâce à Dieu. Par les paroles et les gestes de Jésus, accomplis des milliers de fois, par les témoignages et la vie de ses prophètes dans notre monde, Dieu nous redit que nous sommes aimés, aujourd'hui et pour l'éternité. Son amour prend patience et il ne passera jamais. Amen.

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise
Baptême du Seigneur C

Mes frères et soeurs

          Si on pense que le baptême est uniquement reçu pour être sauvé, pour se convertir et se tourner vers Dieu pour le vrai, alors Jésus n'avait pas besoin d'être baptisé. Même qu'être baptisé devient un contresens dans le cas de Jésus.

          Si Jésus a été baptisé, c'est que le baptême chrétien a un autre sens, autrement fondamental et important. Les textes de la liturgie du jour vont nous guider pour comprendre le sens chrétien du baptême, à la différence des baptêmes de l'Ancien
Testament et de celui de Jean-Baptiste.

Une nouvelle ère

          D'abord remarquons la distance qu'il y a entre Jean-Baptiste et Jésus. Jean-Baptiste l'annonce lui-même: son baptême est un baptême dans l'eau pour la conversion; le baptême de Jésus sera dans l'Esprit et le feu pour une transformation et pour une ère messianique. C'est le grand tournant de l'histoire de la Révélation: Jésus inaugure quelque chose de radicalement neuf, un monde nouveau.

Présentation de Jésus

          Et Jean-Baptiste disparaît pour que Jésus apparaisse et soit manifesté. C'est le premier sens de la fête d'aujourd'hui: Jésus est révélé dans ce qu'il est.

          Jésus a été baptisé et il prie. C'est-à-dire qu'il est en contact avec son Père. C'est alors que cette révélation se saisit:

* Jésus est Fils de Dieu. «C'est toi mon fils bien-aimé; en toi j'ai mis tout mon amour.» Il est le Fils par excellence, celui qui est le reflet le plus parfait du Père (égal au Père, apprendrons-nous à dire plus tard). Il est la Parole de Dieu devenue visible aux hommes et vivant avec eux une même vie humaine.

** Jésus est consacré par l'Esprit. Qu'est-ce à dire sinon qu'il est marqué. On pourra reconnaître en lui Dieu lui-même. Cela paraît qu'il est le Messie, celui qui sauve et libère. Son baptême est sa désignation comme quelqu'un de spécialement marqué.

*** Jésus est envoyé par le Père. C'est celui qui  est attentif aux gens, ranime ceux qui vacillent, parle au coeur de l'être humain et instaure par là un nouveau royaume. C'est cet envoyé de Dieu, respectueux de chacun, chacune qui est en même temps le fort par excellence car il change l'histoire des humains et établit en eux une nouvelle alliance.

Le sens du baptême de Jésus
          
          Pour Jésus, être baptisé c'est manifester qu'il est consacré ou marqué pour une mission. Ce n'est pas être sauvé mais sauver. Ce n'est pas être libéré des liens qui retiennent mais libérer ceux qui sont retenus par leurs liens afin qu'ils prennent leur envol, en pleine envergure.

          Cette fête du baptême du Seigneur est une fête par laquelle nous reconnaissons qui est Jésus (Fils de Dieu, consacré par l'Esprit) et quelle est son oeuvre (le bien, la guérison, la libération).

Notre baptême chrétien

          Cette fête nous dit aussi le sens de notre baptême. Certes nous avons besoin d'être sauvés et libérés et le baptême y fait quelque chose. Mais là n'est pas la pointe du baptême chrétien.

          * Être baptisé, c'est être, avec Jésus, fils de Dieu. Oui, c'est être de la famille de Dieu, avoir Dieu comme Père et vivre de l'esprit et de la mission de cette famille. Nous nous fêtons aujourd'hui, chrétiens, parce que nous sommes enfants de Dieu, membres de sa famille à travers le baptême qui est insertion dans la mort et la résurrection du Christ Jésus pour vivre ce nouveau monde, cette nouvelle ère que le Christ a inauguré.

          ** Être baptisé, c'est être marqué par l'Esprit. Consacrés nous aussi, désignés par l'Esprit... Et de façon à ce que ça paraisse. Ceux qui nous voient vivre et agir doivent pouvoir distinguer chez nous que nous sommes des gens du nouveau monde.

Car nous sommes appelés à être ces témoins de l'Esprit qu'on distingue à la marque qu'ils portent, à la marque qu'ils font dans le monde.
Une colombe, signe de paix, signe de vie renouvelée, signe de l'amour qui trouve son objet d'amour, digne d'une nouvelle ère ou d'un nouveau peuple, doit être visible sur nous.

          *** Être baptisé c'est assumer une mission. La même que Jésus qui est celle de sauver et libérer, de guérir et de faire le bien. Dans la visée chrétienne, on n'est pas vraiment baptisé tant qu'on ne par-ticipe pas à l'oeuvre du Christ.

Car si on est marqué par l'Esprit, c'est pour qu'on «aille annoncer la bonne nouvelle» (la bonne nouvelle de la guérison, de la lumière, de la libération, du salut) et qu'on «aille l'annoncer aux pauvres» (c'est-à-dire à tous ceux qui ont le coeur ouvert et qui ont besoin d'être guéris, éclairés, libérés, sauvés).

          **** Être baptisé, c'est devenir, à la suite de Jésus, un responsable. Devenir quelqu'un qui sait respecter les autres et les rejoindre dans leur situation et leur état. Quelqu'un qui sait faire route avec les autres, aussi incarné que Jésus l'est. Et quelqu'un en même temps qui est fort car il est pénétré du projet de Dieu pour les gens et sait les conduire sur ce chemin qui aboutit au royaume.

L'eucharistie d'aujourd'hui

          Tel est le baptême que nous fêtons aujourd'hui. Nous devenons conscients que le baptême n'est pas l'affaire d'un jour ou du temps d'une cérémonie. C'est l'affaire d'une vie. Et nous sommes conscients de nos faillites dans cette mission à vivre, tout en sachant que le Père nous choisit avec amour.

          Fêtons le Seigneur baptisé aujourd'hui. Prions comme lui, en contact avec le
Père. Et renouvelons notre désir et notre engagement.

          Par cette Eucharistie célébrée ensemble, rendons grâce au Père de nous avoir donné un tel Seigneur et de nous avoir appelés à son baptême. Car, avec Jésus, nous sommes fils adoptifs de Dieu, marqués de l'Esprit pour vivre une mission dans laquelle il y a d'immenses projets à faire. Amen.

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise
29e dimanche ordinaire B

ÊTRE GRAND, C'EST SERVIR

1- La grandeur besoin fondamental de toute personne

Quand nous étions tout-petits, nous nous en souvenons peut-être, nous disions souvent: «Quand je serai devenu adulte...» Un jour, j'ai demandé à un petit bonhomme bien planté sur ses deux jambes: «Quel âge as-tu?» il m'a répondu: «J'ai cinq ans et demi.» Et j'ai repris un peu machinalement: «Ah! tu as cinq ans.» Il m'a riposté vitement: «Non, cinq ans et demi.» Pour lui, il est clair que la demi-année le rapproche un peu plus du jour où il sera grand.

Plus tard, à mesure que nous vieillissons, nous ne nous pressons pas trop de dire notre âge et surtout nous n'insistons pas sur les «demi-années»: «J'ai cinquante ans... ou soixante ans.» C'est déjà bien assez. Non pas que nous ayons abandonné nos appétits de grandeur. Nous les avons tout simplement placés ailleurs.

Certains trouvent leur grandeur dans l'épaisseur de leur compte en banque, dans les honneurs ou les médailles qu'ils ont reçus, dans les titres dont on les a gratifiés. Ils ont peut-être été nommés «personnalité de la semaine» ou «homme de l'année». D'autres la trouvent dans le «m'as-tu vu?»: pourvu qu'on sache ce qu'ils font et ce qu'ils sont, qu'ils fassent parler d'eux, cela leur va très bien.

D'autres encore font des pieds et des mains pour être les premiers en quelque chose ou pour imposer leur pouvoir, même petit, sur quelqu'un d'autre: c'est ainsi qu'on voit parfois de véritables petits tyrans dans certains milieux de travail, dans certaines communautés et même dans certaines familles!

Il y a en nous des besoins fondamentaux: aimer et être aimé, produire et se sentir utile, donner et trouver un sens à sa vie. Paraît-il que tous ces besoins peuvent finalement se ramener à un seul: être reconnu dans ce que l'on a, ce que l'on fait et ce que l'on est. La reconnaissance n'est-elle pas alors une sorte de grandeur aux yeux des autres?

La recherche de la grandeur, même dans ses formes les plus simples et les plus effacées, est pour ainsi dire na-turelle. Elle correspond à un besoin bien humain. Elle est inscrite au plus profond de notre être et, selon les âges et les tempéraments, elle prend différentes formes et se teinte de toutes les couleurs.

2 - La pensée de Jésus sur la grandeur

L'épisode de la demande des fils de Zébédée à Jésus et les réactions des dix autres à cette demande fournit à Jésus l'occasion d'un enseignement important sur la véritable grandeur de ses disciples. Cet épisode, rapporté dans l'évangile d'aujourd'hui, se divise en fait en trois temps:

a- La demande ambitieuse de Jacques et Jean : ils veulent être assis à la droite et à la gauche de Jésus dans sa gloire.., rien que cela! et ils sont même prêts à boire la coupe que Jésus va boire, c'est-à-dire souffrir et porter la croix. Décidément, ils ne manquent ni d'ambition ni de naïveté, ces deux-là!

b- La réaction jalouse des dix autres apôtres: l'évangile dit qu'ils s'indignèrent contre Jacques et Jean; autrement dit, ils ont piqué une belle crise de jalousie et ont peut-être rougi de colère devant 1'ambition démesurée de leurs deux confrères;

c- L'enseignement de Jésus: il est bien connu: «Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.»
Regardons d'un peu plus près cet enseignement de Jésus. D'abord, Jésus n'empêche pas ses disciples de vouloir devenir grands. Il reconnaît clairement l'existence de ce besoin fondamental de la personne. il ne le nie pas, bien au contraire. Mais il déplace le pôle de la grandeur: «Vous voulez devenir grands?

D'accord. Mais vous ne le serez pas à la manière des grands de ce monde qui commandent en maître aux nations et qui leur font sentir leur pouvoir. Non, vous le serez en vous mettant au service des autres et en acceptant la croix dans votre vie.» Comme le prophète Isaïe le rappelle dans la première lecture, et surtout comme le Seigneur Jésus lui-même l'a pratiqué toute sa vie.

3 - Notre grandeur est dans notre service

Nous ne pouvons pas tous avoir notre nom dans les journaux ou passer à la radio ou à la télévision. Nous ne pouvons pas tous être décorés ou avoir des titres. Nous ne pouvons pas tous exercer un pouvoir sur les autres. Mais nous pouvons tous servir.

Servir, c'est d'abord rendre service chaque fois que c'est possible et souhaitable. Il suffit d'avoir les yeux et le coeur bien ouverts pour découvrir de nombreuses occasions d'aider ou de dépanner son prochain. C'est sans doute en ce sens que le Seigneur a donné son fameux enseignement: «J'avais faim, soif, étais un étranger, nu, malade, en prison... et vous m'avez donné à manger, à boire, m'avez accueilli, m'avez vêtu, visité, vous êtes venu a moi...» (Mat. 25, 35.)
Servir, c'est aussi se mettre au service des autres. Ainsi, les personnes qui sont en autorité (les présidents, les chefs, les dirigeants, les professeurs, les parents etc. ) sont invitées de façon pressante par le Seigneur à exercer une autorité-service plutôt qu'une autorité-pouvoir face à leurs sujets.

Alors, au lieu de rechercher chez eux une soumission bête ou des courbettes humiliantes, au lieu de les asservir ou de vouloir en être servi, on les sert. Et tout le monde s'en trouve mieux.

Regardons mère Teresa: elle sert les pauvres et comme elle est grande! Regardons tant et tant de pères et de mères de famille, d'éducateurs, de pasteurs, qui se dévouent pour les leurs: comme ils sont grands! On comprend que cela ne peut être possible sans accepter dans sa vie une part de la croix de Jésus elle-même.

Servir, c'est enfin devenir serviteur du Seigneur et des autres. C'est en arriver petit à petit, non seulement à poser des actes de service ou à développer des attitudes aptes à aider les autres à grandir, mais à un état, une sorte de seconde nature, de serviteur et de servante de Dieu et des autres.

Le mois d'octobre, le mois rosaire, regardons Ste-Vierge Marie quand elle a dit à l'ange: «Je suis ta servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole.» Elle était en service, disposée à faire et à être ce que le Seigneur lui indiquerait. C'est pourquoi elle est devenue la plus grande: «Vous êtes bénie entre toutes les femmes.» Elle a été la plus grande dans le service.

On comprend aussi pourquoi le plus beau titre du Pape, c'est précisément: «Serviteur des serviteurs de Dieu». Et alors, on ne s'étonne pas de remercier Dieu de nous appeler à servir, comme nous le disons si bien dans la prière eucharistique II : «Nous te rendons grâce, car tu nous as choisis pour servir en ta présence.»

On comprend facilement qu'on n'arrive pas du jour au lendemain à une telle grandeur... Cela suppose une disponibilité énorme aux désirs du Seigneur, un renoncement tout aussi grand à ses ambitions personnelles, bref, cela demande une conversion de l'esprit et du coeur qui ne va pas sans passer par la croix. Mais les fruits qu'on récolte sont sans comparaison avec le prix qu'on peut payer!

Au cours de cette eucharistie, remercions le Seigneur de nous avoir appelés à devenir grands en nous «choisissant pour servir en sa présence». Amen

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise
28e dimanche ordinaire B

1 - L'argent, toujours l'argent

Dans la vie de tous les  jours, l'argent est au centre de nos préoccupations. Même les bulletins de nouvelles croient bon de nous renseigner sur la valeur du dollar, sur le prix de l'or et sur la position du taux d'escompte.

Les textes bibliques de ce dimanche traitent aussi des biens matériels. Ils nous placent devant certaines options: qu'est-ce qui est le plus important? Peut-on être riche et fidèle au Seigneur? Le salut est-il possible pour les riches comme pour les pauvres?

2 - Quel est le bien le plus précieux?

Pour éclairer notre propos, l'exemple du roi Salomon dans la première lecture nous semble fort impressionnant. On connaît le fait: Dieu avait promis au jeune roi de lui procurer le bien qui lui était le plus cher. De façon surprenante, le monarque écarte en premier lieu la richesse, puis la gloire et la puissance. Il laisse également tomber la santé et la beauté, des biens toujours si recherchés de nos jours.

Il désire la sagesse, c'est-à-dire la conception que Dieu lui-même a du monde et des êtres. Ainsi il aspire à participer à la connaissance divine. Pour lui, il s'agit d'une «richesse incalculable».

D'autre part,  l'évangile d'aujourd'hui nous présente un homme attachant. Encore jeune, celui-ci s'approche de Jésus et il lui fait part de son désir profond d'atteindre la perfection dans la conduite de sa vie. «Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?», demande-t-il. Il fait remarquer que, depuis son jeune âge, il met en pratique tous les commandements, y compris celui de ne faire de tort à personne, selon une expression chère à plusieurs d'entre nous.

Quel accueil Jésus, le bon Maître, va-t-il lui réserver?

3 - «Viens et suis-moi»

Jésus est profondément touché par l'attitude du jeune homme: "Il se mit à l'aimer" nous rapporte l'évangéliste.  Vient ensuite la proposition décisive, l'option de fond sur le sens à donner à sa vie. « Une seule chose te manque, lui indique Jésus: -va, vends tout ce que tu as   ... puis viens et suis-moi. » Attaché à ses grands biens, l'homme riche a décliné l'offre de Jésus et il s'est éloigné le coeur rempli de tristesse.

Chers frères et soeurs

L'option fondamentale pour Jésus se manifeste de deux façons.

En premier lieu, elle invite à prendre de la distance par rapport aux biens matériels et à être disposé à les partager avec les pauvres et les petits. L'argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître. De plus, celui qui veut suivre Jésus doit se mettre à l'écoute de sa Parole. Celle-ci pénètre jusqu'au plus intime de la personne et elle porte jugement sur ses pensées et ses actions. C'est elle qui montre où sont le vrai trésor et la véritable sagesse.

Oui, il nous faut établir des priorités. En toute liberté, il importe de prendre position entre Jésus et les biens matériels.

4 - Tu es béni, Dieu de l'univers

En cette fin de semaine de l'Action de grâce, le moment est bien choisi pour remercier le Seigneur des bienfaits dont il nous comble. Pensons à la Sagesse qu'il dépose en nos coeurs et aux biens de la terre qu'il fait produire par le travail de nos mains.

Parmi les dons du Seigneur, le plus merveilleux est certes le repas eucharistique qui nous rassemble dans la foi de l'Église. Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui qui nous rassemble dans la foi de l'Église. Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin,,. pour le Royaume éternel. Amen.

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise

SAINTE TRINITÉ   (Deut. 4, 32-34 ; Rm 8, 14-17 ; Mat. 28, 16-20)  

Mes frères et soeurs
          
Vous rappelez-vous cette histoire concernant St Augustin?

Marchant sur le bord de la mer, il aurait vu un enfant essayant de transvider l'océan dans un coquillage. Lorsqu'il lui fit remarquer que sa tâche était impossible, l'enfant lui rétorqua: "Alors pourquoi penses-tu que ta petite intelligence puisse contenir le mystère du Dieu infini?" Cette histoire tout édifiante a quelque chose de profondément faux! Car justement, la grandeur de Dieu, c'est de vouloir nous donner tout ce qu'il est, c'est de vouloir verser en nous l'océan de son être, l'océan de sa vie! Tel est le mystère que nous célébrons aujourd'hui?

Quand nous étions encore tout jeunes, on nous a appris qu'en Dieu il y a le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Un seul Dieu, mais trois personnes en Dieu. Nous le croyons....sans trop de problèmes, sans trop nous poser de questions. La Trinité est un mystère, disons-nous; impossible, donc, d'expliquer comment, en Dieu, trois personnes ne font pas trois dieux mais un seul.

Il est intéressant de noter que beaucoup de gens, qui croient en Dieu, ne croient pas pour autant à la Trinité. Les Musulmans, par exemple, croient en Dieu, mais ils ne croient pas à la Trinité. Les Juifs également croient en Dieu, en ce Dieu unique révélé dans l'Ancien Testament, mais ils ne croient pas à la Trinité. Il a fallu la venue de Jésus pour que soit révélé le mystère de la Trinité. Et nous, nous croyons à la Trinité. C'est original par rapport à une multitude de croyants qui existent dans le monde. Il est bon de s'en rendre compte.

Que savons-nous de la Trinité? Que pouvons-nous en dire?

Certains pensent qu'il n'y a presque rien à en dire, justement parce qu'elle est un mystère. Mais non! un mystère n'est pas une réalité dont on ne peut presque rien dire, il est plutôt une réalité dont on n'a jamais fini de tout dire.

Nous ne dirons aujourd'hui que trois choses aux sujets de la Trinité: trois choses fondamentales que ce mystère nous apprend.

Premièrement, le mystère de la Trinité nous apprend que Dieu n'est pas solitude mais communion. En Dieu, il y a le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Trois personnes! Dieu n'est pas personne unique; il est trinité de personnes, il est communion de personnes.

Deuxièmement, le mystère de la Trinité nous apprend qu'entre les trois personnes divines existe un très grand amour. Le Père aime le Fils, le Fils aime le Père, le Père et le Fils aiment l'Esprit Saint. La Trinité est une communion de personnes qui s'aiment. Dieu est amour, a écrit st Jean. Il s'agit d'un amour extrêmement profond, que nous ne pouvons décrire adéquatement; d'un amour qui lie entre eux le Père, le Fils et l'Esprit comme personne ne saurait être lié au monde.

Le mystère de la Trinité nous apprend une troisième chose. Il nous apprend qu'entre les trois personnes divines, il y a à la fois la plus grande unité et la plus grande diversité qu'on puisse imaginer.

La plus grande unité, car les trois personnes divines ne forment qu'un Dieu. La plus grande diversité, car ces trois personnes sont réellement distinctes: le Père n'est pas le Fils, le Fils n'est pas l'Esprit. Entre eux trois, toutefois, existent un respect total, une compréhension totale, une harmonie totale.

Tout cela est beau, est très beau, diront certains; mais en quoi tout cela nous concerne-t-il vraiment? En ceci: nous pouvons entrer en communion avec le Trinité et ensuite, la Sainte Trinité doit inspirer toute notre vie.

Oui, mes frères et soeurs.

Nous pouvons entrer en communion avec la Sainte Trinité. Nous pouvons vivre avec le Père, le Fils et l'Esprit. Nous pouvons les prier, leur parler silencieusement, les contempler, les louer. Nous pouvons surtout les laisser habiter en nous.

La Sainte Trinité doit inspirer toute notre vie. C'est bien vrai. Car nous qui croyons à la Sainte Trinité, nous sommes appelés à ne pas être des personnes solitaires mais des personnes de communion, comme le sont le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

Nous qui croyons à la Sainte Trinité, nous sommes appelés à ne pas demeurer indifférents face à nos frères et soeurs, humains, mais à nouer avec eux des liens d'amour chaleureux, comme il en existe entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint.
Nous qui croyons à la Sainte Trinité, nous sommes également appelés à être à la fois unis et différents. La Trinité nous inspirer de reconnaître et de respecter nos différences, faisant en sorte que, loin de nous éloigner les uns des autres, elles nous rapprochent plutôt les uns des autres.

Nous sommes crées à l'image du Dieu unique et vivant qui est Trinité. Nous sommes des enfants appelés à exprimer son image dans le concret de la vie. Notre foi au Dieu nous invite à promouvoir l'unité entre les humains et les peuples.L'unité n'est pas cependant une plate uniformité, mais une communion et un partage entre nous dans le respect et l'acceptation de la diversité et des différences.

A l'image de la Trinité, un seul Dieu en trois personnes, nous sommes appelés à former des familles, des groupes, des peuples unis, dans le respect des diversités. Cela n'est possible que si Dieu est la source de notre amour:

"Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Sainte soient avec nous tous". Saint Paul nous l'a dit dans la deuxième lecture de ce dimanche.

En célébrant cette Eucharistie, nous sommes unis à Jésus Christ, le Fils de Dieu, qui nous met en paix avec Dieu le Père, grâce à l'Esprit qui nous rassemble et qui habite en nous. Nous sommes donc en communion avec le Dieu vivant qui non seulement nous aide à vivre une vie meilleure, mais qui nous fait vivre de sa propre vie. Nous sommes les enfants du Dieu vivant. Amen

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise


5e -PÂQUES        (17, 18 mai 2003)
Actes 9, 26-31 ; 1Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8

Chers amis

Les lectures de ce dimanche nous invitent à aimer en «actes et en vérité» et à demeurer sur la vigne véritable pour porter du fruit. Est-ce encore possible d'aimer aujourd'hui, alors que tout semble éphémère? N'est-ce pas l'amour qui nous permet de demeurer près d'une personne lorsque celle-ci est malade ou en difficultés? Demeurer, s'engager, ne sont-ils pas synonymes?

"Demeurer" veut dire «établir sa demeure, être présent, rester". Ce verbe a un sens d'intimité, de fidélité et de constance et il revient 8 fois dans le texte évangélique d'aujourd'hui. Jean insiste: pour porter du fruit, il nous faut demeurer sur la vigne.

La vigne, c'est le Christ et le Christ est la vie véritable. «Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire". En dehors de la vie, c'est le dessèchement et la mort. Il nous faut demeurer!

Le verbe "demeurer" a perdu de sa force, aujourd'hui où tout semble précaire et interchangeable. On a peur de l'engagement et de la stabilité. Le changement est à la mode. Changer pour changer? Tout doit bouger, être remplacé par mieux, plus efficace, plus rapide. On achète un ordinateur et quelques mois plus tard, il faut le changer, il n'est plus assez performant.

On court sans cesse et on recherche toujours plus. ... Plus de bien, plus d'argent, plus de plaisir, plus d'émotions etc. ... Pour finalement se retrouver fatigué et insatisfait.

"Demeurer" nous rappelle qu'il faut apprendre à nous arrêter, à nous ressourcer, pour devenir présents à nous-mêmes, aux autres et à Dieu. La course folle de nos temps modernes nous empêche de goûter aux bienfaits d'une présence authentique. Qui a déjà expérimenté une relation où les deux personnes sont vraiment présentes l'une à l'autre, peut témoigner, comme l'apôtre Paul, de la Bonne Nouvelle de l'évangile. Dieu est présence, si nous apprenons à demeurer présents. Nous deviendrons alors solidaires de ce mouvement créateur de vie et nous connaîtrons la joie et la plénitude. Nous deviendrons responsables de la transformation de ce monde qui nous a été confié.

"Je suis la vigne, et vous,  les sarments"

Oui,  nous sommes les sarments d'une même vigne. Être sarment de cette vigne, c'est choisir la vie, choisir l'amour, choisir la solidarité. En effet, tout l'évangile de Jean nous parle du Christ comme la lumière du monde, la vie, la vérité. Adhérer au Christ par la foi, c'est participer à ce mouvement créateur de vie. C'est entrer dans la vérité puisque nous sommes créés par et pour l'amour.

Alors, tout devient possible. Car l'amour abolit la distance entre les êtres et permet la communion, c'est-à-dire l'unité dans la diversité. L'amour nous fait participer à l'abondance de la vie qui se révèle dans la beauté et la bonté de la création entière. L'amour nous fait comprendre que nous sommes solidaires les uns des autres et que notre destinée est commune.

Nous sommes solidaires, nous sommes responsables, habitants d'un même monde qui nous a été confié. Lorsque nous polluons la terre, l'eau, l'air et que nous exploitons d'autres êtres humains, nous blessons ce monde si précieux et nous nous détruisons. Nous «diminuons» l'être humain et nous oublions sa vocation profonde.

Par contre, en recherchant ensemble des solutions pour guérir des maladies, pour construire la paix, pour dépolluer la terre et secourir les pays qui vivent des catastrophes naturelles, nous participons à ce mouvement créateur de vie. Alors, sarments d'une même vigne, nous portons du fruit et, par notre solidarité humaine, nous sanctifions la terre.

Le Christ est la vigne véritable. Par toute sa vie terrestre, il nous a montré le chemin de l'amour et de la solidarité.

Par la foi, nous vivons dans une relation d'intimité avec lui. C'est beaucoup plus qu'une adhésion intellectuelle et morale. C'est une véritable relation, un engagement de toute la personne qui nous transforme et nous permet "d'aimer en actes et en vérité".

Il faut se laisser nourrir par l'amour, la sève divine qui coule dans cette «vigne comme il n'y en a plus». L'être humain ne peut véritablement aimer s'il n'a d'abord été aimé. L'amour reçu et accepté transforme et permet d'acquiescer aux émondages nécessaires pour toute croissance hu-maine.

Solidaires, nous sommes dans la vérité et nous participons à la création du monde qui est continuelle. Mais solitaires, nous quittons la vie et nous entrons dans un processus de mort, nous nous desséchons et nous mettons la terre en danger.

Aujourd'hui, nous nous plaignons d'une société de plus en plus inhumaine et injuste parce que trop individualiste. Pourtant, chacun ou chacune de nous a la capacité d'y changer quelque chose. Peut-être une petite chose, mais oui. Le Christ nous assure qu'en dehors de lui nous ne pouvons rien faire, mais en lui, tout devient possible!

Créés à «l'image et à la ressemblance de Dieu», nous sommes co-créateurs du monde qui nous a été confié. Nous devons devenir conscients de notre responsabilité humaine. Alors, à l'image du Christ, nous rendrons la gloire de Dieu visible dans notre monde blessé. «Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit.»

Où trouver Dieu? Certes, en contemplant la nature, nous sommes souvent bouleversés par la beauté des paysages et nous pressentons Dieu. Par ailleurs, lorsque nous voyons Jean Vanier, Mère Teresa de Caculta  agir et que nous prenons conscience de la tendresse et de l'amour qui transparaissent dans toutes ses actions et ses paroles, nous compre-nons qui est Dieu. Notre coeur le reconnaît.

Les lectures d'aujourd'hui nous convient à cette grande aventure humaine: «Mes enfants, nous devons aimer: non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité» (1 Jean 3, 18).

Homélie de Dominique    

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Homélie  prononcée
à l'église Saint-François d'Assise

Venez derrière moi

"Venez derrière moi", dit Jésus. Avoir le courage de prendre sa place dans le grand cortège des hommes et des femmes en marche vers Dieu demande du coeur, du cran et une grande foi. Cela nécessite parfois d'aller à contre-courant, en risquant le tout pour le tout. Jésus n'a pas vécu la facilité, peut-il en être autrement pour nous?

Pour certains, suivre Jésus, c'est surtout renoncer à beaucoup. Mais suivre Jésus, c'est s'embarquer à sa suite avec toutes les peines et les joies qui en découlent. Mais, joie ou peine, il est parfois difficile de le savoir.
Cela me fait penser à cette histoire. Un vieux paysan avait un cheval. Un jour, l'animal s'enfuit. Les voisins lui disent. "Quelle peine-de voir partir un si beau beau cheval". L'homme répond: 'Peine oujole qui pourrait le dire?'

Quinze jours plus tard, le cheval revient à la ferme, suivi d'une bande de chevaux. On dit alors au vieux paysan: "Quelle joie pour toi!" Il déclare: "Joie ou peine, qui le sait?" Le fils du paysan saute sur l'une des montures qui part à l'épouvante, il tombe et se casse une jambe. «Pour sûr, c'est une grande peine pour toi», disent ses amis. Le père hoche la tête et dit: «Peine ou joie, on verra bien. » 

La guerre civile faisait rage dans la province. Une armée de soldats passe dans le village, enmenant de force tous, les jeunes gens en âge de porter un fusil. Seul le garçon a la jambe brisée ne part pas. Joie ou peine, qui pourrait le dire?

Mes frères et soeurs

On ne sait jamais si tel événement est joie ou peine. Il faut attendre la fin de l'histoire et peut-être même la fin de la vie, de notre vie. Alors, en se retournant, on verra mieux ce qu'il en était: joie ou peine. Pour le moment, nous adhérons aux paroles de Jésus.

Croire en jésus est une joie qui n'exclut pas les peines. La vie est un mystère... Croire, c'est adhérer à Jésus et à son message. Cette certitude ne vient pas de la science, aussi noble et belle que soit la science, mais elle nous comble et nous remplit de joie.

«A qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelles, affirmait Pierre à Jésus. «Malgré tout, sur ta parole, je relancerai le filet», disait-il encore. Pour que notre joie soit grande, il faut se tourner vers le Seigneur, il faut réapprendre à lire les signes des temps et constamment se convertir.

1 - Se convertir, c'est quoi? C'est croire à la Bonne Nouvelle.

Marc veut ici nous montrer combien l'appel à la conversion est un impératif et une urgence. Jésus n'est pas un maître comme ces scribes qui aimaient se réunir pour discuter, brasser des idées et enseigner la bonne doctrine. Il ne se présente pas comme un maître à penser, mais comme un maître à agir.

Il veut que- les pêcheurs d'hommes qu'il choisit soient non seulement de bons auditeurs, mais des personnes d'actions, capables de témoigner et de porter la bonne et joyeuse Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre, joyeuse Nouvelle parce qu'elle est libératrice.

Croire, avoir foi, ne porte pas avant tout sur des idées, mais sur une personne. Adhérer à Jésus, le suivre, voilà une grande aventure! Simon, André, Jacques et sont saisis par la Parole de Dieu. Cette Parole est devenue leur raison de vivre.
Combien de temps durera la conversion? Les récits de conversion intéressent toujours. Les nouveaux convertis ne cessent de raconter leur histoire. Chemins de conversion, chemins d'ombre et de lumière, chemins de joie et de peine, quête toujours teintée d'espérance, vertu passe-muraille qui nous fait avancer dans la vie.

2-Oui, mes frères et soeurs
Se convertir, c'est accueillir à la manière de Jésus
Se convertir, c'est s'engager à son service.

Un jour, j'ai vu collé sur la porte du bureau d'un animateur de pastorale, le mot suivant: «Pas d'entrevue pour suivre Jésus». Jésus ne demande jamais nos diplômes, nos certificats pour nous engager à sa suite.

Nous sommes baptisés, nous avons,un droit de parole, nous avons le droit de dire Jésus Christ aux autres. Nous devenons témoins, lumière pour tous ceux et celles qui nous voient, nous entendent, nous touchent. Aucun critère pour suivre Jésus, pour marcher à la suite du Vivant, si ce n'est celui de l'accueil du pauvre, du rejeté, du petit auquel Jésus aime s'identifier.  «Ce que tu fais au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que tu le fais» (Mt 25).

Se convertir, se changer en profondeur, faire du ménage dans sa vie, c'est faire de la place dans son coeur pour celui ou celle qui viendra frapper à notre porte.

Nous ne savons pas toujours où cela nous mènera d'accueillir à la manière de Jésus, mais nous pouvons être assurés de sa présence indéfectible. Nous passerons par des joies, des peines, nous passerons par la croix, mais soyons assurés que tout débouchera sur la vie en plénitude. Avec Jésus, l'avenir est déjà là, le Royaume de Dieu est là. Il est donné dans la résurrection de Jésus.

Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes». Suivre Jésus comporte en fait deux mouvements: la conversion et l'accueil, c'est-à-dire la continuité dans la vie. La conversion peut être un mouvement spontané, mais l'accueil véritable sera souvent long et douloureux. Il serait donc peut-être plus juste de traduire: «Je vous ferai devenir des pêcheurs d'hommes».

3 - Se convenir, c'est s'engager à son service.

Qui est donc Jésus, pour nous lancer dans une telle aventure? L'évangile n'est pas un conte de fées où le héros vient à bout de tout, sans effort. De même, pour ceux et celles qui suivent Jésus, la décision de prendre au sérieux l'appel est parfois difficile. Elle implique un changement de vie. Mais il est toujours bouleversant et mystérieux de penser que «Dieu a besoin des hommes, Dieu a besoin de nous». Il compte sur nous pour mener à terme son projet, son Royaume. Et depuis plus deux mille ans des gens s'engagent à son service.

Simon,  André, Jacques et Jean renoncent à leur métier pour suivre un parfait inconnu. Quel changement, quelle conversion! Des années plus tard, on les retrouvera, animés d'une audace étonnante pour annoncer la Bonne Nouvelle offerte à tous en Jésus.

Jonas, lui, s'était enfui pour ne pas remplir la mission confiée par Dieu. Finalement, on le retrouve là où il ne voulait pas aller, annonçant la Bonne Nouvelle de l'amour miséricordieux du Seigneur. Le Dieu qui s'est révélé à Jonas était tout le contraire du Dieu qu'il croyait aimer. Même Ninive s'est convertie Même notre entourage peut se convertir.

Mes frères et soeurs

On ne peut prendre au sérieux la Parole de Dieu sans rien changer à sa vie. Pouvons-nous nommer les moments où nous avons changé quelque chose à notre existence à cause de Jésus?

Prenons un moment de silence pour regarder, pour écouter en nous ou nous laisser toucher par les événements qui ont marqué notre vie.

Comme croyants et croyantes, nous pouvons être tout aussi saisis par la Parole de Dieu, la laisser nous habiter et devenir source d'inspiration et d'action.
Dieu nous donne rendez-vous au coeur de notre   quotidien. Progressivement, laissons-nous libérer par la Parole de Dieu.
En cette célébration eucharistique, comment regardons-nous la vie, le monde? Avec inquiétude, avec espérance, avec joie ou avec mépris? L'évangile nous invite plutôt à le regarder "dans le Seigneur", c'est-à-dire à la lumière de la résurrection. Amen.

Homélie de Dominique   


Les homélies de l'abbé Dominique Nguyen
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