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Peuple de Dieu qui fête l'alliance

Homélies

















En face des obstacles qui se dressent sur leur route, Joseph et Marie se laissent guider par Dieu.



















À l'ère des familles reconstituées, des familles monoparentales et des familles en crise, peut-on encore célébrer une structure sociale qui a beaucoup changé?















Y a-t-il de quoi célébrer?









Vos enfants ne sont pas vos enfants





Réflexion pour  le dimanche de la sainte Famille A

Après le départ des Mages, l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: «Lève-toi; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant, pour le faire périr.» Joseph se leva; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète: D'Égypte, j'ai appelé mon fils.

Après la mort d'Hérode, I'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit. «Lève-toi; prends l'enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant.» Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et rentra au pays d'Israël. Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth.

Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes. Il sera appelé Nazaréen.


Il n'est sans doute aucun moment de l'année où les hommes aient autant qu'à Noël la nostalgie d'une vie familiale harmonieuse, intacte, libre de soucis. Une famille intacte, cela n'existe pas, et l'on ne peut pas la fabriquer, même à Noël, ne serait-ce que pour un instant. La «parole du Christ» nous présente aujourd'hui Marie et Joseph qui, à deux reprises, doivent fuir et changer de lieu de résidence à cause de «ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant». Nous sommes donc loin du petit nid chaud que l'on imagine parfois. Combien de familles de réfugiés économiques et politiques vivent maintenant au milieu de nous et connaissent trop bien l'insécurité que peut provoquer une telle situation? Mais la Parole nous apprend aussi que, parce qu'elle a su relever le défi, la sainte Famille a pu donner un sens nouveau aux promesses de Dieu: «Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit. »

Même lorsque la famille est fragile, éclatée ou reconstituée, elle demeure pour les enfants et les adolescents le havre premier où ils apprennent à affronter la vie et le tremplin nécessaire pour inventer leur liberté. Même lorsque la foi des parents paraît faible ou hésitante, il reste que c'est chez eux et à travers les générosités et les traditions familiales que les jeunes trouvent les premiers éléments de discernement moral et de convictions spirituelles.

Vivre la foi en famille est avant tout une affaire d'atmosphère, une question de climat, un certain art de vivre. Les parents proposent la foi comme un « air de famille », comme un « style de vie » imprégné de leur culture, de leurs valeurs et de leurs raisons de vivre. L'amour d'un couple, le travail quotidien pour gagner le pain, vêtir les jeunes, les soigner quand ils sont malades, c'est déjà le livre de l'Évangile ouvert, à la page très concrète du verre d'eau donné au plus petit. La famille ne devient viable que si ses membres se réunissent dans le mystère qui les dépasse tous; si, à Noël, elle ne tourne pas simplement autour d'elle- même, mais célèbre en toute conscience la fête et son mystère. Chacun, aujourd'hui comme dans l'histoire sainte, possède son propre secret et a son propre défi à relever. C'est seulement si nous méditons en notre coeur notre propre secret, celui de notre conjoint et celui de nos enfants, que nous pourrons nous sentir vraiment chez nous dans notre famille, en dépit de toutes les distances, de tous les obstacles.

Célébrer la sainte Famille, ce n'est donc pas évoquer avec nostalgie la famille traditionnelle du passé. Célébrer la sainte Famille, c'est apprendre de Dieu comment réinventer un lieu où chacun, chacune pourra apprendre la tendresse, la bonté, l'humilité, la douceur et la patience. En aimant à la manière de Dieu, au coeur de nos familles d'aujourd'hui, nous pourrons apprendre à devenir chaque jour plus humains, tout comme Jésus l'a fait avec Marie et Joseph.

Un jour, à nous parents, qui  avons investi tant d'amour et d'énergie dans l'éducation de nos enfants, il nous sera demandé de les abandonner à la vie. En conclusion, j'aimerais vous laisser ce message de Kahlil Gibran.

Vos enfants ne sont pas vos enfants
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie elle-même. Ils viennent à travers vous, mais non de vous. Et bien quels soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leur corps, mais pas leurs âmes. Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez pas visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier. Vous êtes des arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. Que votre tension par la main de l'archer soit pour la joie.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources