«Maître,
prends pitié de nous!»
Jésus appartient à toute l'humanité, il est venu pour tous les hommes.
Tendre la main, c'est ça être chrétien
Tendre la main, prendre avec courage la route qui mène à l'autre, pour lui dire, que je suis à côté de lui que je marche avec lui, qu'il est important dans ma vie.
Réflexion pour le 28e dimanche du Temps Ordinaire C
Merci beaucoup!
Jésus prend la route les mains vides mais avec le coeur dans la main et un coeur capable d'aimer. Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus a choisi de passer par le pays des exclus, la Samarie, où dix lépreux exclus parmi les exclus viennent à sa rencontre. Les lépreux reconnaissent qu'ils portent en eux la marque de la lèpre et du péché, et c'est la préparation pénitentielle: «Maître, prends pitié de nous!» Jésus n'agit pas en commando en colonisateur de l'autre. Suivant son habitude, il est saisi de pitié devant les victimes de la maladie et du péché. Il accueille les lépreux car son Église est accueil. Son Église se fait chaque fois que, moi aussi, j'accueille mon frère sur la route, que je l'accueille justement comme mon frère et non pas comme un étranger.
Après avoir accueilli en son corps la force de la Parole, un lépreux purifié de l'Évangile se prosterne jusqu'à terre, un geste qui, dans la Bible, se fait devant Dieu seul: c'est le plus visible et le plus fervent des Je crois en Dieu. Il proclame que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, digne d'adoration à l'égal du Père. Témoin de son action de grâces, Jésus demande: «Où sont les neuf autres?» Les fils purifiés et rachetés du premier peuple de l'Alliance se joindront-ils à la fête de l'assemblée chrétienne? «Il n'y a que cet étranger...» L'Église, elle est ce rassemblement de toute l'humanité, elle n'est pas l'Église de l'exclusion, et Jésus, n'est pas la propriété ni de l'église ni des catholiques. Jésus appartient à toute l'humanité. Jésus est venu pour tous les hommes. Il ne faut pas jamais l'oublier.
Raoul Follereau, l'apôtre des lépreux était plein d'amour. Il a traversé le monde pour prendre la défense des lépreux. Un jour, au bout d'une route, il s'est retrouvé dans une léproserie. Tout le village était devenu une léproserie. On avait entouré le village de barbelés. Aux quatre coins, on avait mis des mitrailleuses pour que personne ne puisse fuir. Quand il est arrivé les mains vides, il s'est excusé auprès des gens du village, auprès de ces lépreux, auprès de ces condamnés à mort d'avoir les mains vides. Alors le chef du village a pris la parole au nom de tous les autres pour dire qu'il n'avait pas à s'excuser parce qu'il avait eu le courage de venir jusqu'à eux. Il dit: "touche seulement nos mains, touche seulement nos mains" . Alors les pauvres lépreux avec les mains tordues, les mains creuses pleines de trous, sont venus et l'ont pris par la main. Ils n'avaient pas de demandes, il voulaient simplement retrouver leurs dignité d'être humain. De se retrouver face à des hommes face à un homme qui les considéraient comme des hommes. Raoul Follereau a appris qu'il était le premier depuis vingt ans à donner cette espérance et cet espoir. C'est ça être chrétien, tendre la main aux autres, pas fermer les mains pour en faire des poings.. mais leur tendre la main pour créer des liens, pour jeter des ponts, des passerelles, pour que nous nous retrouvions frères et soeurs.
Tendre la main, c'est ça être chrétien. C'est poser des gestes simples, des gestes de tous les jours. Ça demande du courage de tendre la main, il est si facile de se replier sur soi. Voilà, l'invitation, l'appel que Jésus me fait à travers l'Évangile d'aujourd'hui. Tendre la main, prendre avec courage la route qui mène à l'autre, pour lui dire, que je suis à côté de lui que je marche avec lui, qu'il est important dans ma vie.
d'après des textes de
Normand Barré et Bernard Lafrenière