Réflexion pour le 23e dimanche du temps ordinaire C
L'évangile d'aujourd'hui est une invitation à vivre le radicalisme évangélique. Nous pourrions croire que l'invitation à suivre Jésus ne concerne que les religieux, les religieuses et les prêtres. Mais Jésus s'adresse aux «grandes foules» qui «faisaient route» avec lui. À travers elles, nous sommes donc toutes et tous interpellés. Le Christ, aujourd'hui, se retourne vers chacun et chacune d'entre nous pour poser une question: «Savez-vous vraiment ce que signifie marcher derrière moi?» Prenons conscience des exigences qui sont liées au fait de répondre à cet appel.
Préférer
La première exigence consiste à «préférer» le Christ à toutes nos amours. Devons-nous comprendre qu'il faille couper tout lien d'amour et d'amitié avec des personnes et renoncer à les aimer? Jésus a passé toute sa vie à parler de l'amour des autres et il changerait d'idée? Certes non! Il s'agit plutôt de s'attacher à la personne de Jésus ressuscité, afin de toujours mieux connaître son enseignement et de l'appliquer dans nos relations avec les autres. Préférer le Christ, c'est vivre en communion avec lui. C'est donner tant d'importance à ce qu'il dit que notre vie devienne conforme à la sienne: nous devenons capables de vivre nos amours dans une vie totalement donnée, comme il le fait, lui.
Porter sa croix
En deuxième lieu, nous devons nous attendre à rencontrer la souffrance et ne pas nous défiler: «Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.» Jésus ne dit pas de rechercher la croix, de la désirer, mais de ne pas la fuir lorsqu'elle se présente dans nos vies. Toute personne connaît un jour ou l'autre la souffrance: la perte d'un emploi, la mort d'un être cher, la maladie, un revers financier, un projet qui s'écroule, une relation qui prend fin. La croix se présente sous tant de formes! Jésus, qui nous a aimés passionnément, comprend nos souffrances. Son combat pour la vérité, la justice et la paix a été rude. Il ne s'est pas dérobé à la douleur, au rejet et à la mort. À l'heure de l'épreuve, le disciple ne doit pas désespérer non plus. Il peut compter sur la solidarité et sur la présence du Christ.
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La troisième exigence est de «renoncer à tous ses biens». Nous faut-il
pour autant vivre dans le dénuement et l'indigence? Ce n'est pas ce que le Christ demande. Il veut que nous mettions en commun toutes nos richesses: notre argent, oui, mais aussi notre temps, notre savoir et nos compétences et ce, pour lutter, comme lui, contre l'injustice et la pauvreté.
Nous attacher au Christ, porter notre croix, partager nos biens, l'appel est radical. Notre réponse l'est-elle autant? Les deux paraboles de la construction de la tour et du roi qui part en guerre montrent qu'un tel engagement nécessite mûre réflexion. Demandons à l'Esprit Saint le discernement, la force et l'abandon nécessaires pour répondre à l'invitation du Christ.
Un texte de
Lise Hudon-Bonin