Réflexion pour le 20e dimanche du temps ordinaire
Le feu, «comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » dit Jésus. Dans la Bible, le feu représente souvent Dieu lui-même qui était là dans le buisson ardent lors de la révélation à Moïse, ou au désert dans une colonne de feu. Le feu représente aussi le jugement divin qui purifie les bons et qui consume les mauvais. Saint Luc a repris ce thème du jugement par le feu. Au terme de son évangile, le feu symbolise l'enthousiasme qui brûle au coeur des disciples d'Emmaüs, mais aussi l'Esprit Saint venu à la Pentecôte, sous la forme de langues de feu.
En suivant l'exemple de Jésus on bâtit la société, on la transforme avec un coeur qui brûle d'amour. La société du temps de Jésus était drôlement malade et Jésus n'a pas jugé, il l'a prise comme elle était, il s'est attablé avec les pêcheurs, il est allé avec les mals-pris, les laisser pour compte. Jésus aimait son peuple et voulait vivre en bons termes avec lui. Oh ! Qu'il a questionné fortement les pharisiens, les docteurs de la loi, la religion de l'époque. Il l'a remis en question, mais il n'a jamais appelé à la révolte. Jésus n'a jamais acquiescé à la demande de Jacques et de Jean de faire descendre le feu du ciel - parce que vous vous souvenez, un jour il était en route vers Jérusalem un petit village de Samarie a refusé de le recevoir. Et c'est alors que Jacques et Jean ont demandé à Jésus de faire descendre le feu du ciel. Jésus dit : « allons dans un autre village».
Jésus aimait la vérité et a voulu lui être fidèle au risque de créer de l'opposition : c'est cela aussi qu'il nous dit dans le passage d'Évangile d'aujourd'hui. C'est dérangeant ça de se mettre à aimer la vérité. La division était l'expérience quotidienne de la première génération chrétienne. Une conversion entraînait le plus souvent le rejet de la famille et de la société. Vers 740 avant notre ère, le prophète Michée écrivait une phrase semblable : «Car le fils insulte son père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison». Jésus, ayant lui-même été rejeté par les gens de son village, en fut conscient : l'option pour le Règne de Dieu devait passer avant les liens familiaux les plus sacrés et les plus chers. Il y a eu des prophètes comme Jérémie dans la première lecture, il y a eu aussi des chrétiens, évidemment, catholiques ou non, il y a eu aussi des non-chrétiens, des «chrétiens sans le savoir», des hommes et des femmes qui, pour être fidèles à la vérité, n'ont pas craint le rejet de la part de leurs frères et soeurs.
Le feu, «comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » dit Jésus. « Je dois être baptisé d'un baptême et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli ». Jésus semble impatient et pourtant le baptême dont Jésus parle c'est sa mort, c'est sa vie qu'il donne pour la société. Voilà un véritable engagement, donner sa vie. L'amour est toujours impatient, l'amour est impatient de se donner, de se dire, de s'exprimer, de se partager et Jésus a mal. Il a mal parce que la vie était emprisonnée par la religion dans des recettes, dans des dogmes, dans des formules toutes faites. Jésus a dénoncé la société et la religion de l'époque parce que cette religion n'était pas vraiment le projet du Père. C'était une religion déformée. La situation est-elle si différente de nos jours ?
À premier abord nous sommes tentés de répondre que dans la société actuelle il n'y a plus de religion, mais ce n'est pas parce que nos églises sont vides qu'il n'y a plus de religion. Notre monde est encore religieux. Il y a plein de religions, il y a plein de sectes. Ils sont souvent une déformation de l'esprit religieux. Même à l'intérieur de notre religion catholique que de déformations parfois. Vous savez souvent, c'est la religion des traditions, des recettes, des formules toutes faites, des chapelets sur la corde à linge, pour qu'il fasse beau le jour de son mariage, c'est la religion des superstitions. C'est les points de service. C'est bien différent de la religion qui nous est proposée par Jésus. Est -ce la religion du Christ qui est la nôtre ? Religion ça veut dire relier, ça veut dire rassembler, ça veut dire créer des liens, ça veut dire être solidaire avec notre monde avec notre communauté humaine et chrétienne. Ca veut dire s'engager, ça veut dire être témoin du Christ. Voilà, ce n'est plus la religion du miroir, c'est la religion de l'autre de l'engagement vis à vis de l'autre. C'est aimer parce qu'aimer, c'est sortir de soi pour aller vers les autres.
Jésus est venu apporter un feu sur la terre c'est ça notre mission, c'est ça le projet que le Père nous demande à nous. Est-ce que je brûle moi ? Je peux transformer la vie de ma famille, transformer la vie de ma communauté par l'engagement que je fais, par l'amour que j'y apporte, par les gestes de tendresse, d'amitié et d'engagement, par le témoignage que j'y apporte.
C'est ça l'appel de l'Évangile d'aujourd'hui. Est-ce que nous sommes prêts à vivre la vraie religion ? La religion du Christ pas la religion du miroir, une religion qui m'amène à partager avec les autres. Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé.
Serge Lefebvre
d'après des textes de
Normand Barré, Phil Bosmans, Léon Brillon et Bernard Lafrenière
La critique authentique découvre l'abcès sous l'épiderme, tout en proposant des remèdes.
La critique authentique agit sur une société engourdie
comme une douche froide favorise la circulation du sang, comme un massage énergique assouplit les muscles,
comme un sécateur taille sur le vieil arbre les rameaux malades ou desséchés, afin que l'arbre puisse respirer et revivre, grâce à des forces neuves.
La critique est nécessaire à la vie.
Critiques-tu les autres,
les groupes et les associations, les événements et les faits,
les hommes et les situations,
parce que tu cherches leur bien, parce que tu désires que l'on vive mieux?
Si oui, n'aie pas peur, utilise la critique.
Ta critique sera une bénédiction !
Ta critique se fonde-t-elle
sur des préjugés idéologiques ? S'alimente-t-elle de haine, de cupidité,
d'étroitesse d'esprit?
Est-elle envahissante, blessante, dévastatrice ? Si oui, tu pratiques une critique morbide, tu es un spécialiste en démolition qui ne laisse
que ruines derrière lui.
Seigneur Jésus,
Le feu sur la terre, c'est l'Esprit que tu nous donnes.
Il a éclairé la foi de tes disciples à la Pentecôte.
Il illumine nos vies aujourd'hui.
Seigneur Jésus, fais que nous soyons tout feu tout flamme pour toi !