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Homélie du 19e dimanche du Temps Ordinaire prononcée à l'église Saint-François d'Assise le 12 août 2001


L'expérience de la vie et le ministère m'ont appris que nous vivons tous l'inquiétude. Inquiétude pour nous-mêmes : nous craignons de manquer d'argent, de travail, de perdre notre aisance, de perdre l'estime que les gens ont pour nous. Inquiétude pour les autres : nous ressentons la souffrance de ceux que nous aimons, nous nous tracassons pour eux. Inquiétude pour demain, nous vieillissons. Que nous arrivera-t-il?  Malgré nos bonheurs, et même nos situations privilégiées, il y a bien des embûches, des obscurités sur nos chemins.

Dans les nuits de nos vies, Jésus nous dit aujourd'hui : « Sois sans crainte, petit troupeau. »  La même phrase qu'avait dite Jean-Paul II au début de son homélie au parc Jarry, lors de son voyage au Canada.
« Sois sans crainte, petit troupeau,  car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »  Remarquons bien, la phrase est au présent.  Bien sûr, le Royaume est éternel, il est pour après notre mort, mais il est déjà commencé. Nous pouvons déjà en prendre possession, le goûter dans la foi, nous dit l'auteur de la lettre aux Hébreux dans la deuxième lecture.

Dans l'Évangile, Jésus compare le Royaume  à un trésor caché dans un champ qu'un homme trouve. Il nous demande de vendre ce que nous avons pour le posséder, de nous débarrasser de l'inutile, de nous faire une bourse qui ne s'use pas. Il ne dit pas cela pour faire peur. Il vient de nous dire de ne pas craindre. Il veut que nous soyons heureux. Il veut que nous réussissions notre vie. Il connaît nos tendances à nous occuper de beaucoup de choses mais pas assez de l'essentiel.

Parfois, quand nous voyons quelqu'un de très tendu, nous lui disons:
« Lâche donc, ne te complique pas la vie, reviens à l'essentiel. Fais confiance et dors sur tes deux oreilles. » C'est cela que Jésus dit aux gens troublés qui le suivent et à nous aujourd'hui. Il nous demande de vivre  dans le calme et dans la paix  la nouvelle manière de vivre qu'il est venu nous enseigner. Cela consiste à ne pas rechercher avec anxiété et inquiétude son petit succès à soi, mais à faire la volonté du Père dans le service des autres, dans l'amour, dans le don de soi. Et après, à laisser faire, laisser braire. Et encore mieux faire confiance à Jésus.

Il dit qu'il va revenir. « C'est à l'heure que vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » Encore ici, Jésus ne veut pas faire peur, il vient de dire de ne pas craindre. Il nous dit seulement que  sa nouvelle présence sera discrète.

Jésus ne reviendra pas comme les Juifs l'attendaient, sur un nuage, dans un char de feu, au milieu des éclairs et du tonnerre. Il reviendra comme un ami. «  Il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour », venons-nous de lire. Quand quelqu'un est un intime, un ami très proche, quelqu'un de la maison, il n'envoie pas sa carte de visite, ne téléphone même pas; il entre sans frapper. Il arrive sur la pointe des pieds, comme un voleur, expression que Jésus a employée. C'est cela que Jésus veut faire. Il veut faire son chez eux chez nous, devenir notre adjoint, notre partenaire. Il nous demande seulement, c'est le gros bon sens, d'être vigilant, de garder notre porte ouverte. C'est comme cela que je comprends l'Évangile.  « Sois sans crainte, petit trou-peau  car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »  Le Royaume,  c'est Jésus avec nous pour toujours.

Jean-Louis Auger

Homélies
« Là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur »

Heureux qui tient la lampe de son coeur allumée.

La lumière de Dieu fait voler en éclats ses nuits.

Heureux qui tient ses mains dépliées.

La tendresse de Dieu coule sur ses doigts.




Seigneur, accorde-nous la vigilance du coeur, l'intelligence spirituelle pour savoir discerner nos vrais biens et l'urgence du temps présent.