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Homélie du 18e dimanche du Temps Ordinaire prononcée à l'église Saint-François d'Assise le 5 août 2001


« Vanité des vanités, tout est vanité. » Le texte de la première lecture n'est pas très gai, il est même d'un pessimisme troublant. Mais personne ne peut nier qu'il décrit la réalité.

Même la vie la plus heureuse, la mieux réussie aboutit à l'absurdité de la mort. « La vie est une histoire sadique. » « Il n'y a rien de juste sur la terre. »  Des phrases que nous avons entendues; des phrases que nous avons peut-être dites. Elles ne seraient que trop vraies si la vie terrestre n'avait pas de lendemain. Mais elle en a un. Jésus a apporté une réponse aux sombres constatations de l'Écclésiaste. En ressuscitant des morts, il a assuré l'éternité de nos vies. La jeune fille non croyante qui me disait la semaine dernière : « Je suis comme l'herbe, je vais me dessécher et je vais disparaître », se trompe. La vie fragile qui coule dans nos veines ne finit pas. Un jour, le passager fera place à l'éternel, l'imparfait au parfait, le fini à l'infini. Non seulement le ciel existe, mais il est fait pour nous, il est à notre portée.

Cette bonne nouvelle change tout. Elle nous amène à vivre différemment de ceux qui n'ont pas notre foi. Nous ne capitalisons pas et nous n'investissons pas de la même manière qu'eux. C'est ce à quoi nous invite l'Évangile et la deuxième lecture d'aujourd'hui: « Soyez riches en vue de Dieu. » « Recherchez les réalités d'en haut. » « Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. » C'est le gros bon sens et il est bon de nous le rappeler.

Mais ça ne veut pas dire qu'il nous faille mépriser la vie sur terre. Qu'il nous faille mener une vie ennuyeuse, contraignante, méprisante pour les plaisirs et les joies de ce monde. Comme s'il nous fallait payer aujourd'hui par des sacrifices et des souffrance la vie bienheureuse que nous aurons après notre mort. Toute spiritualité qui va dans ce sens est aberrante et  contraire à l'Évangile de Jésus. La vie éternelle, la vie bienheureuse, ce n'est pas une vie seulement pour demain,  elle est déjà commencée.
« Mon Royaume est déjà parmi vous », a dit Jésus.

Quand saint Paul nous demande de rechercher les réalités d'en haut, il ne veut pas que nous vivions comme des anges.  Quand il a écrit ce texte, il ne savait pas plus que nous comment vivent les anges. Il veut qu'en ayant les pieds bien à terre, nous vivions les valeurs éternelles, celles que nous continuerons à vivre au ciel, celles que nous a montrées Jésus : l'amour, le don de soi, l'esprit de partage, de  service, d'entraide.

La faute de l'homme riche dans l'Évangile, ce n'est pas d'avoir eu une récolte abondante, de l'avoir bien engrangée; c'est de l'avoir engrangée pour lui et lui seul. Il se dit à lui-même : « Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. »  Dans sa vision, il n'est pas question de sa femme, de ses enfants, de son entourage, des pauvres, des ses amis, de ses ennemis, de Dieu. Il ne ramasse pas de l'argent pour créer des emplois, pour combattre la pauvreté, pour faire vivre le monde.  Il n'est question que de lui et de l'immédiat.

Les textes que nous venons de lire ne nous reprochent pas de vivre sur terre, d'avoir des biens. Ils nous demandent seulement ce que nous en faisons. Sommes-nous les enfants du Royaume ou les esclaves d'une terre qui n'est que vanité?

Jean-Louis Auger


Homélies
« Les réalités d'en haut »

Seigneur, libère-nous de ce calcul insensé qui fonde nos espoirs de bonheur sur nos seules richesses terrestes.         
Apprends-nous à vivre dans le monde, à faire fructifier nos biens en les mettant tous au service de la vie, cette vie qui est plus que la nourriture et le vêtement.                                
Seigneur, délivre-nous de cette négligence insensée, celle de l'homme qui s'étourdit dans le présent, amasse égoïstement pour lui-même  des biens périssables, et qui en oublie sa grandeur de fils qui s'enrichit en accueillant les trésors impérissables de ta propre vie Seigneur.  


Seigneur, accorde-nous la vigilance du coeur, l'intelligence spirituelle pour savoir discerner nos vrais biens et l'urgence du temps présent.



Il y a peut-être des choses auxquelles je m'attache au point de n'être pas assez libre pour aimer franchement les autres et Dieu? Je m'efforce de prendre plus conscience de leur vanité.



Je fréquente peut-être des lieux qui nourrissent mes illusions à propos du bonheur? Je les évite.