Des textes proposés par le C.P.P.
Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes

Le journaliste français Jean-Paul Kauffrnann, après trois ans de cauchemar, est libéré en 1988 de sa prison libanaise. « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes » (Marc 9,30-37). À vrai dire, c'est toujours la même histoire qui se réécrit, et ils sont nombreux dans le monde les Jean-Paul Kauffmann et ils ne sont pas tous journalistes.

« Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes », une phrase comme un tableau de Rembrandt, le poète du clair-obscur. « Le Fils de
l'homme » vient nous dire notre grandeur: l'homme est né du coeur de Dieu et il est à l'image du Fils de l'homme. Il est grand, il est beau, si beau que Dieu se met à genoux pour le modeler. Jésus aussi se met à genoux pour laver les pieds de ses compagnons de route. Dieu s'émerveille quand il nous regarde. Ce n'est pas Dieu qui nous écrase,c'est l'homme qui écrase l'homme, qui le défait, le déchire. « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ». Kauffmann écrit : « Pendant trois ans, je n'ai pas vu la lumière du jour dans ma cellule. À chaque fois que nous changions de lieu de détention, nos gardiens prenaient un soin extrême à masquer les éventuelles lucarnes. Et pour nous transporter d'un lieu de détention à un autre, nos ravisseurs nous ont enfermés dans des cercueils dont le couvercle était vissé. J'ai cru alors que rien ni personne ne pourrait plus nous sauver. Même chose avec les simulacres d'exécution auxquels nous étions soumis. Nos geôliers s'amusaient à nous tirer brutalement de notre torpeur et nous appuyaient leur arme sur la tempe. La gâchette frappait dans le vide, mais nous ne savions pas si, au prochain coup,une balle n'allait pas nous éclater dans la tête... »

L'homme si grand, parce que né du coeur de Dieu,peut devenir si vil, si méprisable « livré aux mains des hommes ». Le terrorisme à l'échelle du monde, si c'était un cri d'alarme contre l'exploitation des pays pauvres par les pays riches, contre la primauté de l'économique, du déficit zéro, contre l'humiliation de l'être humain.

Jésus est traversé par l'angoisse et en même temps les douze se chamaillent pour savoir qui est le plus grand. Des malades attendent une greffe des poumons et en même temps l'hôpital Laval de Sainte-Foy et l'hôpital Notre-Dame se chamaillent à cause de la complicité politique du ministère responsable. Des milliers et des milliers de citoyens sont sans travail et en même temps nos gouvernements jouent au bingo constitutionnel plutôt que de bâtir un projet de société où chaque citoyen retrouverait sa dignité d'être humain.

Les grands de ce monde veulent faire faire Jésus, et ses compagnons, rongés par l'ambition, pensent à leur plan de carrière, se divisent le monde et rêvent des ministères qui pourraient être les leurs dans le futur cabinet de Jésus : Jacques et Jean, vice-premiers ministres, Pierre à la justice, André aux pêches, Nathanaël à la culture, Judas aux finances, Matthieu aux revenus, Thomas aux affaires sociales et à la santé,Philippe aux affaires extérieures, les trois derniers,Jacques, fils d'Alphée, Jude et Simon le Zélote à des ministères
d'état.

Jésus les regarde et leur dit tout simplement: « Le premier, c'est le  dernier de tous ». Je les vois encore tous surpris : ça veut dire quoi , « le premier, c'est le dernier de tous »? Ça leur trotte dans la tête. Une phrase bien mystérieuse. Si ça voulait dire : le dernier, c'est celui qui sert, qui sert la vie, qui la fait éclater. Jésus n'allonge pas le discours, il pose un geste. Tout près d'eux se trouve un petit bout de chou, un petit bonhomme. C'est si fragile un enfant, ça n'a aucun pouvoir. Ce sans-pouvoir est placé au milieu de ceux qui rêvent de pouvoir. Il ne se sert pas de la vie pour échafauder ses ambitions. Il sert la vie, il vit tout simplement, il joue avec la vie.

Une petite fleur dans l'univers des grandes personnes. Tous ses enfants ont été tués au Rwanda, dans le petit village où elle habitait, sauf la petite Rosefleur qui n'a que six ans. Raymonde, la maman, raconte à Guy Aurenche : « Nous marchions à travers le village dé vasté, tout n'était que mort autour de nous. Soudain,Rosefleur, hésitante, tire la manche de mon manteau et pointant du doigt les ruines, elle me dit:  « Regarde, maman, il y a une petite fleur qui pousse! » Moi, j'étais comme écrasée par tant de cruauté et Roselleur, ma petite fille, croyait davantage à la vie, à la résurrection, voyait cette fleur qui poussait. Elle avait toujours un regard capable de déceler la vie là où la mort semblait triompher ».

Quelle fraîcheur dans ce regard d'enfant! Rosefleur prenait le temps de regarder autour d'elle et elle trouvait autre chose que la destrucion. Elle a déplié son regard et le jour s'est levé. Mais quelle froideur envieuse et possessive dans le regard des douze... et souvent dans le nôtre! En plaçant un petit enfant au milieu de ses douze compagnons, Jésus a simplement voulu leur dire et à nous : « Voulez-vous m'aider à faire lever le jour? »


Normand Barré
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Un instrument de Paix
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la fois.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler,
à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer.
Car c'est en se donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

Prière attribuée à Saint François d'Assise














POUR QU'IL N'Y AIT
QUE LA PAIX !

Pour qu'il n'y ait que la paix,
Pour qu'il n'y ait que l'amour,
Et pour qu'éclate au grand jour
La vérité à jamais !
Guide-nous, François,
Par ta vie d'Évangile.

Comme on chérit un enfant,
Comme on devine un ami,
Comme on saisit la moment
De partager les soucis.
Donne-nous, François,
Même coeur d'Évangile.

Pour que l'amour soit aimé,
Que la pardon soit donné,
Que vive dans l'unité
L'Église-communauté!
Garde-nous, François,
De vrais nids d'Évangile.

Tu as rompu ta mission,
Au coeur de la création;
Que même fidélité
Nous engage à travailler!
Conduis-nous, François,
Au chemin d'Évangile.

Fort de l'Esprit du Seigneur,
Plein de zèle et de ferveur,
Tu reçois la vocation
De rebâtir sa maison.
Instruis-nous, François,
Par ta vie d'Évangile.

Riche de ta pauvreté,
Tu vis la simplicité,
Tu mets au monde la joie,
Au sein de son désarroi.
Fait de nous, François,
Les fils de l'Évangile.

Notre Père dans les cieux,
Toi, seul grand, seul merveilleux,
Que l'amour de ton amour
Nous consume chaque jour!
Brûle-nous, François,
Au feu de l'Évangile.

(Cantique en l'honneur de saint François d'Assise;
paroles et musique:
Raymonde Pelletier,
Les Éditions Fatima, 1986)