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«Peuple de Dieu qui rêve de justice »
Homélies



Se convertir, changer quelque chose dans sa vie, ce n'est pas toujours facile, Seigneur.












Nous préférons souvent rester comme nous sommes, nous résigner à nos limites et vouloir que nos proches s'en accommodent.




























Pourtant, la vie nous commande d'aller plus loin.





Pourtant, la présence de celles et ceux que nous aimons devrait nous transformer chaque jour.










Redis-nous ta Bonne Nouvelle et aide-nous à dire "oui" aux conversions qu'elle réclame.








Réflexion pour  le 2e dimanche de l'Avent A


Nous sommes  dans la saison de l'Avent, saison de joie et d'espérance et pourtant aujourd'hui dans l'évangile on entend «Convertissez-vous...».
On se croirait en plein Carême! C'est vrai que le mot conversion rime souvent avec jeûne et pénitence. C'est vrai aussi que la figure de Jean-Baptiste, présentée dans l'évangile d'aujourd'hui, accentue cette impression d'austérité. La figure de Jean Baptiste est problématique. On dirait que les évangiles prennent plaisir à durcir ses traits: vie acétique, parole abrupte, caractère entier. Il semble s'inscrire à la frontière entre deux mondes: celui d'avant Jésus, que nous appelons Ancien Testament, et celui inauguré par Jésus, que nous appelons Nouveau Testament.

Jean-Baptiste est une des principales figures du temps de l'Avent. C'est
à un Noël presque violent que nous appelle Jean Baptiste. Dans le désert, sa voix se fait âpre et dure. Il crie son message :«Engeance de vipères! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient? Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion... Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres: tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu...» Les gens s'empressent de se faire baptiser pour exprimer leur conversion. Ils prennent conscience de leur manque de justice et, secoués par la voix du prophète, ils n'hésitent pas à reconnaître leurs péchés. À ceux et celles qui refusent d'être transformés par la venue du Fils de Dieu, il annonce le jour du jugement: «Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.»

Dans notre monde troublé par les guerres, le terrorisme et  les fanatismes religieux,  ce message est dérangeant. Il faut bien comprendre que Jean Baptiste exige la conversion des coeurs, le changement de vie, et non la violence. Mais, de nos jours aussi, le sujet de la conversion a un petit air sectaire: ce serait l'expérience spéciale faite par un petit nombre de "géants de la foi", tels que Paul et François d'Assise notre patron. La conversion n'a pas bonne presse  parce qu'elle présuppose une condition humaine dans laquelle bien peu de personnes sont prêtes à se reconnaître.

La conversion est l'oeuvre du Saint-Esprit.
Se convertir, comme dans l'évangile, exige une prise de conscience
de son état de péché.
Se convertir exige que l'on reconnaisse de tout coeur sa propre
faiblesse face à ce mal, et que l'on soit prêt à requérir la miséricorde
de Dieu.
Se convertir présuppose, alors qu'on n'y croit plus guère de nos jours,
qu'il y aura, un jour, un jugement.
Se convertir présuppose un certain nombre de croyances et
d'expériences préalables qui ne sont ni populaires ni à la mode à
notre époque.

Le thème de la conversion est donc bien à sa place dans cette  saison de l'Avent  et demeure d'actualité dans notre monde.  Lorsqu'un prophète comme Jean-Baptiste et, plus tard, Jésus, parle de conversion, c'est d'abord et avant tout une bonne nouvelle. Ou, pour être plus juste, c'est d'abord et avant tout à cause d'une Bonne Nouvelle: «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.» Voilà qui change toutes les données. On ne se convertit pas comme on fait des efforts pour se mettre en forme ou pour perdre du poids; ce serait bien pénible et sans grande signification. On se convertit une fois qu'on a compris que le Royaume est tout proche, qu'il est arrivé.

Autrement dit, la Bonne Nouvelle vient en premier et les exigences qui en découlent, celles de la conversion, viennent par la suite dans un climat de gratuité. La conversion est donc tout à fait à sa place dans la période de l'Avent, non pas comme un effort pénible mais bien comme une réponse joyeuse et spontanée. Réponse qui naît de cette certitude que Dieu vient dans notre monde et que sa présence change tout.

Une conversion véritable, comme l'histoire de l'Eglise et le témoignage d'innombrables saints le montrent, ne s'efface pas de sitôt. Elle est tout simplement une nouvelle naissance, le début d'une relation nouvelle avec un Seigneur et Sauveur, qui nous fait entrer dans son éternité. C'est cela, la conversion; toute expérience à qui manque l'un de ces éléments est fausse et trompeuse.

C'est à un nouveau départ exigeant que nous convoque le prophète du désert. Le Règne de Dieu appelle  à un changement. Nous sommes loin de la féerie de Noël en musique, loin aussi d'une fête où chacun rêve égoïstement de confort, de bons repas et de cadeaux.

Nous sommes chrétiens pour aider notre monde à découvrir que le Royaume de cieux est tout proche.

Noël annoncée par Jean Baptiste est un jour où les orientations de chacun seront dévoilées.

Moi, qu'est-ce que je pourrais faire cette semaine afin que règne une plus grande justice sociale?


Serge Lefebvre
d'après diverses sources