Le monde a changé, nous aussi, l'Église aussi. Il faut ensemble chercher et découvrir du neuf. Cela oblige à un changement des mentalités, des façons de faire et des priorités pastorales. L'Église est ailleurs que dans les bâtisses, ailleurs que dans les principes, ailleurs que dans les structures. Jésus-Christ c'est Dieu qui vit au coeur des événements, au milieu de ce monde qui est à la fois religieux, social, culturel et politique. Dieu, aujourd'hui, a quelque chose à me dire et à vous dire.
Le monde présent réclame davantage des chrétiens qu'ils restent des chrétiens. La Pastorale doit être ce Buisson ardent qui engage à vivre ses valeurs dans le respect de Dieu, de soi et des autres. L'individualisme présent partout ne nous empêche-t-il pas de vraiment vivre ensemble? Comment faire partie d'une communauté et avoir en même temps ses propres opinions? Qui mène, qui est responsable dans l'Église d'aujourd'hui?
À l'occasion d'un précédent sondage du Comité Paroissial de Pastorale (C.P.P.), nous de St-François d'Assisse, avions exprimé les attentes suivantes:
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les célébrations dominicales devraient être plus vivantes, plus signifiantes
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il faudrait s'intéresser davantage à ce qui se passe à l'école
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on devrait davantage s'occuper des jeunes
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on devrait rencontrer les gens chez eux
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il faudrait rejoindre les ''distants''
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il faudrait favoriser l'éducation de la foi chez les pratiquants
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que fait-on pour s'occuper des nouveaux arrivants dans le milieu
Nous tentons de satisfaire ces attentes...et nous avons besoin de vous pour réussir.
Voici une parabole inspirée d'un texte paru dans Chantecler, No de Septembre-Octobre 2000.
Le vignoble des villageois sur la montage faisait leur gloire. Le raisin était toujours abondant sur la vigne. Le contremaître du vignoble était jeune et vigoureux. Il avait plusieurs apprentis pour l'aider à faire la récolte, pour mettre le raisin dans une grande cuve, puis pour écraser le raisin. Avant de fermer la cuve pour une année complète, il y ajoutait toujours une cruche d'eau, car l'eau représentait les souffrances de tous ceux et celles qui travaillaient au vignoble.
Un an plus tard, le vin était prêt. Le contremaître faisait une fête au vignoble. Il invitait tout le village à venir boire leur vin. C'était le dimanche du Grand Cru. C'était toujours plein de monde à la fête du Grand Cru. Des petits enfants jusqu'aux plus âgés du village, tous attendaient cette grande fête avec impatience. Toute l'année ils en parlaient avec enthousiasme aux nouveaux venus dans le village.
Beaucoup d'années plus tard, le village avait grandi, plusieurs travaillaient maintenant à la ville et couraient sans arrêt. L'enthousiasme pour la fête du Grand Cru n'était pas aussi répandu dans le village qu'auparavant, mais la fête avait ses fidèles. Le contremaître du vignoble n'était plus très jeune. Il n'avait plus d'apprentis, mais il pouvait compter sur une petite équipe payée par les fidèles de la fête, deux femmes pleines d'initiative, pour l'aider à entretenir les vignes. Les vignes elles aussi avaient vieilli. Le contremaître et sa petite équipe travaillaient si fort à faire les boutures pour avoir du raisin en abondance qu'un soir de récolte ils n'ont plus eu de force.
Alors le contremaître a dit à son équipe: ''Je vais inviter les gens du village à venir ce soir verser le raisin que nous avons cueilli dans la cuve et je vais leur demander d'écraser le raisin.'' Le contremaître et son équipe sont allés faire leur prière et prendre du repos. Le lendemain matin, fidèle à son habitude, le contremaître a versé une cruche d'eau dans la cuve, puis il l'a fermée pour une année complète.
Quand la fête du Grand Cru est arrivée, les fidèles de la fête étaient tous heureux. Les deux femmes de l'équipe se sont rendues à la cuve et ont rempli une cruche. Tous ceux qui étaient là ont alors été surpris de constater que la cruche ne contenait que de l'eau. Ils savaient aujourd'hui que tous avaient pensé: ''Je n'ai pas le temps de répondre à l'invitation, je suis sûr que mon voisin s'en chargera.'' Ils s'en retournaient et ils voyaient la tristesse de leurs amis. Alors ils ont dit: ''Faisons notre part, si petite soit-elle, pour contribuer au bonheur des autres''. Ils ont promis, plein d'espérance en se tournant vers l'avenir, de s'organiser pour que leur fête continue d'exister.
Cette parabole, le Comité Paroissial de Pastorale, l'interprète ainsi. Il faut regarder la réalité de nos paroisses, puis il faut retrousser nos manches et chercher ensemble des chemins d'espérance.
On sait que la structure et le fonctionnement des paroisses se transforment. Dans beaucoup d'endroits de notre diocèse, il est difficile de faire exister, de rassembler et d'animer une communauté. Les problèmes les plus graves sont le trop petit nombre de pratiquants, et le manque de relève qui fait que souvent les permanents des communautés sont débordés par les tâches à accomplir. Comme dans d'autres diocèses on fait des regroupements, des mises en commun de services, des fusions. Ça ne veut pas dire que la paroisse St François d'Assise va disparaître. Malgré la diminution du nombre de prêtres, la paroisse ne disparaîtra pas mais elle a besoin d'un renouveau. Se tourner vers l'avenir exige la solidarité entre nous. Notre paroisse doit être vivante et, en pratique, voici les principales orientations pastorales qui vous sont proposées.
- Rejoindre davantage les jeunes familles et les appuyer dans ce qu'elles ont à
faire. Cette année nous démarrons un projet de messes familiales.
- Poursuivre l'éducation de la foi des pratiquants. Il y aura des activités pour
tous les publics, comme les midis de la foi et les soirées de ressourcement.
- Offrir un suivi après confirmation pour les jeunes qui le désirent. Les jeunes
sont capables d'un regard neuf, de créativité et d'audace. Ils doivent prendre
leur place, même celle qu'on ne pense pas à leur faire.
Pour réaliser ces projets et soutenir l'équipe en place nous avons besoin des jeunes autant que des aînés. Notre paroisse a besoin de bénévoles pour s'engager vers les voies d'avenir. Les tâches à accomplir ne sont ni démesurées ni accaparantes. Il y a une tâche qui convient à nos disponibilités et nos préférences.
Nous pouvons choisir de travailler directement auprès des paroissiens en participant à l'animation des activités, aux visites et aux différents services. Par exemple, s'impliquer dans la pastorale du baptême ou du pardon. On peut penser aussi à l'accompagnement des malades. Ce type de bénévolat est encadré, personne n'est laissé seul face à la tâche.
Notre paroisse a aussi besoin de bénévoles pour le support. Ceci consiste à offrir temps et talents pour des tâches n'impliquant pas nécessairement un contact direct avec la communauté: la préparation du matériel nécessaire à la réalisation d'activités, la confection et l'installation de décors, l'implication dans une campagne de financement...
Notre paroisse a un grand besoin de bénévoles d'un jour ou de quelques heures. En plus d'assurer une multiplication de services, nous répondons alors à des besoins immédiats et/ou ponctuels en contact direct avec la communauté, comme accueillir les gens à l'entrée, passer la Guignolée ...
Être bénévole, comme dans la parabole, c'est un choix personnel de faire don de sa présence et de son temps. C'est l'occasion de faire grandir sa foi et de contribuer au bonheur des autres.
Serge Lefebvre